La Cour suprême met un frein aux pouvoirs étendus de Bush
Mais ne pas oublier quand même qui est derrière Bush et qui s'est vraiment arrogé le pouvoir...
La Cour suprême met un frein aux pouvoirs étendus de Bush
La décision prise jeudi par les juges de la Cour suprême marque ‘la fin de l'état d'urgence sécuritaire qui a dominé pendant près de cinq ans’, selon le commentateur David Ignatius dans un point de vue publié dans le Washington Post. ‘Après le 11 Septembre, le vice-président Cheney et son conseiller juridique David Addington ont réclamé pour l'exécutif un pouvoir illimité. Ils ont intimidé ou ignoré les critiques au sein de la Maison Blanche et ont créé un système secret hors du contrôle des deux autres branches du pouvoir’, le législatif et le judiciaire, ajoute-t-il. La décision montre que ‘même le président doit se soumettre au droit’, renchérit Jonathan Turley, professeur de droit à l'université George Washington, à Washington. L'invalidation des tribunaux d'exception de Guantanamo ‘concerne davantage la tentative du président de redéfinir la présidence que les tribunaux eux-mêmes’, estime-t-il. Mais des républicains contestent cette interprétation. ‘Ce n'est pas le revers majeur décrit par les journaux’, a affirmé vendredi le sénateur John Cornyn sur la chaîne de la télévision Fox News. Selon lui, une solution peut facilement être trouvée : ‘Tout ce que avons à faire est de voter une loi disant que nous adoptons ces tribunaux militaires’. En 2004, la Cour suprême avait déjà mis un frein aux pouvoirs que le président Bush s'était octroyés après le 11 Septembre. Dans le jugement, dit ‘Hamdi contre Rumsfeld’, elle avait limité la capacité de l'administration Bush à détenir des prisonniers indéfiniment sans procédure légale.
Ce n'est pas la première fois dans l'histoire américaine récente que le pouvoir exécutif est canalisé. En 1973, le Congrès américain avait voté la Loi dite sur les pouvoirs de guerre en réaction à la manière dont les présidents Lyndon Johnson et Richard Nixon avaient mené la guerre du Vietnam sans l'approbation du Congrès. La loi donne 90 jours au président pour obtenir l'accord du Congrès après avoir envoyé des troupes au combat. Le vice-président Dick Cheney, qui a une très grande influence au sein de l'administration, estime, selon de nombreux commentateurs, que l'exécutif américain doit retrouver le pouvoir qu'il a en partie cédé à la suite du scandale du Watergate en 1974.
Le magazine américain le New Yorker a publié dans sa dernière édition un long portrait de David Addington, le conseiller juridique du vice-président. Cet homme de l'ombre est décrit par l'auteur de l'enquête, Jane Mayer, comme ayant ‘joué un rôle central dans l'élaboration de la stratégie juridique de l'administration concernant la guerre contre le terrorisme’. Cette stratégie considère que le président, en tant que commandant en chef, a le pouvoir de passer outre les règles qui encadrent l'exercice du pouvoir - que ce soit l'interdiction de la torture, des détentions secrètes ou des écoutes extrajudiciaires -, si la sécurité nationale l'impose. Au nom de la ‘guerre contre le terrorisme’, la Cia détient ainsi au secret des islamistes soupçonnés de terrorisme et les services de renseignement ont procédé à des écoutes de communications téléphoniques entre les Etats-Unis et l'étranger au détriment du respect de la vie privée.
Sources : Walf Fadjri
Posté par Adriana Evangelizt