Synarchie financière et dérives fascistes - 2ème partie
Synarchie financière et dérives fascistes
2ème partie
La synarchie financière contre la République
par Christine Bierre
Un parfum des années trente se répand dans notre pays, alors qu’agonise un régime fondé par François Mitterrand et pérennisé ensuite par Jacques Chirac. Comme nous, beaucoup de nos concitoyens sentent intuitivement que l’avenir de notre République se joue dans les mois qui viennent.
Le rejet du Traité constitutionnel européen, révélateur du mécontentement d’une majorité de la population envers l’Europe telle qu’elle a été construite, est resté sans réponse, tout comme les émeutes, extrêmement graves, de novembre 2005. Les derniers événements survenus à Montfermeil et à Grigny montrent, à ce sujet, que n’ayant rien fait pour changer cette situation, la France reste l’otage des conséquences de la politique d’austérité et de triage social qu’elle a imposée depuis des années sur les populations issues de l’immigration.
Plutôt que de s’attaquer aux abus des pouvoirs financiers, la plupart des hommes politiques, à gauche comme à droite, rivalisent dans les projets visant à pénaliser la précarité. A droite, comme dans les années trente, les « hommes forts » qui réclament le rétablissement de l’autorité et de l’ordre, les bonapartistes, se bousculent au portillon : Sarkozy, de Villiers, Le Pen, de Villepin. Du côté du gouvernement, tout comme au Parti socialiste, on s’empêtre à défendre ce système européen légué par François Mitterrand et confirmé par Jacques Chirac, qui est à l’origine de la plupart de nos maux économiques. L’aveuglement de l’élite sur ces politiques est total. Au Parti socialiste, on a écrasé la dissidence Fabius et pour ce qui est de Jacques Chirac, il vient d’annoncer avec la chancelière allemande, Angela Merkel, que le Traité constitutionnel sera réexaminé à partir de la présidence allemande de l’UE, en 2007 !
Face à cette situation, nous devons nous poser la question : qu’est-il arrivé à notre République ? Comment sommes-nous passés de la période des Trente Glorieuses, où les gens pouvaient construire leur vie autour d’un travail qualifié à long terme et où, grâce aux grands programmes d’Etat, la France était à la pointe du progrès scientifique et technologique, à la situation actuelle ? Où est la France dont Charles de Gaulle pouvait déclarer fièrement dans les années soixante qu’elle était « en plein essor… les caisses remplies, le franc plus fort qu’il ne fut jamais, la décolonisation achevée… et le prestige français replacé au plus haut dans l’univers ? » Un exemple concret illustre mieux que toute statistique le problème que nous avons aujourd’hui : le mariage de Delphine Arnault, la fille de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, PDG de LVMH (industrie du luxe), célébré en septembre 2005, pratiquement au même moment où avaient lieu les émeutes de banlieue. Même si l’aspect fastueux de ce mariage a quelque chose de terriblement choquant -- 650 convives au château d’Yquem, 165 mètres d’Organza pour une robe de mariée de chez Galliano, réalisée dans un dégradé du blanc au rose pâle, ornée de cristal et de fils d’argent et brodée de roses anciennes, le tout pour un coût de plusieurs millions d’euros - ce sont surtout les relations incestueuses, révélées par ce mariage, entre haute finance, vieille noblesse et pouvoir politique qui illustrent le problème de la France actuelle.
Là, « leurs Altesses Royales » Marie Chantal et Pavlos de Grèce, l’infante Elena d’Espagne et autres Maria Pia de Savoie, côtoyaient les plus grands hommes d’affaires français - Claude Bébéar (Axa), Jean-René Fourtou (Vivendi Universal), Serge Dassault (armement et Le Figaro), Michel Pébereau (BNP Paribas), le baron Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef), Henri Lachmann (Schneider Electric), les héritiers des Rothschild ainsi qu’Antoine Bernheim, de la banque Lazard Frères et du « géant vénitien de l’assurance » Generali – mais aussi, pas moins de 6 ministres du gouvernement actuel, dont Thierry Breton et, bien entendu, Nicolas Sarkozy, l’homme politique dont Antoine Bernheim, de la Generali, se sent aujourd’hui le plus proche.
Qu’est-ce qui ne va pas en France aujourd’hui ? Depuis trente ans, cette finance-là règne en maître sur la société, exigeant des taux de profits immédiats exorbitants qui tuent le travail et l’économie productive et qui orientent idéologiquement toute la société vers la recherche de gains rapides dans l’ici et maintenant, aux dépens de l’avenir.
La synarchie financière
Pour comprendre ce qui s’est passé et y faire face, il faut avoir le courage de remonter à la période qui va de la fin de la Première Guerre mondiale à la Seconde. Avoir le courage, parce que ce que nous avons vu agir là est le pire de la France. Pour beaucoup d’entre nous, qui sommes nés dans les années 40, 50 ou 60, notre idée de la France est celle de cette France exceptionnelle de Charles de Gaulle, dont les conceptions sont à l’origine de tout ce qui est encore sain aujourd’hui dans notre pays, bien que de plus en plus rongé par ce cancer de la finance.
