Pourquoi ces relents de guerre froide ?
Pourquoi ces relents de guerre froide ?
par Alain Campiotti, New York
La guerre des mots entre Washington et Moscou reflète une dégradation de la relation américano-russe. L'Europe est plus mal à l'aise encore vis à vis de la Russie de Poutine.
L'Amérique est un loup. C'est Vladimir Poutine qui le dit. «Un loup qui mange sans écouter les autres.» La raideur du président russe, dans son discours sur l'état de la Nation mercredi, est une manière de lire la réalité: l'animal blessé il y a cinq ans donne du croc sans entendre les conseils de prudence. Mais le mot et dur. Et c'est un loup, ajoute Poutine, qui dissimule la poursuite de ses intérêts sous un «pathos démocratique». Le Russe a été piqué au vif par la virée de Dick Cheney derrière sa porte, en Lituanie et au Kazakhstan la semaine dernière. Le vice-président était en mission, pour avertir Moscou: la jeune démocratie russe s'effrite sous les coups d'un pouvoir autoritaire qui au-dehors utilise ses formidables ressources énergétiques comme une arme contre ses voisins.
Et soudain, la vivacité des échanges rappelait des temps pas très anciens. Retour de Guerre froide, ont écrit des commentateurs russes. Mais l'histoire ne bégaye pas ainsi. La provocation américaine a des raisons circonstancielles, et elle traduit une inquiétude profonde.
Le prochain sommet du G8 se tiendra en juillet à Saint-Pétersbourg et sera, pour Poutine, un sacre. Aux Etats-Unis, la perspective de ce rendez-vous provoque un sérieux malaise qui ne s'exprime pas dans l'administration, mais partout ailleurs. Au Congrès, des voix demandent à George Bush ne pas y aller. D'autres disent que le G8 doit redevenir G7. La Russie avait été invitée dans le club des riches alors qu'elle était faible, comme un moyen de stimuler sa construction démocratique. Aujourd'hui, la croissance russe est dopée par le prix du gaz et du pétrole, mais la démocratie se rabougrit. Le président américain, pourtant, ne peut pas ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg: trop besoin de la Russie, dans trop de crises. Alors, il devait faire savoir qu'il irait en se bouchant le nez. C'était la mission de Cheney.
Mais l'accès de fièvre révèle un souci plus grave. Qui a perdu la Russie ? Depuis la fin de la Guerre froide, c'est une question récurrente aux Etats-Unis. Elle était déjà posée au moment du krach de 1998 auquel avait abouti l'anarchie des privatisations. Elle revient aujourd'hui. Cet hiver, le Council on Foreign Relations a constitué une task force pour comprendre la dégradation des relations russo-américaines. Il a publié en mars son rapport préparé par la crème des russologues. Ils rejoignent et développent la critique de Cheney, mais maintiennent qu'un partenariat avec la Russie doit demeurer l'objectif à long terme des Etats-Unis. Dans le court terme, tant que Moscou poursuit dans sa dérive autoritaire, ils recommandent des coopérations sélectives (Iran, sécurité nucléaire, etc.), mais aussi des oppositions sélectives.
Entre la Russie et l'Amérique, il y a eu deux lunes de miel après la Guerre froide: sous l'illusion eltsinienne, puis après le 11 septembre, quand Bush voyait l'âme de Poutine au fond de ses yeux. Contre l'islamisme radical, les deux pays avaient un intérêt commun: les Russes ont donné un sérieux coup de main pour éliminer les talibans. Ensuite, l'administration républicaine a agi comme si cette alliance était acquise. Les Américains ont déchiré le traité ABM (antimissile) et organisé l'expansion de l'OTAN à l'Est sans trop se préoccuper de la réaction de Moscou. La Russie était en fait humiliée, comme elle l'était par sa faiblesse et la cupidité de ses oligarques.
C'est sur ces ruines que Vladimir Poutine a construit son pouvoir, sans scrupule et sans lésiner sur les moyens. Andrew Kuchins, un spécialiste de la Russie, compare la situation du pays aujourd'hui à ce que l'URSS était dans les années 1970 et jusqu'en 1985: le pétrole et le gaz étaient chers, l'Etat avait assez de ressources pour ne pas se préoccuper de réformes. L'effondrement des cours, en 1986, a amené la perestroïka et la suite. Kuchins redoute qu'aujourd'hui les pétroroubles aient le même effet paralysant.
La richesse qui coule du pétrole et du gaz rend en tout cas les Russes allergiques aux critiques américaines sur leur comportement intérieur et extérieur. D'autres chercheurs américains ne sont pas loin de leur donner raison. Sarah Mendelson, du Center for Strategic and International Studies, écrit ainsi que les Etats-Unis sont aujourd'hui mal placés pour faire la leçon à Moscou. La «guerre contre le terrorisme» a amené les Américains eux-mêmes à écorner les libertés et les droits dont ils se font les promoteurs dans le monde. Le meilleur exemple de cette ambivalence et de cette hypocrisie est la seconde étape du voyage de Dick Cheney, au Kazakhstan. Le vice-président n'a eu que des paroles aimables pour le président Nazarbayev, aussi autoritaire que Poutine. Mais le Kazakh a beaucoup de pétrole, que les Etats-Unis convoitent.
Et soudain, la vivacité des échanges rappelait des temps pas très anciens. Retour de Guerre froide, ont écrit des commentateurs russes. Mais l'histoire ne bégaye pas ainsi. La provocation américaine a des raisons circonstancielles, et elle traduit une inquiétude profonde.
Le prochain sommet du G8 se tiendra en juillet à Saint-Pétersbourg et sera, pour Poutine, un sacre. Aux Etats-Unis, la perspective de ce rendez-vous provoque un sérieux malaise qui ne s'exprime pas dans l'administration, mais partout ailleurs. Au Congrès, des voix demandent à George Bush ne pas y aller. D'autres disent que le G8 doit redevenir G7. La Russie avait été invitée dans le club des riches alors qu'elle était faible, comme un moyen de stimuler sa construction démocratique. Aujourd'hui, la croissance russe est dopée par le prix du gaz et du pétrole, mais la démocratie se rabougrit. Le président américain, pourtant, ne peut pas ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg: trop besoin de la Russie, dans trop de crises. Alors, il devait faire savoir qu'il irait en se bouchant le nez. C'était la mission de Cheney.
Mais l'accès de fièvre révèle un souci plus grave. Qui a perdu la Russie ? Depuis la fin de la Guerre froide, c'est une question récurrente aux Etats-Unis. Elle était déjà posée au moment du krach de 1998 auquel avait abouti l'anarchie des privatisations. Elle revient aujourd'hui. Cet hiver, le Council on Foreign Relations a constitué une task force pour comprendre la dégradation des relations russo-américaines. Il a publié en mars son rapport préparé par la crème des russologues. Ils rejoignent et développent la critique de Cheney, mais maintiennent qu'un partenariat avec la Russie doit demeurer l'objectif à long terme des Etats-Unis. Dans le court terme, tant que Moscou poursuit dans sa dérive autoritaire, ils recommandent des coopérations sélectives (Iran, sécurité nucléaire, etc.), mais aussi des oppositions sélectives.
Entre la Russie et l'Amérique, il y a eu deux lunes de miel après la Guerre froide: sous l'illusion eltsinienne, puis après le 11 septembre, quand Bush voyait l'âme de Poutine au fond de ses yeux. Contre l'islamisme radical, les deux pays avaient un intérêt commun: les Russes ont donné un sérieux coup de main pour éliminer les talibans. Ensuite, l'administration républicaine a agi comme si cette alliance était acquise. Les Américains ont déchiré le traité ABM (antimissile) et organisé l'expansion de l'OTAN à l'Est sans trop se préoccuper de la réaction de Moscou. La Russie était en fait humiliée, comme elle l'était par sa faiblesse et la cupidité de ses oligarques.
C'est sur ces ruines que Vladimir Poutine a construit son pouvoir, sans scrupule et sans lésiner sur les moyens. Andrew Kuchins, un spécialiste de la Russie, compare la situation du pays aujourd'hui à ce que l'URSS était dans les années 1970 et jusqu'en 1985: le pétrole et le gaz étaient chers, l'Etat avait assez de ressources pour ne pas se préoccuper de réformes. L'effondrement des cours, en 1986, a amené la perestroïka et la suite. Kuchins redoute qu'aujourd'hui les pétroroubles aient le même effet paralysant.
