Les meurtriers de Paul Klebnikov courent toujours
Il est clair et net que les meurtrier du journaliste américain Paul Klebnikov ne sont pas encore arrêtés et qu'ils ne le seront jamais, d'ailleurs, ne rêvons pas. A leur place, on avait arrêté deux tchétchènes -comme par hasard- et un notaire tatar. Pas dupe de la manigance, le tribunal les a innocentés. Les meurtriers sont donc toujours en liberté et on se doute bien que Poutine ne va pas les livrer... l'assassinat du journaliste était prémédité, il s'intéressait de trop près à des affaires plus qu'épineuses... la corruption en Russie, la Mafia et la Tchétchénie... il devait être plus gênant qu'autre chose et son sort aura été réglé par ceux-là même qu'ils dénonçaient sans doute. D'autant que la mafia russe n'est pas du genre à plaisanter.
Un jury populaire a innocenté vendredi à Moscou les trois accusés dans l'assassinat en juillet 2004 du journaliste américain Paul Klebnikov, célèbre pour ses investigations sur la corruption en Russie, la mafia et la Tchétchénie.
"La majorité des jurés a voté pour un verdict d'innocence. Je suis content que la justice ait triomphé en Russie", a déclaré à la sortie du procès tenu à huis-clos l'avocat de Moussaé Vakhaev, Rouslan Khassanov.
Le Parquet avait demandé début mai de reconnaître le notaire moscovite d'origine tatare Fail Sadretdinov et deux Tchétchènes, Moussa Vakhaev et Kazbek Doukouzov coupables de ce meurtre, qui avait suscité une vive émotion aux Etats-Unis et en Russie.
"Malgré toute la propagande qui a été faite, les jurés ont vu qu'il n'y avait pas de preuves et que ces gens n'étaient pas coupables", a déclaré une des avocates, Elena Liptser. Le parquet pourrait faire appel de cette décision, a laissé entendre le procureur Dmitri Chokhine. "Des violations grossières de la loi ont été commises ce qui a influencé le verdict", a-t-il déclaré.
La famille a réagi avec amertume à l'annonce du verdict. "Nous sommes très mécontents de voir que deux ans après l'assassinat de notre frère, les meurtriers sont toujours en liberté", a déclaré Michael Klebnikov à Washington, suggérant à la Russie de faire appel à l'aide des Etats-Unis et d'autres pays dans l'enquête. "Nous exhortons les autorités russes à faire tout ce qui est possible pour trouver et traduire en justice tous les responsables de ce meurtre", a dit le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack à l'issue du verdict.
L'acquittement de ces personnes "signifie que les responsables de l'assassinat (de Paul Klebnikov) restent en fuite", a-t-il regretté. Le rédacteur en chef de l'édition russe du magazine américain Forbes (41 ans) avait été abattu en pleine rue à Moscou le 9 juillet 2004 alors qu'il sortait vers 22h00 de sa rédaction. Selon la thèse officielle, contestée par les proches du journaliste et par une partie de la presse moscovite, le meurtre a été commandité par un séparatiste tchétchène Hodj-Akhmed Noukhaev, que Klebnikov avait critiqué dans un livre en 2003 ("Entretien avec un barbare").
La presse russe a évoqué de son côté une enquête que le journaliste aurait menée sur des contacts présumés entre des responsables politiques russes et les séparatistes tchétchènes ou sur des détournements de fonds fédéraux russes destinés à la Tchétchénie. M. Klebnikov était en effet un habitué des sujets délicats. Il s'était intéressé de près aux privatisations controversées des années 1990 en Russie et avait fait paraître plusieurs enquêtes sur des hommes d'affaires russes dans Forbes, dont l'édition locale avait été lancée quelques mois avant sa mort.
Le journaliste, né à New York d'une famille d'immigrés russes, était devenu célèbre en Russie à la suite de la publication en 1996 d'un article sur l'oligarque Boris Berezovski. Il avait alors qualifié ce proche du président Boris Eltsine, désormais exilé à Londres, de "parrain du Kremlin" ayant des liens avec la mafia tchétchène. Boris Berezovski avait obtenu en 2003 devant la justice britannique que Forbes reconnaisse comme infondée l'accusation de "parrain" criminel.
Dès le début du procès, les trois accusés avaient plaidé non coupable. Elena Liptser, qui défendait le notaire, a affirmé vendredi que le parquet avait réuni ces trois hommes pour "créer un semblant de groupe criminel organisé". Plusieurs journalistes ont été assassinés ces dernières années en Russie. En juillet dernier, le Comité de protection des journalistes (Committee to Protect Journalists, CPJ), ONG américaine, évaluait à 12 le nombre de journalistes russes tués depuis 2000 en raison de leur activité.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt