L'Hypothétique Zarqaoui

Publié le par Adriana Evangelizt

Un portrait de notre fantôme trouvé sur Le Point qui fait bien ressortir le côté "montage" par les USA du personnage. Il est apparu en Irak en 2003 mais il est fort probable qu'il ait été tué en Afhganistan lorsque les Américains ont bombardé l'endroit où il se trouvait. Et Ben Laden a du subir le même sort. Simplement, il est bien évident que les crapuleux de la CIA ne s'en sont pas vantés. Ils ont préféré garder leur mort secrète pour continuer à faire croire que... tous les attentats commis le sont par ces trépassés.

Maintenant, il y a une autre question qu'il est utile de se poser. Que sait-on exactement de la CIA ? A notre avis, il doit forcément y avoir une connexion israélienne de l'espionnage ou une infiltration. L'intérêt de la CIA pour le Moyen et Proche-Orient est téléguidé. Qui travaille pour qui ? Qui sont les espions ? De quel pays sont-ils ? Vu toutes les zones d'ombre, il est permis d'avoir quelques doutes sur la CIA quand on voit toutes les bavures qu'elle a commis. Et qu'elle n'a même pas été capable de prévoir le 11 septembre. On peut même penser qu'elle a laissé faire. Dans quel but ? Engager une guerre au Proche-Orient, c'est sûr. La tête de pont de ce "machin" sert donc des intérêts bien précis mais pas ceux des Américains, en tout cas. Bien au contraire. Le mal est bien plus profondément enraciné qu'on ne le croit.

Portrait - Abou Moussab al-Zarqaoui, l'homme à abattre

par Emmanuel Saint-Martin

A 37 ans, ce Jordanien pourrait être le successeur de Ben Laden. Sa tête vaut 10 millions de dollars. Symbole d'une nouvelle génération de terroristes, il a déjà un lourd passé.

Oussama ben Laden n'est pas - encore - arrêté, mais on connaît déjà son successeur dans le rôle de cible numéro un de la lutte antiterroriste : Abou Moussab al-Zarqaoui. Ce Palestinien de Jordanie, âgé de 37 ans, est l'étoile montante de la nébuleuse Al-Qaeda. A dire vrai, cette starisation ne doit rien au hasard. Elle est soigneusement orchestrée par les autorités américaines, qui ont décidé de faire de Zarqaoui le nouvel ennemi public mondial. Pour preuve de cette consécration, la prime offerte pour sa capture est passée à 10 millions de dollars. Surtout, depuis plusieurs semaines, le nom du Jordanien est très fréquemment cité par des officiels américains. Il serait derrière plusieurs attaques suicides en Irak, et notamment les attentats contre des cibles chiites à Bagdad et Kerbala, qui ont tué plus de deux cents personnes le 3 mars. Mais son nom revient également à propos des attentats du Maroc ou encore d'Istanbul l'an dernier. Et il n'a pas fallu bien longtemps pour qu'on décèle aussi sa trace à Madrid. Pas encore de quoi lui imputer une responsabilité directe, mais, selon l'enquêteur privé Jean-Charles Brisard (qui travaille pour le compte de familles de victimes du 11 septembre 2001), un des trois Marocains arrêtés en Espagne au lendemain des attentats du 11 mars, Jamal Zougam, aurait été en contact, en Norvège, avec des éléments du mouvement islamiste Ansar al-Islam, auquel est lié Zarqaoui.

Le Jordanien n'est sans doute pas partout où on le voit. Mais il est bien devenu le symbole de la nouvelle génération de terroristes islamistes « post-11 septembre », des jeunes gens sans fortune ni aucun bagage intellectuel, montés en grade de manière fulgurante à la faveur du vide laissé par l'arrestation ou la mise hors d'état de combattre de leurs aînés. A l'instar de la plupart de ses frères d'armes, Zarqaoui, de son vrai nom Fadel Nazzal al-Khalayleh, est passé par l'Afghanistan à la fin des années 80. Mais, en raison de son jeune âge, il n'est arrivé que sur le tard dans cette guerre, si bien que, dans son itinéraire de futur terroriste, le djihad antisoviétique lui-même tient sans doute moins de place que le retour en Jordanie.

Comme beaucoup de vétérans d'Afghanistan, il vit douloureusement sa réinstallation au pays, entre les murs de béton de la petite maison familiale de Zarqa (d'où il tire son surnom). Le commerce de cassettes vidéo qu'il lance ne tarde pas à péricliter. Puis, sans qu'on sache s'il le doit à des activités illicites ou seulement à la mauvaise réputation qui précède tous les « Afghans » à cette époque en Jordanie, le futur Zarqaoui est emprisonné en 1992. Il ne ressortira qu'en 1999, à la faveur d'une amnistie générale. A sa sortie de prison, alors âgé de 33 ans, le Jordanien semble avoir une idée très précise de son avenir. Il part s'établir au Pakistan, à Peshawar, et cherche à entrer en contact avec des membres d'Al-Qaeda. Il a besoin d'aide pour son projet, qui est alors exclusivement tourné vers son pays d'origine. L'ancien taulard veut recruter des Jordaniens pour s'attaquer au royaume hachémite, qu'il accuse de trahir l'islam. Sans expérience particulière, Zarqaoui va ainsi commencer à se constituer une petite troupe de fidèles. Fin 2000, ils installent un camp d'entraînement aux environs de Herat, dans l'ouest de l'Afghanistan. A cette époque, ce groupe, Jund al-Shams (soldats du Levant), n'est pas directement sous les ordres des chefs d'Al-Qaeda, mais il en dépend pour au moins une partie de son financement. Selon un rapport du Trésor américain cité par The Wall Street Journal, Zarqaoui reçoit, en 2001, des fonds d'Al-Qaeda.