Mais il ne faut pas que cette période exceptionnelle, qui n’existe plus et qu’il faut recréer aujourd’hui, nous fasse oublier qu’avant cette grande époque, le même Charles de Gaulle avait dû sauver la France du marasme de la Deuxième Guerre mondiale et de celui de la crise algérienne, où le fascisme menaçait encore. Je vais vous parler aujourd’hui d’une France sordide, non pas pour vous plonger dans le défaitisme, mais pour que vous soyez moins naïfs et que vous connaissiez l’ennemi que nous devons combattre.
C’est l’appétit léonin de la finance, du même type que celui qui s’est développé depuis une vingtaine d’années, qui va nous amener tout droit aux pires atrocités de la Deuxième Guerre mondiale. Le traité de Versailles de 1919, qui mit fin à la Première Guerre mondiale, imposa à l’Allemagne vaincue le paiement de réparations de guerre exorbitantes à la France et à la Belgique - 132 milliards de mark-or. Terrible pour le peuple allemand, le paiement de ces réparations était cependant une véritable aubaine pour les principaux groupes financiers anglo-américains, français, allemands et autres de l’époque.
Immédiatement après le traité de Versailles, la Banque d’Angleterre et JP Morgan choisirent un jeune avocat américain, John Foster Dulles, pour négocier avec Hjalmar Schacht, le futur chef de la Banque centrale allemande et ministre de l’Economie d’Hitler, la création de tout un système de cartellisation qui permettrait à l’Allemagne de s’acquitter de cette dette. En 1922, Hjalmar Schacht proposa que 5 milliards soient payés immédiatement à la France, non pas par l’Etat mais via des emprunts émis par des conglomérats industriels qui émettraient des obligations à 10 ans pour ce montant, à condition de donner à ces conglomérats le droit de se constituer en vrais monopoles. Ce fut l’origine des cartels de la chimie et de l’acier, dont l’infâme IG FARBEN, sans lesquels Hitler n’aurait jamais pu lancer ses plans de conquête. En 1923, l’Allemagne ayant des difficultés à payer, les Etats-Unis lancent le Plan Dawes, l’ouverture d’une ligne de crédit de 800 millions de dollars pour permettre à l’Allemagne de faire face à ses difficultés. La maison Lazard Brothers, dont nous parlerons beaucoup dans cet article, représentait l’Angleterre dans la négociation du Plan Dawes.
C’est ce système de pillage que l’oligarchie financière tentera de maintenir coûte que coûte, allant jusqu’à imposer des régimes fascistes à toute l’Europe pour y parvenir. Et à cette époque, les financiers avaient beaucoup de souci à se faire pour leur pouvoir. Depuis la Révolution russe de 1917, la crainte du communisme hantait les esprits et la grande dépression des années trente, avec tous les troubles sociaux qu’elle provoqua, exacerba cette crainte. C’est de cette époque que date en France la publication de cette fameuse affiche du « communiste au couteau entre les dents », diffusée grâce au financement d’une organisation synarchiste, l’Union des intérêts économiques. L’affiche avait été publiée d’abord dans Le Temps, un journal sous influence du puissant Comité des Forges et des Houillères.
Raoul Husson, qui, sous le nom de plume de Geoffroy de Charnay, fut l’un des premiers à dénoncer l’existence de la synarchie financière, décrit la situation : « Après la guerre de 1914, certaines banques conscientes de la menace de Satan, qui venait de se réincarner dans le bolchevisme, et craignant que le monstre n’échappe à leur contrôle, choisirent en fonction de leur intégrité, leur patriotisme et leur courage, certains hommes de confiance et, leur payant un salaire, les gardèrent groupés, prêts à se ranger au signal donné derrière un guide. »
Ce fut la naissance d’un mouvement baptisé la Synarchie d’empire, qui donna naissance à tous les mouvements fascistes européens : la montée au pouvoir de Mussolini en 1922, Salazar au Portugal en 1932, Franco en Espagne en 1939, Hitler en Allemagne en 1933 et le pétainisme en France, en juin 1940.
Les sources de cet article sont les archives de la guerre des services de renseignement américains et français liés à la Résistance. Certaines de ces sources, les archives de Robert Menevée (Raoul Husson), sont disponibles à l’université de Californie. Mentionnons aussi le livre, Synarchie et Pouvoir, publié en 1968 par André Ulmann et H. Azeau, des résistants qui ont connu la situation de l’intérieur. Il y a enfin Le choix de la défaite, d’Annie Lacroix-Riz, dont les recherches approfondies dans de nombreuses archives officielles attestent pleinement l’existence de ce complot.
La synarchie est une organisation dont l’origine remonte à la fin du XVIIIème siècle, mais qui apparaît et disparaît au gré des périodes de croissance ou de crise économique. Au XXème siècle, les premières traces de ce mouvement resurgissent à Londres en 1918, puis en Italie en 1919 où elles sont à l’origine de la montée au pouvoir de Mussolini. En France, un Ordre martiniste et synarchique clandestin surgit le 3 janvier 1921 et crée, en 1922, un Comité synarchique central (CSC) qui donnera naissance au Mouvement synarchie d’empire, MSE, dont le principal activiste connu est Jean Coutrot, un polytechnicien qui a été l’un des personnages centraux de l’avènement du pétainisme en 1940.
Ordre martiniste et fascisme financier Cette organisation prend la forme d’une secte maçonnique - pas une organisation maçonnique classique contre lesquelles nous n’avons pas de querelle – mais une organisation maçonnique de rite martiniste.
A l’origine de ce mouvement, il y a Louis-Claude de Saint-Martin, un théosophe mystique (1743-1803) qui fonda à Lyon la première loge martiniste. A cette époque, plusieurs personnalités importantes se sont réclamées de cette pensée, dont Joseph de Maistre, chef de file de la pensée réactionnaire, un employé de la Couronne de Savoie, qui fut l’un des pires ennemis de la France, y exerçant une influence néfaste tout au long du XIXème siècle. De Maistre est soupçonné notamment d’avoir inspiré la terreur jacobine, le fascisme de Napoléon et autres formes de pensée réactionnaire.
A la fin du XIXème siècle, ces idées reviennent en force avec un autre grand illuminé, un charlatan dénommé Saint Yves d’Alveydre, le premier à donner à ce système le nom de Synarchie.
Derrière ce nom se cache une organisation fasciste qui veut éliminer toute forme de parlementarisme, accusé d’être responsable de tous les maux de la société. Pour eux, la société doit être dirigée par un chef, désigné par une caste de clercs, des religieux doués d’une autorité qui leur vient de la providence divine. C’est un régime religieux, théocratique, où toutes les églises doivent être représentées.
Ces sectateurs défendaient l’idée que ce type de régime ne pourrait être établi que grâce à un chaos régénérateur, créant les conditions de l’émergence d’un nouvel ordre sur les cendres du défunt. Dans une lettre, Louis Claude de Saint Martin louait la Révolution française, sous prétexte qu’il fallait « nettoyer l’aire avant d’apporter le bon grain ». Joseph de Maistre prétendait que la révolution était un mal nécessaire, voulu par la providence, pour redonner à une élite le sens de ses devoirs et aux prophètes le goût de la prophétie et du pouvoir. Pour arriver au pouvoir, la synarchie, telle une cinquième colonne, se proposait d’agir de façon clandestine jusqu’au moment de la « cristallisation synarchique », où il faut passer à l’action.
Au-delà de ces délires mystiques, cependant, c’est surtout l’économie qui intéresse la synarchie, et avant tout le financier à qui elle donne priorité sur l’industrie et la production. La synarchie prône une organisation de type corporatiste de l’économie, sous la coupe d’une planification étatiste dictatoriale aux mains d’une élite financière, bureaucratique et technicienne.
Autre particularité de la synarchie, son rejet total de l’Etat-nation et sa prédilection pour les schémas mondialistes. Alexandre Kojève, qui a baigné dans les eaux de la Synarchie des années 30 et a participé à sa reconstitution après la Deuxième Guerre mondiale, sous la forme notamment du mouvement des néo-conservateurs américains, en donne la raison : depuis Napoléon Bonaparte, les Etats-nations ont montré leur incapacité à faire face aux empires. Par conséquent, les Etats-nations sont morts et on doit désormais procéder à la création d’empires régionaux intégrés, pouvant aboutir à l’émergence de l’empire universel homogène, imaginé par Hegel pour la fin des temps.
Les fascismes européens
C’est donc cette synarchie qui sera à l’origine des régimes fascistes en Europe, y compris celui de la Révolution nationale de Pétain. Au départ, ces pouvoirs financiers étaient du côté d’Hitler, qu’ils avaient créé pour détruire l’Union soviétique. Mais lorsque celui-ci décida de lancer son offensive à l’Ouest avant de s’attaquer au géant russe, Churchill et d’autres, qui partageaient les objectifs du fascisme mais ne souhaitaient pas se retrouver sous la botte allemande, décidèrent de se rallier à Roosevelt, le temps de détruire Hitler, avant de poursuivre leurs sales projets.
Même pendant la guerre, il est intéressant de voir comment les synarchistes, de Londres à Berlin, en passant par le Paris de Pétain, complotent toujours pour pouvoir survivre à la défaite d’Hitler et imposer leur nouvel ordre après.
En France, la quasi-totalité des hommes qui arrivent au pouvoir avec le maréchal Pétain sont des synarchistes. La plupart avaient appartenu à l’équipe Worms, l’un des éléments clés de cette organisation des financiers en France.
Le 7 janvier 1942, Anthony J. Drexel Biddle, l’ambassadeur américain, rédigea depuis Londres une lettre à Franklin Roosevelt, décrivant la clique qui contrôlait le gouvernement de Vichy en ces termes : « Ce groupe ne devrait pas être considéré comme français, pas plus que ses homologues en Allemagne ne devraient être considérés comme allemands, car les intérêts des deux sont si entremêlés qu’on ne peut pas les distinguer ; ils s’intéressent uniquement au développement de leurs jeux industriels et financiers. »
(…)
« D’un côté, Pierre Pucheu (Intérieur) et Yves Bouthillier (Economie nationale) étaient membres de la clique Worms. Selon certains, Gérard Bergeret (secrétaire général à l’Aviation) faisait partie de l’entourage personnel de Pétain, selon d’autres, du groupe Worms. A l’exception de Bergeret, presque tous les secrétaires d’Etat étaient associés à la même clique. Il y avait Jacques Barnaud (délégué général aux Relations économiques franco-allemandes et directeur général du groupe Worms) Jerôme Carpopino (Education), Serge Huard (Famille et Santé), l’amiral Platon (Colonies), René Belin (Travail), François Lehideux (Production industrielle), Jean Berthelot (Communications) et Paul Charbin (Approvisionnement alimentaire) (…) Parmi le groupe Worms, mentionnons aussi un certain nombre de responsables de moindre rang (notamment les secrétaires généraux) comme Lamirand, Borotra, Ravalland, Bichelonne, Lafond, Million, Deroy, Filipi, Schwart et Billiet. »
La clique Worms
Qu’était-ce donc que cette clique Worms ? Le groupe Worms, un géant du transport international, des compagnies minières et des sociétés financières et immobilières, tenait « sous sa coupe directe plus de la moitié de l’industrie » française, nous dit Annie Lacroix-Riz, citant des sources d’archives officielles dans Le Choix de la Défaite. Formellement, il avait été créé par la banque Lazard Frères de Paris et ses branches londonienne et new-yorkaise, pour le compte de la famille d’industriels Worms, et la maison Lazard y a bel et bien imprimé sa marque de fabrique si particulière. Mais la Banque Worms n’était que la partie émergée, le paravent de la haute finance qui, sous prétexte de lutter contre le communisme, a comploté pour l’avènement du fascisme en Europe. Worms n’était, comme le soulignent Ulmann et Azeau, que « l’un des paniers où la Synarchie avait déposé quelques-uns de ses fruits mûrs »... Pour lever toute ambiguïté sur la présumée « banque juive », Annie Lacroix-Riz montre que malgré ses fondateurs israélites, cette banque n’était pas foncièrement juive. Jacques Barnaud, son président, était « catholique pratiquant », selon « l’inspecteur spécial » de la PJ, Vilatte, chargé de l’enquête sur la Synarchie à la Libération. Le fondé de pouvoir de la banque, Gabriel Le Roy Ladurie, « ancien collaborateur de la Banque de Paris et des Pays Bas, puis de la Banque Franco-Polonaise », était catholique lui aussi, tout comme la Banque Lehideux et la Banque d’Indochine (dont le président était Paul Baudoin), qui ont rejoint le groupe Worms. Un rapport de la Direction générale de la Sûreté nationale de l’époque, cité par Annie Lacroix-Riz, indique de son côté que « la majorité des collaborateurs » de Worms étaient « protestants ».
Ce fascisme financier a été créé en France depuis Londres. Le groupe Worms, y compris lorsqu’il gouvernait sans conteste à Vichy, en pleine guerre, était dénoncé comme la plaque tournante des renseignements britanniques en France. André Ulmann et H. Azeau, auteurs de Synarchie et Pouvoir, évoquent le rôle des loges synarchistes telles la loge « anglo-saxonne » du Grand Orient et sa scission, la loge « britannique », appartenant à la Grande Loge nationale. Le rôle de la Société fabienne de Londres, une organisation de l’élite anglaise et du bureau « occulte » des renseignements anglais, est cité dans le cadre du Plan du 9 juillet 1934, un plan établi par les cercles synarchistes de Jules Romain et de Jean Coutrot, fondateur d’une organisation dénommée X-Crise et X-Information, rassemblant des polytechniciens qui furent les organisateurs des principaux réseaux synarchistes à partir du début des années 30.
Lazard Londres faisait partie du cercle financier le plus proche de la monarchie anglaise et du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Montagu Norman. Lord Robert H. Brand, associé directeur de Lazard Brothers dans les premières décennies du siècle, avait créé la Table Ronde britannique en 1906-09, autre organisation clé de l’oligarchie britannique. Il était aussi, avec le président de Lazard Brothers, sir Robert Molesworth Kindersley, un administrateur de la Banque d’Angleterre, le représentant britannique au Comité Dawes chargé de réorganiser la dette allemande en 1923.
