Ingérence en Iran
Téhéran accuse les Etats-Unis de fomenter des troubles ethniques
Le chef des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime islamique iranien, a accusé aujourd’hui les Etats-Unis de financer des groupes contre-révolutionnaires iraniens basés en Irak et en Afghanistan pour créer des troubles ethniques en Iran.
«Les Etats-Unis, par leur présence en Irak et en Afghanistan, cherchent à comploter et à créer l'insécurité en Iran et veulent encourager des troubles à caractère ethnique dans notre pays», a déclaré le général Yahya Rahim Safavi devant plus de 20.000 bassidjis (miliciens islamistes) rassemblées à Ahwaz, une ville frontalière avec l'Irak.
«En Irak, les Américains ont pris sous leurs ailes les mounafeghine (« hypocrites », terme utilisé pour désigner les Moudjahidine du peuple) et les groupes contre-révolutionnaires, comme le Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI) et le Komala (kurde maoïste), et leur donnent de l'argent pour créer l'insécurité en Iran», a-t-il poursuivi.
«En Afghanistan, les Américains ont réuni les rebelles iraniens pour créer l'insécurité au Sistan-Balouchistan», province iranienne frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan, a-t-il ajouté. «Mais ils doivent savoir qu'ils emporteront dans leur tombe l'espoir de dominer l'Iran et de créer l'insécurité en Iran».
Selon général Safavi, «les Etats-Unis cherchent à imposer des changements politiques et économiques dans le monde» entier mais à une «vitesse encore plus grande» au Proche-Orient. Pour atteindre leurs objectifs, «ils veulent créer l'insécurité au Proche-Orient et notamment dans les régions du nord-ouest, sud-ouest et sud-est» de l'Iran. Ces trois régions sont peuplées respectivement de minorités azéries et kurdes (nord-ouest), d'Arabes (sud-ouest) et de Baloutches (sud-est).
«Les Américains cherchent à créer des tensions entre musulmans chiites et sunnites en Irak et transposer ces tensions religieuses en Iran», a encore déclaré le général. Les chiites représentent respectivement 90% et 60% de la population en Iran et en Irak. Les deux pays comptent également une forte minorité sunnite.
Les Moudjahidine du peuple (MEK), principal groupe de l'opposition armée au régime de Téhéran et allié de l'ancien président irakien Saddam Hussein, disposaient d'une véritable armée en Irak avant la chute du régime bassiste. Plusieurs milliers de combattants de ce groupe ont été désarmés et rassemblés par les Américains dans un camp de la région de Bagdad. En juillet, les Etats-Unis ont confirmé avoir accordé à 3.800 membres du MEK rassemblés dans le camp militaire d'Achraf, en Irak, un statut assurant leur protection dans ce pays. Ce geste a été dénoncé par Téhéran.
Les Moudjahidine s'étaient installés en Irak en 1986 et avaient mené avant la chute de Saddam Hussein de multiples raids et attaques meurtrières contre l'Iran, que l'Irak a attaqué en 1980, ouvrant une guerre qui s'est poursuivie jusqu'en 1988. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont placé les Moudjahidine sur leur liste des groupes terroristes.
Les mouvements kurdes iraniens, le PDKI et le Komala, ont des bases dans les régions kurdes irakiennes mais, selon un accord entre Téhéran et les groupes kurdes d'Irak, ils ne doivent pas s'approcher des zones frontalières.
En ce qui concerne le Sistan-Balouchistan, peuplé en partie de musulmans sunnites, des groupes hostiles à la République islamique sont présents à l'étranger mais le pouvoir iranien n'a fait état d'aucune action armée dans cette région au cours des dernières années. Le général Safavi a ajouté que «pour imposer leur domination dans le monde après le démantèlement de l'Union soviétique, les Etats-Unis savent que l'islam politique et révolutionnaire qui a émergé avec la révolution islamique en Iran est le principal danger et obstacle à leur politique « unilatéraliste » dans le monde».
Sources : Minorités
Posté par Adriana Evangelizt