Début des négociations Iran-Russie, le Guide rejette tout recul
Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a rejeté dimanche tout recul de son pays sur la question nucléaire alors qu'une importante délégation russe se trouve à Téhéran pour discuter du programme nucléaire de l'Iran avec les responsables iraniens.
»Avec leur succès, les jeunes ingénieurs iraniens ont garanti l'avenir énergétique à long terme du peuple iranien. Il ne faut à aucun prix perdre cette maîtrise car tout recul équivaut à 100% de perte», a déclaré M. Khamenei, lors d'un discours devant les députés du parlement.
La visite de la délégation russe, dirigée par le secrétaire du Conseil de sécurité nationale russe, Igor Ivanov, et le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, intervient alors que les grandes puissances négocient actuellement une offre de mesures incitatives à Téhéran et des menaces de sanctions pour amener l'Iran à suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium.
»Contrairement aux Etats-Unis, la Russie pense que la question nucléaire iranienne ne peut être réglée que par le dialogue et que toute action violente ne fera que compliquer davantage la situation et troubler encore la région», a déclaré M. Ivanov lors d'une rencontre avec son homologue iranien Ali Larijani, a rapporté la télévision d'Etat.
Selon la télévision, M. Ivanov a déclaré que la »Russie appliquera tous ses engagements en ce qui concerne la centrale nucléaire de Bouchehr», actuellement en construction dans le sud de l'Iran.
Les négociations entre Igor Ivanov et Ali Larijani ont duré trois heures et doivent reprendre dimanche après-midi, a rapporté l'agence officielle Irna.
Selon l'agence Isna, qui cite un responsable iranien ayant requis l'anonymat, »les mesures incitatives des Européens, la création d'un consortium d'enrichissement d'uranium en Russie et la reprise des négociations entre l'Iran et l'UE3 (France, Allemagne, Grande-Bretagne) étaient au centre des discussions».
»La Russie a demandé la reprise des négociations entre l'Iran et les Européens», a ajouté ce responsable.
La Russie, tout comme la Chine, est opposée à toute sanction contre l'Iran.
La délégation russe, doit également rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, et le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh.
Les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et de l'Allemagne doivent se rencontrer en principe à la fin de la semaine prochaine pour finaliser un ensemble de mesures incitatives et dissuasives destinées à convaincre l'Iran de renoncer à son programme nucléaire sensible.
La date et le lieu de cette rencontre ministérielle n'ont pas encore été annoncés mais, selon Washington, elle se tiendra »probablement» à la fin de la semaine dans une capitale européenne.
»La République islamique d'Iran reste ferme dans sa position pour utiliser la technologie nucléaire dans un cadre pacifique et légal», a déclaré samedi soir le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, cité dimanche par la presse.
»La position de l'Iran sur le nucléaire est totalement légale et s'inscrit dans le cadre du Traité de non prolifération (TNP)», a-t-il ajouté.
Téhéran a annoncé en avril dernier avoir réussi à enrichir l'uranium à 3,5% puis à 4,8% et refuse de suspendre ses activités malgré la demande du Conseil de sécurité de l'Onu.
Les pays occidentaux accusent l'Iran de vouloir utiliser son programme d'enrichissement pour la fabrication de l'arme atomique.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a estimé dans une interview à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel à paraître lundi que les Européens devraient »être du côté de l'Iran» pour son programme nucléaire, faute de quoi ils en »subiront les conséquences».
Sources : Tageblatt
Posté par Adriana Evangelizt