La richesse qui coule du pétrole et du gaz rend en tout cas les Russes allergiques aux critiques américaines sur leur comportement intérieur et extérieur. D'autres chercheurs américains ne sont pas loin de leur donner raison. Sarah Mendelson, du Center for Strategic and International Studies, écrit ainsi que les Etats-Unis sont aujourd'hui mal placés pour faire la leçon à Moscou. La «guerre contre le terrorisme» a amené les Américains eux-mêmes à écorner les libertés et les droits dont ils se font les promoteurs dans le monde. Le meilleur exemple de cette ambivalence et de cette hypocrisie est la seconde étape du voyage de Dick Cheney, au Kazakhstan. Le vice-président n'a eu que des paroles aimables pour le président Nazarbayev, aussi autoritaire que Poutine. Mais le Kazakh a beaucoup de pétrole, que les Etats-Unis convoitent.
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Le marathon russe pour forcer la porte de l'OMC
par Ram Etwareea
Moscou accuse Washington de faire du marchandage.
Mercredi, ce n'était pas la première fois que Vladimir Poutine accusait les Etats-Unis de bloquer l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). «Ces négociations ne doivent pas être utilisées comme un moyen de marchandage», a-t-il dit. Le président russe s'était montré tout aussi intraitable le 29 mars, affirmant que Washington posait des exigences «supplémentaires» dans les négociations bilatérales. La Russie, qui cherche un accord pour son adhésion depuis treize ans, est le dernier grand pays hors de l'OMC qui compte 149 membres.
Les propos de Poutine ont été largement repris par la classe politique russe ou encore par les hommes d'affaires. Pour Boris Gryzlov, président de la Douma, «l'entrée à l'OMC n'est pas une fin en soi et elle pourrait être reportée à plus tard». Le Kremlin envisagerait même des mesures de rétorsion. Le quotidien russe Vedomosti évoque l'exclusion des entreprises américaines des contrats dans les hydrocarbures. Et Aeroflot pourrait préférer des Airbus à la place des Boeing dont l'achat de 22 appareils est en discussion.
La colère de Moscou s'explique aussi par le fait que le dossier d'adhésion de l'Ukraine à l'OMC avance plus vite que le sien. Dans le cas ukrainien, les Etats-Unis se montrent particulièrement souples. Les négociateurs russes s'en méfient: une fois membre, l'Ukraine pourrait mettre son veto à la Russie.
Sur un autre registre, Moscou se félicite d'être sorti de la tutelle du Fonds monétaire international (FMI) qui est sous grande influence américaine. Grâce à ses pétrodollars, la Russie a remboursé toutes ses créances l'an dernier. En 1990, Moscou avait obtenu des crédits du FMI contre son soutien à la guerre en Irak.
Pas plus tard qu'hier, la Russie a proposé de rembourser par anticipation ses dettes de 22 milliards auprès du Club de Paris qui réunit les créanciers gouvernementaux. C'est un pas de plus qui devrait permettre à Moscou de ne plus subir des pressions politiques et financières des Etats-Unis.
Les propos de Poutine ont été largement repris par la classe politique russe ou encore par les hommes d'affaires. Pour Boris Gryzlov, président de la Douma, «l'entrée à l'OMC n'est pas une fin en soi et elle pourrait être reportée à plus tard». Le Kremlin envisagerait même des mesures de rétorsion. Le quotidien russe Vedomosti évoque l'exclusion des entreprises américaines des contrats dans les hydrocarbures. Et Aeroflot pourrait préférer des Airbus à la place des Boeing dont l'achat de 22 appareils est en discussion.
La colère de Moscou s'explique aussi par le fait que le dossier d'adhésion de l'Ukraine à l'OMC avance plus vite que le sien. Dans le cas ukrainien, les Etats-Unis se montrent particulièrement souples. Les négociateurs russes s'en méfient: une fois membre, l'Ukraine pourrait mettre son veto à la Russie.
Sur un autre registre, Moscou se félicite d'être sorti de la tutelle du Fonds monétaire international (FMI) qui est sous grande influence américaine. Grâce à ses pétrodollars, la Russie a remboursé toutes ses créances l'an dernier. En 1990, Moscou avait obtenu des crédits du FMI contre son soutien à la guerre en Irak.
