L'Iran se plaint à l'ONU des menaces américaines

Publié le par Adriana Evangelizt

L'Iran se plaint à l'ONU de "menaces" d'attaques américaines

TEHERAN (AFP) - lundi 01 mai 2006 - 22h34 - L'Iran s'est plaint lundi à l'ONU de ce qu'il considère comme des menaces d'attaque des Etats-Unis et tente de jouer sur les divisions de la communauté internationale, à la veille d'une réunion des Cinq Grands et de l'Allemagne sur le dossier nucléaire iranien.

L'ambassadeur de l'Iran aux Nations unies, Mohammad Javad Zarif, affirme dans un courrier adressé au secrétaire général de l'ONU Kofi Annan que l'Iran souhaite "attirer l'attention sur (...) les menaces ouvertes et illégitimes de hauts responsables américains d'user de la force contre l'Iran".

"Il est nécessaire que l'ONU et le Conseil de sécurité (...) prennent une action rapide et décisive", écrit-il, selon l'agence Irna.

Des "menaces grossières ont récemment été publiées dans la presse américaine" et ont gagné en importance "avec le rejet des autorités américaines de les dénoncer", a-t-il ajouté.

La Maison Blanche a qualifié de "pure spéculation" des informations de la presse américaine sur une éventuelle campagne de bombardement des installations du programme nucléaire iranien controversé.

Washington, tout en annonçant privilégier la diplomatie pour régler la crise autour du dossier nucléaire, n'en a pas moins refusé d'exclure l'option militaire.

Les Occidentaux font pression sur l'Iran pour qu'il suspende son programme nucléaire, surtout son enrichissement d'uranium. Téhéran a refusé, en rejetant une demande en ce sens du Conseil de sécurité, arrivée à échéance le 28 avril.

Le secrétaire du Conseil suprême iranien de la sécurité nationale, Ali Larijani, a d'ailleurs répété que l'Iran ne voyait pas de raisons de suspendre son enrichissement d'uranium. "La suspension n'a aucun sens pour nous".

L'Iran table sur la réticence de Moscou et Pékin de voir son dossier passer exclusivement aux mains du Conseil de sécurité, aux dépens de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"Si l'AIEA et le Conseil de sécurité s'engagent à ce que le dossier nucléaire iranien soit examiné par l'Agence, nous sommes prêts à une coopération maximale", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a répondu que l'Iran devait arrêter de "jouer au plus malin" et suspendre l'enrichissement.

Mardi, les directeurs politiques de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne se retrouvent à Paris pour étudier les suites à donner au rapport du chef de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, qui affirme que l'Iran ne coopère pas assez et n'a pas suspendu l'enrichissement d'uranium.

Washington, avec l'appui de Paris et Londres, devrait défendre le principe d'une résolution contraignante du Conseil se référant à l'article VII de la charte de l'Onu, qui ouvre la porte à des sanctions ou à l'usage de la force en dernier ressort.

La Maison Blanche a indiqué que les Etats-Unis allaient demander à leurs partenaires, à la faveur de multiples contacts, d'agir au Conseil de sécurité contre la "menace" iranienne et a dit la volonté de l'administration Bush de rallier ses partenaires à un recours au chapitre VII.

Le président George W. Bush a appelé son homologue russe Vladimir Poutine et les deux dirigeants ont "souligné l'importance d'empêcher l'Iran d'obtenir des armes nucléaires", selon la Maison Blanche.

Mais les divisions persistent, Moscou et Pékin s'opposant à des sanctions contre un important partenaire économique et stratégique et ne souhaitant pas marginaliser le rôle de l'AIEA.

La Chine craint aussi qu'une application de sanctions pousse l'Iran à abandonner le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et sa coopération avec l'AIEA. Ce qui rendrait parfaitement opaque son programme nucléaire.

M. Larijani a justement réitéré cette menace. "Nous ne voyons pas de raisons d'abandonner le TNP", a-t-il dit mais d'ajouter: "nous ne le ferons pas, si on ne nous y force pas."

Sources: CENTRAFRIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

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