Nucléaire : deux poids deux mesures

Publié le par Adriana Evangelizt

Un article qui en dit long sur le deux poids deux mesures du nucléaire. Quand on pense que le Traité de Non Prolifération dit texto : «il empêche les états signataires d'augmenter leur nombre d'armes nucléaires et pour ceux qui n'en ont pas de ne pas chercher à en avoir ». Qu'en est-il ? Quand on sait que les USA viennent de mettre au point une nouvelle bombe plus terrible que toutes celles qui existent. L'autre question qui nous taraude, où les USA pratiquent-ils leurs essais ? Et Israël ? Et tous les autres paus aussi bien entendu ? Quand on sait là aussi que le TICE est un traité qui interdit les essais nucléaires. Et ce depuis 1996. L'AIEA qui doit circonscrire tout ça, que fait-elle ? Elle nous fait penser à l'ONU. On dit des mots qui ne veulent plus rien dire. Par contre, 400 dauphins qui s'échouent morts à Zanzibar -Tanzanie- personne ne trouve ça drôle, les scientifiques ne savent pas quoi penser. Idem pour les 120 baleines échouées en Nouvelle-Zélande.  Pourtant, pour nous, c'est très clair. Les essais ont lieu sous la mer, pas loin des côtes africaines ou ailleurs et ces ordures détruisent toute la faune et tout notre environnement.

 

Nucléaire : Deux poids deux mesures

 par Habibatou GOLOGO



Depuis que le comportement de l’Iran est perçu comme une bravade par les « Occidentaux », une certaine opinion se prépare déjà à une attaque contre ce pays, histoire de lui faire ravaler son nucléaire.

C’est avec la seconde Guerre mondiale que l’on entre dans l’ère du nucléaire. Après l’essai concluant effectué en juillet 1945 dans le désert du Nouveau-Mexique, précisément Alamogordo, de l’opération «Trinity», les Etats-Unis larguent quelques jours plus tard « Little boy » au-dessus d’Hiroshima et « Fat man » sur Nagasaki. La domination étasunienne était évidente en la matière. Mais, d’autres pays vont s’armer dans les années qui vont suivre la fin du conflit mondial, il s’agit de l’ex-Union soviétique, en 1949, du Royaume-Uni, en 1952, de la France , en 1960 et de la Chine , en 1964. Parallèlement, d’autres Etats se sont dotés de l’arme nucléaire. Malgré une volonté internationale de réglementation, la politique de deux poids deux mesures n’a fait que créer des frustrations et conduit à un laisser-aller notoire.

Lorsqu’on parle de nucléaire, les noms de quelques pays reviennent souvent dans les conversations, il s’agit de la Corée du Nord, de l’Irak et de l’Iran. Mais cette question jette toujours un froid et sert de prétexte à de vraies batailles, comme la campagne d’Irak, ou juste des envolées de mots et des menaces comme cela a été le cas avec la Corée du Nord et comme cela se présente actuellement avec l’Iran. S’il est établi que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité détiennent l’arme nucléaire, de même que certaines autres puissances « occidentales », il semble que l’on n’admette pas que les pays en développement puissent bénéficier de ces mêmes avancées technologiques.

Pour comprendre les réserves suscitées par le nucléaire, il faut différencier le nucléaire civil et militaire. Le premier permet aux centrales de produire de l’énergie. Avec la crise pétrolière de ces derniers mois, cela paraît, malgré la pollution qui en découle, une option pour éviter que les pays se retrouvent dans une situation d’improductivité. La question du nucléaire militaire est plus délicate puisqu’elle est toujours perçue comme une menace. Le nucléaire civil se distingue du militaire par le degré d’enrichissement de l’uranium.

 

Une diabolisation planifiée

Mais derrière les mises en garde des Nations Unies ou des puissances occidentales, ceux qui sont privés des dernières recherches sur le nucléaire perçoivent dans les réticences exprimées de l’infantilisme à leur égard ou également la reconnaissance de leur incapacité de gérer cette question cruciale. Perçus par l’Occident comme des Etats incapables de faire un bon usage du nucléaire, ils s’offusquent de ce manque de confiance et y voient derrière un refus «colonial» mal déguisé.