Pas plus tard qu'hier, la Russie a proposé de rembourser par anticipation ses dettes de 22 milliards auprès du Club de Paris qui réunit les créanciers gouvernementaux. C'est un pas de plus qui devrait permettre à Moscou de ne plus subir des pressions politiques et financières des Etats-Unis.
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«La Russie n'a jamais été aussi forte»
par Stéphane Bussard
Marshall Goldman est directeur adjoint du Davis Center for Russian Studies de l'Université Harvard. Spécialiste de la Russie, il livre son analyse.
Le Temps: Analysant les relations entre la Russie, l'Europe et les Etats-Unis, l'éditorialiste Thomas Friedman évoque l'émergence d'une «post-post Guerre froide». Qu'en pensez-vous?
Marshall Goldman: C'est tout à fait fondé. La Russie n'a jamais été aussi forte dans l'histoire qu'aujourd'hui. Je m'explique. Pendant la Guerre froide, les armes nucléaires ont servi de contrepoids du côté américain et du côté soviétique. Washington et Moscou étaient effrayées par les conséquences de l'usage inconsidéré de l'arme nucléaire. Du coup, elles tendaient à mettre de côté leurs différences. La Russie et les Etats-Unis ont aussi trouvé par le passé un terrain d'entente en matière de terrorisme et de lutte contre l'islamisme radical. Aujourd'hui, la Russie ne fait plus l'objet d'aucune contrainte mutuelle. Elle en profite pour magnifier sa différence. L'ironie, c'est qu'elle reproche aux Américains d'agir unilatéralement au niveau militaire, mais elle en fait de même dans le secteur énergétique.
- Est-ce que le sentiment de force retrouvée fait de la Russie une superpuissance?
- La Russie est devenue une superpuissance au plan énergétique. C'est loin d'être le cas au plan militaire et industriel.
- Forte de ses réserves énergétiques, la Russie va-t-elle relancer la course aux armements avec les Etats-Unis?
- La bataille pour l'énergie est déjà une course aux armements. L'énergie est une arme. De plus, Vladimir Poutine a augmenté très sensiblement les dépenses d'armement. Quand j'ai rencontré Poutine en septembre, j'ai pu constater qu'il était en train de restaurer la gloire passée de la Russie, qu'il veut en faire une superpuissance dans le secteur de l'énergie.
- Comment interprétez-vous les propos du vice-président américain Dick Cheney qui parle de chantage énergétique russe?
- Les Etats-Unis cherchent à rompre le monopole de la Russie et de Gazprom en Asie centrale et proposent une route alternative pour un oléoduc à travers la mer Caspienne. C'est une priorité de Washington.
-On parle beaucoup des relations russo-américaines. Mais le problème n'est-il pas l'Union européenne?
- Effectivement, les Etats-Unis sont très préoccupés de la dépendance de l'Europe par rapport à l'énergie et de son manque de réaction. Ils craignent que la Russie ne crée une nouvelle forme d'empire en profitant de la dépendance européenne. Quelques chiffres suffisent à éclairer la problématique. L'Allemagne importe 41% de son gaz de Russie, l'Italie 32%, la France 30%, la Turquie 66%, la République tchèque 72% et les pays Baltes 100%. Conscients de leur nouvelle puissance, les Russes veulent contrôler la route des gazoducs et oléoducs, mais aussi la distribution. En Grande-Bretagne, on est très fâché de l'appétit des Russes qui veulent acquérir le distributeur Centrica et fournir 20% du gaz au Royaume-Uni d'ici à 2015. L'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder a contribué à accroître cette dépendance. Il a encouragé la fermeture de 19 centrales nucléaires d'ici à 2021. De plus, il a offert une garantie allemande de 1 milliard d'euros pour un gazoduc évitant l'Ukraine, la Biélorussie et la Pologne, mais passant directement de la Russie en Allemagne par la Baltique.
- Et si le prix du pétrole et du gaz devait plonger...
