Le despote du Turkménistan
Voilà sûrement un futur copain à Cheney. Lui qui adore les despotes de l'Est accrochés au flanc de la Russie, nul doute que bientôt on verra dans son aéropage l'homme qui se prenait pour Dieu en personne,le président du Turkménistan, Saparmurat Niyazov. D'autant qu'il y a beaucoup de gaz sur son territoire. L'homme se prend donc pour le "guide" du peuple turkmène. Se vouant un véritable culte de la personnalité, tout tourne autour de lui. Il écrit des livres que les écoliers doivent lire et c'est même leur seule lecture. Photos de lui, bustes et même d'immenses statues dorées à son effigie sont le principal décor du pays... voyez un peu le style... et admirez une statue de l'idole...

Et le voilà en nature... ça change de l'idole... il est pas beau le futur pote à Cheney ?

Le "guide " turkmène a la tête dans les étoiles
Incursion dans l’univers de Saparmurat Niyazov, président du Turkménistan
par Noé Chartier
Le quotidien officiel, Neitralnyi Turkmenistan, indiquait que «Le livre qui a conquis des millions de coeurs sur la Terre allait maintenant conquérir l’espace.»
L’article renchérissait ensuite en expliquant que «Le texte sacré du Rukhnama a été choisi, car il contient toute la sagesse du peuple turkmène grâce à son créateur, Turkmenbashi», utilisant ce nom que le président s’est lui-même assigné, signifiant le guide de tous les Turkmènes.
C’est d’une base spatiale russe située au Kazakhstan que la boîte contenant le livre et un drapeau turkmène a été lancée.
Pour ceux connaissant M. Niyazov, il n’y que continuité sans étonnement. Il domine le territoire depuis l’ère soviétique et est «président à vie». En terme d’autoritarisme, il n’a rien à envier aux régents d’autres anciennes républiques soviétiques, comme Lukashenko de Biélorussie ou Karimov d’Ouzbékistan.
Niyazov a la même veine qu’un Staline, Mao ou Kim Il Song. Imbu de lui-même, il a construit autour de sa personnalité un véritable culte. Ses portraits et bustes sont présents en abondance à travers le pays.
À noter le plus grand tapis du monde à l’effigie de Niyazov, tel que reconnu par le Livre des records Guinness, fait 300 mètres carrés et est intitulé «Le 21e siècle, l’Époque du Grand Saparmyrat Turkmenbashi.»
Il est aussi impossible en déambulant dans les rues de la capitale Ashgabat de ne pas remarquer les immenses statues dorées à son honneur ou à celle des membres de sa famille.
La population est tout simplement forcée de le vénérer et l’étude du Rukhnama est obligatoire. Selon la BBC, «Les écoliers doivent prêter des serments d’allégeance à leur chef tous les jours.»
Ayant obtenu l’indépendance avec la chute de l’Union soviétique, le Turkménistan n’a pas pris le chemin des réformes ou de la démocratie, à l’instar de ses voisins. L’idéologie de domination n’a été que remplacée et canalisée dans la seule figure du président. Plutôt que l’étude forcée des théories marxistes, les Turkmènes s’inculquent des paroles du «Guide» du moins en public.
Outre la récente aventure spatiale, Niyazov a fait parler de lui récemment en imposant un décret musical. Dorénavant, toute musique enregistrée est bannie de tous les événements publics, à la télévision et durant les mariages. Le but avoué est de protéger la culture turkmène des «influences négatives». L’agence de nouvelle Sofia rapporte qu’il avait déjà banni l’opéra et le ballet ainsi que les radios dans les automobiles, il a également fermé tous les hôpitaux, sauf dans la capitale. Il aurait aussi renommé certains mois du calendrier à son nom et à celui de sa mère.
Saparmyrat Niyazov est devenu le chef communiste du Turkménistan en 1985 et il s’est fait élire en 1991 après la chute du bloc soviétique. En 1999, la plus haute chambre législative du pays l’a consacré «président à vie».
Et les Turkmènes dans tout ça?
La vie au Turkménistan est similaire à la vie sous n’importe quelle dictature. Le pays est bordé de la mer Caspienne à l’ouest, de l’Iran et de l’Afghanistan au sud et du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan au nord et à l’est. L’austérité de ces régimes ne favorise pas une ouverture du Turkménistan et constitue en quelque sorte un rempart contre des influences extérieures.
Les médias sont entièrement contrôlés par le gouvernement. L’organisation de la liberté de presse Reporters sans frontières affirme que Niyazov «continue à se servir des médias aux seules fins de promouvoir son image. Dans ce pays parmi les plus répressifs au monde, la liberté de la presse est inexistante. Seul compte le culte de la personnalité du chef de l'État, président à vie».
Amnisty Internationale surveille également de près la situation des droits humains au Turkménistan. Elle indique dans un récent communiqué que «les autorités sont engagées dans une répression des dissidents et de la liberté religieuse depuis plusieurs années».
Le gouvernement vise principalement les individus qui ont des membres de leur famille qui militent pour les droits de l’homme à l’extérieur du pays, même si ces derniers militent passivement et ne participent à aucune activité dissidente.
Cette terreur dans le pays imposée aux proches des activistes exilés a pour but de leur faire cesser toutes démarches de sensibilisation effectuées en sol étranger.
Dans un rapport de IRIN news, la présidente Tajigul Begmedova de la Turkmen Helsinki Foundation – un organisme basé en Bulgarie travaillant pour les droits humains au Turkménistan – indique que sa famille est constamment victime de persécution pour la punir en raison de ses activités. Entre autres, son père «a été battu par la police et envoyé en exil dans le nord du pays», indique Mme Begmedova.
Sources : LA GRANDE EPOQUE
Posté par Adriana Evangelizt