La stratégie du chaos
Créée au début des années 20, la synarchie a d’abord agi dans le plus grand secret, par l’intermédiaire d’une kyrielle d’organisations clandestines. Elle a recruté des cadres, placé ses œufs dans tous les paniers de gauche et de droite, dans les mouvements syndicaux patronaux et ouvriers comme dans la presse. A la CGT, syndicat ouvrier, elle contrôlait René Belin, qui deviendra ministre de l’Economie et du Travail à Vichy. Mais elle contrôlait aussi les organisations patronales du type Comité de prévision et d’action sociale de Jules Verger, qui dirigeait les cellules de propagande de l’organisation patronale CGPF, ainsi que les Nouveaux Cahiers, l’organe de presse de ces milieux liés aux cartels et ouvertement pro-fascistes. Elle contrôlait, à gauche, des communistes et des socialistes devenus fascistes, tels Jacques Doriot, ancien communiste qui fonda le PPF (Parti populaire français), abondamment financé par le groupe Worms, et Marcel Déat, chef de file des néo-socialistes, inspirés par les théories du fasciste belge Henri de Man, passé du Parti socialiste de Léon Blum au fascisme.
Pendant des années, la stratégie de la synarchie a consisté à provoquer clandestinement le plus grand chaos, à travers des tentatives de putsch, des attentats terroristes et en fomentant des dissidences au sein des partis politiques.
Il y eut, en France, trois tentatives de putsch manquées :
- le putsch d’Alsace-Lorraine de 1928, instigué par le maréchal Lyautey, soutenu par un clergé pro-fasciste;
- le putsch du 6 février 1934, lorsque le colonel de La Rocque envisagea de prendre d’assaut l’Assemble nationale à la tête des Croix-de-feu, soutenues par l’Action française de Charles Maurras;
- le putsch du 17 février 1937 de la Cagoule, organisation secrète fondée par Eugène Deloncle et financée par le patron de l’Oréal, Eugène Schuller.
Dans le gouvernement du Front populaire de 1936, et malgré le fait que Léon Blum prônait une alliance avec Roosevelt, la synarchie s’était infiltrée dans le ministère de l’Economie nationale de Charles Spinasse, qui y fit entrer Jean Coutrot, fondateur de X-Crise et de X-Information.
Le Front populaire de 1936 a exacerbé la rage de la synarchie, la poussant vers des actions violentes, des tentatives de putsch comme celui de La Cagoule en 1937.
Le choix de la défaite
Après l’échec de ces tentatives de putsch, vers 1938, les synarchistes décident que la seule façon d’obtenir la victoire est de se la faire apporter par l’invasion de l’armée allemande. Il faut mettre fin à la République, « tuer la gueuse », comme ils disaient, mettant à profit l’invasion allemande pour imposer la dictature, conquérant le pouvoir au détour d’une défaite.
Entre 1938 et l’attaque allemande, les synarchistes, agissant comme une véritable cinquième colonne, mèneront des actions visant à affaiblir le potentiel de défense de la France. D’abord en négligeant les travaux de renforcement de la ligne Maginot dans la trouée de Sedan (les 44 kilomètres qui séparent Montmédy et Sedan), alors que le cinquième bureau du renseignement militaire avait entre les mains le plan authentique d’attaque de l’armée allemande contre la France... par la trouée de Sedan ! Deux civils consultés en tant qu’experts prétendirent que ce document était un faux. Il s’agissait de deux synarchistes : Bouthilliers et Baudoin.
En même temps, ils s’efforcèrent de saboter, par tous les moyens, la production militaire, qui n’avait réellement démarré qu’en 1936 avec Léon Blum. Il y eut la politique des prototypes, des commandes passées par le ministère de l’Armement qu’il fallait perfectionner à l’infini. Plus de mille améliorations ont ainsi été apportées à l’un de ces prototypes !
Il y a eu ensuite les affectations spéciales. Le ministre de l’Armement, M. Dautry, avait conçu tout un plan de réarmement qui donnerait à la France une armée moderne… en 1943 ! Pour cela, la loi autorisait la mise en affectation spéciale des hommes mobilisables dont l’activité était considérée comme indispensable à la défense nationale. L’administration prévoyait 670 000 hommes mobilisables. En fait, entre octobre 1939 et janvier 1940, l’on est passé de 837 000 affectés à 1 200 000 ! Il s’agissait pour la plupart de cadres de l’armée qui avaient été retirés des opérations de guerre et affectés ailleurs.
Le récit d’A.J. Fontenay paru dans de Sedan à Bordeaux, cité dans le livre d’Ulman et d’Azeau, explique mieux que tout comment ce sabotage eut lieu : « A quoi M. Dautry pouvait-il bien employer ces 1 208 000 hommes dérobés au devoir militaire ? Ses manufactures n’étaient pas encore construites. Les affectés spéciaux restèrent oisifs ou bien ils furent utilisés comme manœuvres pour l’édification d’usines qui ne furent jamais terminées, car au mois de juin 1940, les murs dépassaient à peine les fondations ».