Il commence alors à nourrir des ambitions bien au-delà de sa Jordanie natale. Prenant le contrôle d'une organisation palestinienne, Al-Taouhid (Unicité de Dieu), il tente d'en implanter des cellules en Europe. C'est justement le démantèlement d'une de celles-ci, au printemps 2002, qui permettra d'en apprendre beaucoup, à la fois sur le fonctionnement d'Al-Qaeda et sur l'itinéraire de Zarqaoui. Car un de ses émissaires en Allemagne, un jeune Jordanien de 26 ans arrêté en avril 2002 à Düsseldorf, va se révéler particulièrement disert. Condamné en novembre dernier à quatre ans de prison pour avoir préparé des attentats anti-juifs, Shadi Abdullah a bénéficié de la clémence du tribunal grâce à sa coopération avec les enquêteurs. Son témoignage accrédite la thèse d'une structure très peu hiérarchisée entre les différents éléments de la nébuleuse Al-Qaeda.

Une franchise d'Al-Qaeda

Dès avant le 11 septembre 2001, le groupe de Zarqaoui est moins une filiale de l'organisation de Ben Laden qu'une sorte de franchisé. « Les recrues doivent jurer fidélité à M. Zarqaoui par ces mots : je promets devant Dieu que je travaillerai avec toi et ferai ce qui plaira à Allah et son prophète Mahomet », a raconté Abdullah aux enquêteurs allemands.

Le fonctionnement de la cellule allemande d'Al-Taouhid montre aussi comment ces groupes de la mouvance Ben Laden ont assuré leur indépendance financière. Shadi Abdullah a ainsi raconté aux enquêteurs allemands qu'il avait collecté des centaines de milliers d'euros pour le compte de Zarqaoui, grâce à des trafics de papiers ou à des dons récoltés dans les mosquées.

L'intervention américaine en Afghanistan, consécutive au 11 septembre 2001, aurait pourtant pu marquer la fin de parcours de Zarqaoui. Il est grièvement blessé à une jambe et à l'abdomen, peut-être au cours d'un bombardement. C'est la fin de sa période afghane. Avec une trentaine de fidèles aidés par la cellule allemande qui leur fournit des passeports, il quitte Herat pour l'Iran en décembre 2001. Sa présence - ainsi que celle de quelques autres - vaudra à la république islamique d'être accusée par Washington de complicité avec Al-Qaeda. Il est en Iran quand il demande par téléphone à son émissaire en Allemagne d'organiser des attentats contre des cibles juives.

Mais le Jordanien ne tarde pas à quitter l'Iran pour une destination où il va acquérir une célébrité internationale : l'Irak. C'est en effet son séjour à Bagdad d'abord, puis dans le nord de l'Irak, qui permettra à Colin Powell, devant les Nations unies en février 2003, de parler d'un lien entre Al-Qaeda et le régime de Saddam Hussein. A l'époque, on assure que Zarqaoui a été amputé d'une jambe à Bagdad. Depuis, les spécialistes du renseignement en semblent moins sûrs...

En réalité, les incertitudes sur sa période irakienne ne portent pas seulement sur l'état de ses jambes ! Le portrait tracé par Colin Powell d'un Zarqaoui en « homme de liaison » entre Bagdad et Al-Qaeda avait à l'époque convaincu bien peu de spécialistes du renseignement, y compris, semble-t-il, les agences américaines elles-mêmes. Les liens du régime de Saddam avec l'organisation islamiste kurde Ansar al-Islam, avec laquelle Zarqaoui s'est allié, sont très incertains. En revanche, l'activisme du Jordanien est avéré. Etabli dans le camp d'Ansar, dans le nord de l'Irak, il voyage beaucoup dans d'autres pays de la région et multiplie les contacts avec d'autres groupes.

Quand les troupes américaines envahissent l'Irak, en mars 2003, elles ne tardent pas à bombarder le camp d'Ansar al-Islam. Un des lieutenants de Zarqaoui, Abou Taisir, est alors tué. Mais son chef a déjà quitté l'endroit. L'occupation américaine de l'Irak va bientôt lui donner l'occasion de monter encore en grade. Et, une nouvelle fois, sa publicité est assurée par les autorités américaines. Il y a un mois, elles ont ainsi rendu public un document de dix-sept pages, attribué au terroriste jordanien, où il appellerait notamment à créer une guerre civile entre sunnites et chiites irakiens. Ajouté aux nombreux attentats dont on le rend responsable, en Irak ou en Europe, cet activisme confine au don d'ubiquité. Mais, à défaut d'en être le chef tout-puissant, Zarqaoui est devenu le symbole du terrorisme international. De ces symboles qui permettent, sans doute, de maintenir toute la vigilance nécessaire dans la guerre mondiale contre le terrorisme

Sources : LE POINT

Posté par Adriana Evangelizt

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