- La Russie aurait de gros problèmes. Presque l'intégralité de sa croissance dépend du pétrole et du gaz. De plus, la population russe diminue de 700000 personnes chaque année, même en comptant l'immigration. Les conséquences sur la croissance intérieure pourraient être graves. Pour y remédier, la Russie devrait soit trouver d'énormes gisements ailleurs, des sources alternatives d'énergie ou couper son approvisionnement à la Chine et à l'Inde.
- Est-ce que le sentiment de force retrouvée fait de la Russie une superpuissance?
- La Russie est devenue une superpuissance au plan énergétique. C'est loin d'être le cas au plan militaire et industriel.
- Forte de ses réserves énergétiques, la Russie va-t-elle relancer la course aux armements avec les Etats-Unis?
- La bataille pour l'énergie est déjà une course aux armements. L'énergie est une arme. De plus, Vladimir Poutine a augmenté très sensiblement les dépenses d'armement. Quand j'ai rencontré Poutine en septembre, j'ai pu constater qu'il était en train de restaurer la gloire passée de la Russie, qu'il veut en faire une superpuissance dans le secteur de l'énergie.
- Comment interprétez-vous les propos du vice-président américain Dick Cheney qui parle de chantage énergétique russe?
- Les Etats-Unis cherchent à rompre le monopole de la Russie et de Gazprom en Asie centrale et proposent une route alternative pour un oléoduc à travers la mer Caspienne. C'est une priorité de Washington.
-On parle beaucoup des relations russo-américaines. Mais le problème n'est-il pas l'Union européenne?
- Effectivement, les Etats-Unis sont très préoccupés de la dépendance de l'Europe par rapport à l'énergie et de son manque de réaction. Ils craignent que la Russie ne crée une nouvelle forme d'empire en profitant de la dépendance européenne. Quelques chiffres suffisent à éclairer la problématique. L'Allemagne importe 41% de son gaz de Russie, l'Italie 32%, la France 30%, la Turquie 66%, la République tchèque 72% et les pays Baltes 100%. Conscients de leur nouvelle puissance, les Russes veulent contrôler la route des gazoducs et oléoducs, mais aussi la distribution. En Grande-Bretagne, on est très fâché de l'appétit des Russes qui veulent acquérir le distributeur Centrica et fournir 20% du gaz au Royaume-Uni d'ici à 2015. L'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder a contribué à accroître cette dépendance. Il a encouragé la fermeture de 19 centrales nucléaires d'ici à 2021. De plus, il a offert une garantie allemande de 1 milliard d'euros pour un gazoduc évitant l'Ukraine, la Biélorussie et la Pologne, mais passant directement de la Russie en Allemagne par la Baltique.
- Et si le prix du pétrole et du gaz devait plonger...
- La Russie aurait de gros problèmes. Presque l'intégralité de sa croissance dépend du pétrole et du gaz. De plus, la population russe diminue de 700000 personnes chaque année, même en comptant l'immigration. Les conséquences sur la croissance intérieure pourraient être graves. Pour y remédier, la Russie devrait soit trouver d'énormes gisements ailleurs, des sources alternatives d'énergie ou couper son approvisionnement à la Chine et à l'Inde.
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Repères
par François Modoux
13 ans. La Russie de Vladimir Poutine a entamé les discussions avec l'OMC en vue de son adhésion en 1993, il y a 13 ans. Les Etats-Unis sont le dernier pays membre qui refuse de signer l'accord et prolonge les négociations sur divers litiges.
22 milliards de dollars. C'est la dette que la Russie s'engage à rembourser à divers Etats créanciers. Ce gigantesque effort est rendu possible par l'accumulation de bénéfices découlant de la vente de pétrole et de gaz par des sociétés contrôlées par l'Etat russe.
16%. L'Union européenne achète 16% de son pétrole en Russie. La production russe assure 90% des besoins en pétrole des pays d'Europe centrale et orientale.
30 milliards. Mesurée en barils de pétrole, c'est la quantité des réserves prouvées de pétrole russe, selon les estimations les plus raisonnables.
25%. Le gaz consommé dans l'Union européenne provient pour un quart (25%) de Russie. La dépendance varie selon les pays (Allemagne, 41%; Italie, 32%; France, 30%.) La dépendance des pays baltes est totale (100%). La Turquie dépend du gaz russe pour 66% de son approvisionnement.
Sources : LE TEMPS
Posté par Adriana Evangelizt
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