Quatre pays ont donc été dernièrement mis sur la sellette par rapport au dossier du nucléaire : Corée du Nord, Irak, Libye et Iran. Et depuis 2002, l’Iran est le pays qui inquiète le plus. Après le recul nord-coréen et la campagne irakienne, tout est fait aujourd’hui pour montrer l’Iran comme la prochaine cible d’une guerre en préparation. L’opinion y est préparée par les prises de position des journaux, toutefois, selon certains avis, même si l’Iran souhaite enrichir l’uranium dans un but militaire, il lui faut encore une dizaine d’années de technologie. Selon toujours ces observateurs, le programme iranien est transparent d’autant plus qu’il est surveillé par l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AEIA). L’acharnement contre ce pays, jugé terroriste, relèverait donc d’une simple cabale médiatique entretenue par les Etats-Unis et leurs alliés, notamment Israël, et entretenue par leurs médias. Le scénario actuel ressemble donc à ce qui s’est passé pour l’Irak avec une diabolisation savamment orchestrée à laquelle a succédé l’attaque du pays soldée, certes, par l’arrestation de Saddam Hussein, mais prémisse d’une guerre civile qui ne dit pas son nom. Et lorsqu’un programme irakien clandestin est évoqué au début des années 1990, les contrôles de l’AIEA seront plus fréquents. L’AIEA effectuera aussi d’autres contrôles en 2003, avant la guerre en Irak.

Pour cela, Mahmoud Ahmadinejad, le dirigeant iranien, est associé à Adolf Hitler. D’autant plus que les propos anti-sémites du président iranien sont distillés dans les médias. Ce qui penche d’ailleurs en sa défaveur. Il contribue ainsi à accentuer la confusion générale avec la volonté tacite de faire l’amalgame entre certains pays, la religion musulmane et les organisations terroristes. C’est ainsi que, sans doute pour répondre à ce déferlement de critiques, l’ambassadeur iranien à l’ONU, Javad Zarif a rappelé le caractère pacifique du programme iranien dans le New York Times, affirmant que son pays n’a pas «envahi ou attaqué un autre en 250 ans».

Déjà en Asie, l’Inde et le Pakistan, frères ennemis, ont procédé à des démonstrations de leur capacité nucléaire pour mieux s’évaluer. Israël, l’Afrique du Sud et dans une bien moindre mesure, le Nigeria sont soupçonnés de posséder ou de vouloir posséder l’arme nucléaire. Cela semble avéré pour Israël, du moins en ce qui concerne le militaire ; l’Afrique du Sud expérimente le civil, tandis qu’on dit qu’il manque encore beaucoup à la technologie nigériane.

D’une certaine manière, la possession par Israël de l’arme nucléaire est « bien perçue », car l’Etat hébreux est entouré de voisins belliqueux dont il ne se méfie jamais trop et il bénéficie du soutien des pays occidentaux lesquels ont justement contribué, après la seconde guerre mondiale, à la création d’un Etat juif au Proche-Orient.

En ce qui concerne les pays communistes, ou anciennement communistes, la question ne se pose même pas. Le danger que l’arme nucléaire représente entre leurs mains semble incommensurable. D’où les mises en garde fréquentes à la Chine , à la Corée du Nord et à l’Iran. Mais, c’est ce dernier qui, aujourd’hui, occupe le devant de la scène par rapport à la question nucléaire. L’Iran, royaume perse, est un grand pays musulman, majoritairement peuplé de chiites, dirigé par des Ayatollahs qui désignent « l’Occident » comme le mal, tout cela présente ce pays comme un cocktail explosif à retardement. Et si l’arme nucléaire vient s’y ajouter, une future catastrophe planétaire se profile à l’horizon.