« Et nos unités motorisées, elles, manquaient de spécialistes. Le commandant d’une de ces formations écrivait, en mars 1940, au général présidant la commission interministérielle de contrôle des affectations spéciales : « L’effectif de guerre de mon unité comporte quatorze spécialistes, jamais ils n’ont été au complet. J’en avais onze. On en a rappelé trois, puis trois autres, maintenant quatre autres doivent partir. Si ces derniers s’en vont, nous serons dans l’impossibilité d’assurer les réparations. La moindre panne immobilisera le véhicule et au bout de peu de temps, tout mon matériel sera inutilisable ».
Enfin, le sabotage le plus évident fut celui de l’avion de chasse le plus moderne de l’époque, le Dewoitine 520. En ce temps-là, le meilleur avion en service dans l’armée française était le Morane 406, qui n’égalait certes pas le Messerschmitt allemand. Cependant, l’ingénieur Dewoitine avait mis au point à Toulouse le Dewoitine 520, un avion qui surclassait ceux de l’armée de l’air allemande, pourtant la plus moderne du monde.
Une première commande de Dewoitine fut passée en avril 1939, et en avril 1940, la compagnie produisait déjà 200 avions par mois. Mais à partir de 1939 et jusqu’en mai 1940, le contrôleur financier de la compagnie, nationalisée en 1936, émet des doutes sur les rémunérations légales de M. Dewoitine et lance des procédures juridiques qui bloquent la production de l’avion. Le 9 juin, après l’offensive allemande, le commandant Stehlin, du groupe de chasse III/6, visite l’usine de Toulouse pour prendre livraison de l’avion, et voilà ce qu’il rapporte : « Le 9 juin, enfin, nous allons chercher à l’usine de Toulouse les douze premiers Dewoitine 520 du groupe. Nous n’avons que l’embarras du choix, tant il nous semble y avoir d’avions disponibles. Pourquoi n’ont-ils pas été tous attribués aux unités qui avaient dû combattre et continuaient à le faire, avec des avions presque périmés par rapport à ceux de la chasse allemande ? » Dès la signature de l’armistice, Stehlin sera emprisonné pour plusieurs années à Vichy.
Juin 1940 : « la divine surprise »
Tout est prêt pour la défaite. En août 1938, les principaux synarchistes, Bouthilliers, Barnaud, Baudoin, décident que leur chef, au moment de la défaite, sera Pétain, lié aux synarchistes par un pacte.
De Gaulle le confirme dans le premier tome de ses Mémoires de guerre : « Dans tous les partis, dans la presse, dans l’administration, dans les affaires, dans les syndicats, des noyaux très influents étaient ouvertement acquis à l’idée de cesser la guerre. Les renseignés affirmaient que tel était l’avis du maréchal Pétain, ambassadeur à Madrid et qui était censé savoir, par les Espagnols, que les Allemands se prêteraient volontiers à un arrangement. « Si Reynaud tombe, disait-on partout, Laval prendra le pouvoir avec Pétain à ses côtés. (…) Par milliers d’exemplaires circulait un dépliant portant sur ses trois pages l’image du maréchal, d’abord en chef de la Grande Guerre, avec la légende : « Hier, grand soldat !… ensuite en ambassadeur : « Aujourd’hui, grand diplomate !… » enfin en personnage immense et indistinct : « Demain ?…. »
Au moment de la déclaration de guerre, Pétain sait déjà qu’il va devenir le chef de la France. Ambassadeur à Madrid, il fait plusieurs voyages à Paris au début de 1940. En mars, il déclare à une source : « Ils auront besoin de moi dans la deuxième quinzaine de mai », et à une autre, « je crois que je ne resterai plus longtemps en Espagne ».
Quel est le grand plan poursuivi par ces comploteurs ? Selon Ulmann et Azeau, « cette bonne paix, entre gens du même monde, permettrait l’instauration en Europe d’un ordre nouveau, un ordre synarchique qui ne serait pas celui d’Hitler, ni de Mussolini, tombé au rang de faire valoir du Führer, mais l’ordre européen de von Papen et de Goering, celui de Lord Halifax, de Pierre-Etienne Flandin, de Ciano, de Franco », c’est-à-dire les vrais banquiers et négociants qui manipulent les fascistes.
Le général Beaufre raconte comment tout s’est joué en un jour. Au soir du 13 mai 1940, les Allemands attaquent à Sedan et franchissent la Meuse avec l’infanterie. Une fausse rumeur prétendant que le front a été enfoncé sème la pagaille, qui aboutit à la défaite.
