Paris plaide pour un dialogue USA-Iran

Publié le par Adriana Evangelizt

Il serait vraiment temps que Paris se réveille mais à notre avis c'est trop tard et même en poussant plus loin, on peut dire que tout le cinéma que font Bush et sa clique aboutiront de toute façon  à l'attaque de l'Iran avec ou sans l'ONU, avec ou sans le consentement de la Russie et de la Chine. Les Etats-Unis comme Israël appliquent la même pratique, le droit dans la force.

Paris plaide pour un dialogue direct Etats-Unis - Iran

 

par Natalie Nougayrède (avec Corine Lesnes à Washington)

Alors que la crise diplomatique suscitée par le programme nucléaire iranien et les soupçons qui l'entourent devait entrer dans une nouvelle phase, à l'expiration, vendredi 28 avril, du délai accordé par le Conseil de sécurité de l'ONU pour que Téhéran revienne à une pleine suspension de ses activités illicites, des diplomates européens explorent, en coulisses, le moyen d'éviter une escalade dans ce dossier. L'idée serait de pousser les Etats-Unis a réviser de fond en comble leur politique à l'égard de la République islamique.

Ils suggèrent que le moment est venu pour les Etats-Unis d'accepter d'entrer en pourparlers directs avec l'Iran, d'accorder au régime des mollahs la reconnaissance à laquelle il aspire, de rompre, en somme, avec la politique d'isolement pratiquée par Washington depuis la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran, en 1979-1981.

A la veille de la transmission à l'ONU, vendredi, d'un rapport du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, qui devait constater le refus de Téhéran d'obtempérer aux demandes qui lui ont été faites, et donc ouvrir la voie, pour la première fois, à l'adoption par le Conseil de sécurité d'un texte contraignant, l'idée de débloquer la crise par une révision de la politique américaine a été évoquée à Paris devant des journalistes par un diplomate français de haut rang.

"Est-ce que le moment n'est pas venu de lancer ce dialogue ?" entre les Etats-Unis et l'Iran, a déclaré ce responsable français. Commentant la rhétorique de défiance à l'égard de la communauté internationale émanant de Téhéran, ce diplomate a estimé qu'"en montrant ses muscles, l'Iran cherche une reconnaissance de son rôle dans la région". "On est arrivé à un moment où il peut y avoir une percée", a-t-il ajouté, "si les Américains en ont la force". Ce diplomate a fait référence au retournement complet qu'avait opéré la diplomatie américaine à l'égard de la Chine, en 1972. Avec l'Iran, a-t-il poursuivi, "les Américains sont conscients de la gravité de la situation. Il y a aux Etats-Unis un débat qui évolue" sur la possibilité d'ouvrir un dialogue avec l'Iran. La France, a-t-il ajouté, "en parle" avec des responsables américains.

Le constat fait à Paris est que l'offre qui a été faite par les Européens à l'Iran, en 2003, de renoncer à ses visées nucléaires en échange d'un ensemble de mesures économiques et diplomatiques, a échoué précisément parce que les Etats-Unis n'y étaient pas associés. "Les Européens ont fait ce qu'ils pouvaient. Cela ne suffit plus. Il faut les Américains", commente ce responsable français.

Ces déclarations font écho à une lettre envoyée, en février, à des responsables américains et européens, par le directeur politique du Foreign Office, John Sawyers, qui préconisait une approche en deux volets de la crise iranienne. D'une part, le passage à une résolution sous chapitre VII à l'ONU, qui autorise des mesures coercitives contre Téhéran. D'autre part, la formulation d'une nouvelle offre incitative en direction des Iraniens. "Nous n'arriverons pas à obtenir des Russes et des Chinois qu'ils acceptent, au cours des prochains mois, des sanctions significatives (contre l'Iran) sans faire plus d'efforts pour inciter les Iraniens à changer de position", disait cette lettre, dont le contenu a été divulgué par la presse. La France et le Royaume-Uni partagent une même vision à ce sujet, souligne-t-on de source diplomatique.

Quant à la Russie, on estime, côté français, qu'elle approuverait pareil scénario. Même si, souligne à Moscou l'analyste Vladimir Evseev, de la Fondation Carnegie, la préférence du Kremlin irait à un dialogue avec Téhéran dans un format "multilatéral, où les Etats-Unis s'associeraient à une nouvelle démarche des Européens, à laquelle participeraient aussi la Russie, et peut-être la Chine".

Rien n'indique pourtant, à ce stade, que les Etats-Unis seraient disposés à ouvrir des négociations directes avec l'Iran. Le sujet suscite de profondes divisions à Washington, où l'on ne croit pas que l'Iran renoncerait pour autant à ses objectifs nucléaires. Le sénateur républicain Richard Lugar a bien estimé, le 16 avril, lors d'une émission télévisée, que des contacts directs avec Téhéran seraient "utiles", mais aucun porte-parole officiel n'a commenté ces propos.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans IRAN

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K
Félicitations. Autant jusqu'à présent vos blogs sur Villepin ou Bové me laissaient plus ou moins sceptique, autant celui-ci me semble vraiment original et intéressant. ;-)
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