Rumsfeld et le Tamiflu

Publié le par Adriana Evangelizt

L'homme

Donald Rumsfeld évite les conflits d'intérêts

C'est au moins un scandale qui n'éclatera pas dans l'entourage du président américain. Alors que George W. Bush annonçait mardi sa «stratégie nationale» à 7 milliards de dollars contre une éventuelle épidémie de grippe aviaire, Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, décidait de se mettre en retrait de toute décision gouvernementale sur la maladie. Et pour cause. Le magazine financier américain «Fortune» révélait, le même jour, que Rumsfeld est l'heureux détenteur d'au moins 5 millions de dollars d'actions de la société Gilead Sciences qui a élaboré le Tamiflu, un des deux antiviraux connus contre le virus H5N1.


Avec les risques de pandémie, l'action de l'entreprise, basée en Californie, est passée de 35 dollars en avril à 47 aujourd'hui. Rumsfeld, qui dirigeait la division recherche de Gilead de 1997 à 2001, aurait donc déjà gagné, au bas mot, 1 million de dollars.

Après la publication de l'article dans «Fortune», le secrétaire à la Défense a préféré prendre les devants face à de possibles accusations de conflit d'intérêt. Il a indiqué avoir déjà pensé vendre ses actions en début d'année, lorsque la question d'une pandémie possible commençait à se poser. Puis, après avoir consulté le Comité d'éthique du Sénat, les services juridiques de la Maison Blanche et le département de la justice, il avait décidé de ne pas vendre et, mardi, de s'abstenir de toute participation aux décisions concernant la grippe aviaire. La moindre des prudences quand on sait que le Pentagone a déjà commandé pour 58 millions de dollars de Tamiflu pour les soldats US dans le monde.

Gilead a développé le Tamiflu en 1996. C'est un remède long et coûteux à fabriquer, dérivé de la badiane, l'anis étoilé. Le processus de transformation de cette plante chinoise en antiviral dure plus d'un an. Aussi l'entreprise sOEest associée, pour sa fabrication et sa commercialisation, aux laboratoires suisses Roche. Ceux-ci reversent à Gilead une royaltie de 10% sur les ventes, qui explosent. Depuis les craintes de pandémie, le profit potentiel des deux sociétés semble chaque jour plus important aux yeux des analystes.

«Fortune» révélait également que l'ancien secrétaire d'Etat Georges Schultz, moins scrupuleux ou moins exposé et qui siège actuellement au conseil d'administration de Gilead, a vendu pour 7 millions de dollars d'actions depuis le début 2005.


Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

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