Le général Gudérian, qui dirigeait l’attaque de l’armée allemande, a déclaré après : « Nous savions qu’entre Montmédy et Sedan, la puissante structure de la ligne Maginot faisait place à un système bien plus faible ».
Le général Gamelin sera aussitôt remplacé à la tête de l’armée par le général Weygand, un autre synarchiste.
A Bordeaux, l’armistice
Dès lors, tout se précipite. Gamelin annonce la cessation des combats. Pétain et Weygand se prononcent pour l’armistice. Le 15 juin, le gouvernement se déplace à Bordeaux, où Pétain, vice-président du Conseil, est entouré des synarchistes Bouthilliers, Baudoin, Alibert, Marquet, et aussi de Pierre Laval, plus proche des nazis que des synarchistes.
Dans quel état se trouvait Pétain à 84 ans, c’est l’historien Kammerer qui nous le dit : « Défiant, Laval avait tout son plan politique fait et construit. Il comportait essentiellement «la mise en charte privée du maréchal», d’après lui «lucide seulement deux heures par jour et simple buste de parade». Un premier succès prometteur fut enregistré : on réussit à le chambrer, à le capturer. Marquet, le maire et député socialiste de Bordeaux, le sachant sensible à son confort, mit à sa disposition un appartement à l’Hôtel-de-Ville et il était chez lui aussi dans le cabinet du maire dont il se servit comme d’un bureau contre le chef du gouvernement. Ainsi, on pouvait agir sur le Maréchal de nuit et de jour et il ne s’en apercevait pas. Cela assoit la certitude que tous les papiers lus par lui : déclarations, démission, étaient rédigés dans l’officine Laval-Marquet auxquels se joignit rapidement Bergery. »
Les tensions au sein du gouvernement sont au plus haut. Certains veulent exiler le gouvernement en Afrique du Nord. Pétain et les synarchistes sont pour la signature de l’armistice et la politique de collaboration. Le 15 juin, Paul Reynaud démissionne par lassitude et recommande Pétain comme président du Conseil. A minuit, Baudoin demande à l’ambassade d’Espagne de transmettre aux Allemands le souhait du gouvernement Français d’entamer les négociations.
Le 10 juillet, c’est la mort de la République, le Parlement votera les pleins pouvoirs à Pétain : « L’Assemblée nationale donne tous pouvoirs au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer, par un ou plusieurs actes, une nouvelle Constitution de l’Etat français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la Patrie. Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. »
Le 11 juillet, le maréchal Pétain signera trois actes : 1) il abroge la présidence et assume les fonctions de chef de l’Etat ; 2) il s’attribue tous les pouvoirs ; 3) il ajourne le parlement qui ne pourra plus se réunir que « sur convocation du chef de l’Etat ».
La « synarchie de gauche et même socialiste », comme le rapportent Ulmann et Azeau, se rallie à Pétain dans une déclaration de Charles Spinasse, qui fait mal encore aujourd’hui : « Le Parlement va se charger des fautes communes. Ce crucifiement est nécessaire pour éviter que le pays ne sombre dans la violence et l’anarchie. Notre devoir est de permettre au gouvernement de faire une révolution sans que coule le sang. Si l’autorité du maréchal Pétain rend possible cette tâche, alors le don qu’il nous aura fait de sa personne n’aura pas été vain. Que notre décision soit sans appel : elle engage définitivement la France. (…) Nous avons cru à la liberté individuelle, à l’indépendance de l’homme. Ce n’était qu’une anticipation sur un avenir qui n’était pas à notre portée. Une nouvelle foi doit naître sur des valeurs nouvelles... »
Le fascisme financier
L’une des premières tâches sera la mise en coupe réglée de l’économie en faveur des financiers. C’est ici qu’entre en scène le groupe Worms, dont trois membres participent à la rédaction du texte de la loi du 16 août 1940 : René Belin, Jacques Barnaud, Bichellone. Elle instaure une véritable dictature étatiste de l’économie, avec des comités d’organisations pour chaque branche de l’industrie, dirigés par un seul chef et qui font l’intermédiaire entre l’Etat et les entreprises. Cette loi du 16 août donne tout pouvoir à l’Etat sur le patronat.
Avec la loi du 16 août 1940, « la Synarchie bancaire se voit attribuer la totalité du pouvoir économique aux dépens de ceux qui en tenaient jusqu’alors les principaux leviers, c’est-à-dire le patronat industriel et ses organisations professionnelles. Tout se passe comme si, le 16 août 1940, à la faveur de la défaite, le patronat était passé entièrement sous la coupe des mafias bancaires ».
Le 13 décembre 1940, Laval, le seul non synarque mais plus proche allié d’Hitler dans le gouvernement de Pétain, est éjecté du pouvoir et la Synarchie règne seule en maître sur les affaires de la France. Il sera remplacé au ministère des Affaires extérieures par Pierre-Etienne Flandin, que la City de Londres lui a préféré ! (Ce dernier sera d’ailleurs sauvé par l’Angleterre après la guerre.) Les nazis imposeront le retour de Laval aux affaires en 1942, lorsque l’effort de guerre russe et américain exige d’eux de prendre le contrôle total de la France.