La première attaque viendrait à coup sûr d’Israël. On y reprendra pas Saddam Hussein à lancer, comme en 1991, 39 missiles Scuds en direction de l’Etat hébreux. La deuxième campagne irakienne, qui entre dans sa quatrième année, demeure un désastre. Elle reste entachée de mensonges à l’ONU avec le prétexte fallacieux avancé par les Etats-Unis sur la présence d’Armes de destruction massives (ADM) en Irak. Ce qui n’a d’ailleurs pas été prouvé. Reste à savoir si les Américains et leurs alliés vont, une fois de plus, se permettre le luxe d’attaquer l’Iran étant donné ce qui se passe déjà chez son voisin irakien. Mahmoud Ahmadinedjad semble faire fi de ces menaces. Il continue à dire ce qu’il pense et compte enrichir l’uranium, n’en déplaise à l’Occident. De ce fait, le bras de fer sur le nucléaire ressemble davantage à un duel entre pays avec « droit naturel » et vassaux circonscrits à obéir. 

La Libye non plus, malgré les sorties fracassantes de son guide, n’oubliera pas de sitôt l’humiliation qu’elle a subie, pour avoir osé braver les Etats-Unis. Soupçonnée à une certaine époque d’enrichissement de l’uranium ou d’être le fournisseur d’autres pays, après avoir annoncé son désir de production de l’arme de destruction massive, la Libye est vite rentrée dans les rangs. Et c’est le président américain Georges W Bush, lui-même, qui s’est fait le porte-parole de la décision libyenne, en décembre 2003, en ces termes : « Aujourd’hui [20 décembre 2003, NDLR] à Tripoli, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a publiquement confirmé son engagement à révéler et démanteler tous les programmes de développement d’armes de destruction massive de son pays ».

Ce qui a fait taire, malgré les soubresauts provoqués par le débat sur l’uranium nigérien, les velléités africaines.

 

 

 

L’AIEA et le TNP

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) entre officiellement en fonction le 29 juillet 1957. A l’origine, c’est une proposition à l’Assemblée générale de l’ONU de Dwight Eisenhower, président des Etats-Unis, en décembre 1953, de créer une agence internationale qui va contrôler l’utilisation du nucléaire. En octobre 1956, 81 pays approuvent le statut de l’AIEA. Le siège de l’AIEA se trouve à Vienne, en Autriche, et l’Agence dirigée par Mohamed El Baradei, a reçu le prix Nobel de la paix en 2005.

Il aura fallu la crise des missiles cubains, en 1962, pour que l’URSS et les USA acceptent enfin de se pencher sur la question du contrôle des armements nucléaires. C’est ainsi que le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) est ratifié en 1968. Le TNP est entré en vigueur le 5 mars 1970. Les États-Unis d'Amérique, le Royaume-Uni, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) en étaient les gouvernements dépositaires, en plus de 40 autres États signataires. Le TNP est l’outil de surveillance de l’AIEA, «il empêche les états signataires d'augmenter leur nombre d'armes nucléaires et pour ceux qui n'en ont pas de ne pas chercher à en avoir ». L’Agence est responsable de la bonne application du traité. Ses mots clés sont donc « coopération » et «transparence». Le TNP est pourtant dans le collimateur du secrétaire général de l’ONU qui a cherché à le rénover. C’est ainsi que Koffi Annan disait, en mai 2005, que le TNP était «Un traité obsolète et qui a besoin d'être revu». Malgré les discussions qui ont suivi, aujourd’hui, le dépoussiérage attendu n’est pas effectif et les alliances se créent selon les accointances du moment. C’est ainsi qu’après avoir été un allié stratégique du Pakistan, les Etats-Unis et l’Inde dévoilent un projet de coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Depuis sa ratification, les voix s’élèvent contre le traité qui interdit aux pays qui ne possédaient pas l’arme nucléaire avant 1968 d’en produire et qui doit freiner la production de ceux qui l’ont déjà. Cela est ressenti comme une injustice, d’autant plus que ces pays sont accusés de complaisance avec Israël, notamment.