Après Vichy
C’était la pétaudière de Vichy, comme disait François Mitterrand.
Le problème est qu’à la mort de Roosevelt, tout ce beau monde put réintégrer la société civile. En 1945, dans un texte intitulé Doctrine d’une politique étrangère pour la France, Alexandre Kojève, un synarchiste franco-russe qui a joué un rôle central dans l’avènement de l’Union économique et monétaire européenne, propose que tous les adeptes de la Révolution nationale de Pétain soit réintégrés dans la société, car, même s’ils ont pu commettre des erreurs, ce sont des gens qui ont su aller au bout de leurs convictions…
John Foster Dulles, celui qui négocia avec Hjalmar Schacht, après la Première Guerre mondiale, la création des cartels pour le compte de JP Morgan et d’autres fortunes anglo-américaines, organise avec son frère Allen Dulles, le fondateur de l’OSS (l’ancêtre de la CIA), ce qu’on a appelé en anglais les « rat lines », ou « la route des monastères ». Ce sont les filières qui permirent à leurs alliés dans le camp fasciste de s’enfuir, échappant à tout jugement. Les changements de camp et les ralliements avaient commencé dès le début 1942, lorsque certains, réalisant qu’Hitler serait vaincu, ont commencé à prendre des contacts avec eux et à intégrer les réseaux de la Résistance. Aujourd’hui on les appelle les « vychisto-résistants ».
Parmi eux se trouvait un certain François Mitterrand, qui avait milité dans la Cagoule, ainsi qu’Eugène Deloncle, le dirigeant de cette organisation putschiste, et son financier, Eugène Schueller, magnat de la firme L’Oréal. La fille de ce dernier, Liliane, était mariée à un personnage qui allait jouer également un rôle de premier plan dans la post-guerre, André Bettencourt, qui avait été pendant la guerre le propagandastaffel allemand en France, directement sous la responsabilité de Goering. En 1942, Bettencourt rencontre Allen Dulles en Suisse et commence à organiser son passage du côté américain, ainsi que celui de ses proches parmi lesquels François Mitterrand. Bettencourt est revenu au pouvoir en France, surtout avec George Pompidou. Mais Mitterrand, à la fin de son mandat, aurait songé à le prendre comme Premier ministre, se désistant finalement par crainte que cela ne fasse ressortir tout son passé vichyste.
La synarchie de la post-guerre s’est employée aussi à recréer la situation qui existait dans les années 20 et 30, où la Banque de France, gérée par les 200 familles les plus riches, exerçait un pouvoir tyrannique sur l’ensemble du pays, pesant de tout son poids sur le choix des gouvernants et de leurs programmes politiques. Comme vous pouvez le lire dans un article que j’ai écrit récemment sur l’histoire de l’Union économique et monétaire, on peut tracer un fil rouge entre l’Union économique et monétaire proposée par Jacques Delors en 1989, un projet élaboré par les banquiers centraux qui a donné le pouvoir monétaire à une Banque centrale européenne, indépendante de tout pouvoir politique, et certains milieux sortis tout droit de la synarchie vichyste des années trente. Les premiers à avoir conçu cette UEM étaient un certain Robert Marjolin, ainsi qu’Alexandre Kojève, émigré franco-russe qui remit au goût du jour la pensée de Hegel, notamment l’idée que ce qui doit déterminer la marche du monde est la dialectique du maître/esclave et la nécessité d’aller vers un empire universel homogène qui constituera la fin de l’histoire. Parmi les acteurs importants dans la création de cette UEM, tous ou presque étaient d’anciens synarchistes comme François Mitterrand, par exemple, ou liés à des synarchistes, comme Raymond Barre, un proche d’Alexandre Kojève.
Soixante ans après la fin de la guerre, comme nous pouvons le lire dans un article ci-joint, le capital financier a réussi à rétablir ce capitalisme basé sur la spéculation folle et le pillage des populations et des richesses de la nation, qui avait conduit au fascisme et à la Deuxième Guerre mondiale. A nous, cette fois, d’organiser une sortie de crise qui, comme dans le cas de Franklin Roosevelt aux Etats-Unis, permette la refondation de la République.
Bibliographie :
André Ulmann et Henri Azeau, « Synarchie et Pouvoir » chez Julliard.
Laurent Chemineau, « L’Incroyable histoire de Lazard Frères », Ed. Assouline.
Annie Lacroix-Riz, « Le Choix de la Défaite », Armand Colin.
Pierre Beaudry, Tony Papert « Comment la Synarchie noyauta l’Etat français », dans Nouvelle Solidarité du 27 janvier 2006.
Sources : Solidarité et progrès
Posté par Adriana Evangelizt