A ce jour, 189 États ont ratifié ce traité et seuls trois États rechignent jusqu’à présent. Il s’agit de l'Inde, du Pakistan et d’Israël. Cuba y a adhéré en 2002 et la Corée du Nord s’est retirée en 2002 avant de signer, en septembre 2005, un accord qui prévoit son retour au TNP.

 

 

Des chiffres effarants

D’après l’Observatoire des armes nucléaires françaises, entre 1945 et 2000, 128 060 têtes nucléaires ont été construites par les Etats-Unis (70 000), l’URSS (55 000), la France (1 260), le Royaume-Uni (1 200) et la Chine (600).

Et entre le 16 juillet 1945 et le 30 mai 1998, il y a eu 2 050 essais dans le monde. Parmi ces essais, il faut faire la différence entre les essais souterrains (1 518) et les essais atmosphériques (530). En ordre décroissant, 7 pays se sont adonnés à ces essais : les Etats-Unis (813 souterrains et 217 atmosphériques), l’URSS (494 et 221), la France (160 et 50), la Chine (22 et 23), le Royaume-Uni (23 et 21), l’Inde (4 souterrains) et le Pakistan (2 souterrains).

Et depuis 1954, 1 338 réacteurs nucléaires ont été fabriqués dans le monde « dont 57 % ont servi à produire de l’énergie pour les navires de guerre à propulsion nucléaire ».

Au 1er janvier 2006, les « forces nucléaires » étaient au nombre de 6 : les Etats-Unis avec 4 216 têtes nucléaires, la Russie (3 980), Grande-Bretagne (185), France (288), Chine (282), Inde (entre 30 et 40), Pakistan (entre 40 et 50) et Israël (200).

Cela prouve que l’AIEA n’arrive pas à totalement contrôler l’usage qui est fait de l’énergie atomique. De plus, entre les campagnes de désinformation et la volonté de préservation de leurs intérêts, les pays détenteurs excellent dans la dissimulation.

 

 

Corée du Nord

Un repli tactique

Ce pays semble pratiquement oublié, depuis l’affront iranien, de vouloir poursuivre l’enrichissement de son uranium. Cela d’autant plus que la Corée du Nord avait promis de renoncer à l’arme atomique, en septembre 2005, après avoir confirmé au mois de janvier de la même année en posséder. Pour la Corée du Nord, la possession de l’arme nucléaire était un moyen de dissuasion des Etats-Unis, alliés militaires du Sud, où ils détiendraient l’arme nucléaire.

 

 

Un impact réel sur l’environnement

Le nucléaire est « le processus entraînant une modification du noyau des atomes ». Les centrales nucléaires ont un impact sur l’environnement immédiat puisqu’il y a des déchets et des rejets dans l’air et dans l’eau d’éléments souvent radioactifs. Les centrales nucléaires fonctionnent à l’eau « brute » et les effluents liquides, même s’ils sont réutilisés, sont radioactifs. Les rejets gazeux sont censés être inoffensifs même s’ils entraînent des troubles comme une « perte d’ensoleillement dans un périmètre proche de la centrale ».

L'impact d'une installation nucléaire sur l'environnement est donc dû aux rejets radioactifs (liquides ou gazeux), thermiques et chimiques. Il existerait des risques de cancers lorsqu’il y a la proximité d’une centrale nucléaire et la question a été soulevée, il y a de cela 23 ans en Grande-Bretagne.

Par rapport à l’exposition à de faibles doses, en l’absence « de données concrètes et irréfutables, on ne peut étudier les éventuels effets des faibles doses de rayonnement qu'en extrapolant à partir des cas connus de fortes doses (Hiroshima et Nagasaki) ». On pourrait même ajouter Tchernobyl où après la catastrophe, il y a eu plusieurs naissances d’enfants atteints de malformations. Il faut ainsi différencier les effets dits « obligatoires » qui entraînent la mort des cellules et les effets « aléatoires » provoquant des mutations d’ADN.

Sources : HORIZONS

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans NUCLEAIRE

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