Les assassins continuent leurs basses oeuvres en Irak en se faisant encore passer pour un autre groupe inconnu... ils ont utilisé le même site qu'Al Qaïda, comme par hasard. Ceci dit, certain membre du gouvernement irakien pense "qu'il s'agissait »d'un complot fomenté par des ennemis extérieurs», qu'il n'a pas nommés.
Attentat antichiite à Bagdad, une députée sunnite enlevée
Au moins 66 personnes ont été tuées et une centaine blessées samedi dans un attentat dans un quartier chiite de Bagdad, l'un des plus sanglants depuis le début de l'année, tandis qu'une députée sunnite a été enlevée avec sept de ses gardes.
Ces violences confessionnelles ont coïncidé avec l'arrivée du Premier ministre Nouri al-Maliki en Arabie saoudite, première étape d'une tournée qui le conduira aux Emirats arabes unis et au Koweït où il va tenter d'obtenir un soutien à son plan visant à insérer dans le processus politique les sunnites récalcitrants.
En début de soirée, »les Partisans de la communauté sunnite», un groupe jusque là inconnu, a revendiqué l'attentat, dans un communiqué diffusé sur un site habituellement utilisé par des groupes insurgés sunnites, mais aussi par des groupes liés à Al-Qaïda.
»Il y a eu au moins 66 martyrs et 98 blessés», a affirmé le vice-ministre de la Santé Sabah al-Husseini, à propos de l'attentat commis à une heure de grande affluence et qui a provoqué d'énormes destructions autour d'un marché de Sadr City, le grand quartier chiite de Bagdad.
Selon lui, l'auteur de l'attaque est un kamikaze à bord d'une camionnette remplie d'explosifs dissimulés sous des cageots de fruits.
Une vingtaine de voitures ont été détruites et une cinquantaine d'échoppes éventrées ainsi que des appartements. Les débris de verre se mêlaient aux flaques de sang tandis que des miliciens de l'Armée du Mehdi du chef radical chiite Moqtada Sadr s'étaient déployés en force.
L'un d'eux, affirmant s'appeler Fouad, a reproché à l'armée irakienne et aux militaires américains de ne rien faire pour empêcher ces d'attentats, alors que des enfants ont jeté des pierres sur un convoi militaire américain qui a rebroussé chemin.
L'explosion a eu lieu malgré un dispositif de sécurité mobilisant dans Bagdad plus de 50.000 hommes: des policiers et soldats irakiens ainsi que des militaires américains.
Par ailleurs, une députée sunnite du Front national de la concorde, Taysir Najah Awad al-Machhadani, a été enlevée avec ses gardes.
Une source de sécurité a précisé que son convoi avait été intercepté à Chaab, quartier à dominante chiite dans le nord de Bagdad par des hommes armés à bord de deux véhicules alors qu'elle revenait de Ghalbiyah, à 35 km au nord de la capitale.
Selon ses proches, un des huit gardes à réussi à s'enfuir. Agée d'une trentaine d'années, mère de deux enfants, elle est ingénieur dans une compagnie publique basée à Baaqouba, à 60 km au nord de Bagdad.
Le Front national de la concorde est le principal bloc parlementaire sunnite avec 44 députés sur 275 sièges.
La classe politique a condamné l'attentat mais sans être d'accord sur les coupables. Le député chiite Jalal Eddine al-Saghir, à l'issue d'une rencontre à Najaf avec le grand ayatollah Ali Sistani, le plus prestigieux des chefs religieux chiites en Irak, a affirmé qu'il s'agissait »d'un complot fomenté par des ennemis extérieurs», qu'il n'a pas nommés.
Il a indiqué que le chef spirituel chiite partageait son avis. Cheikh Saghir a souvent accusé la Jordanie et l'Arabie saoudite de fermer les yeux sur les infiltrations d'extrémistes sunnites en Irak.
Pour sa part, un lieutenant de Moqtada Sadr, Riyad al-Nouri, s'en est pris indirectement aux sunnites en critiquant ceux qui siègent au gouvernement mais »flattent les terroristes en leur décernant des brevets de nationalisme».
En revanche, le parti islamiste du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi a stigmatisé »les ministres de l'Intérieur et de la Défense dont le plan de sécurité n'a pas empêché» l'attentat de Sadr City et le rapt de la députée.
En outre, près de 500 prisonniers ont été relâchés dans le cadre de l'amnistie décrétée par M. Maliki, ce qui porte les libérations à près de 3.000 depuis le début juin.
Dans un communiqué, l'ambassadeur américain à Bagdad Zalmay Khalilzad a annoncé de nouvelles libérations et d'autres gestes pour faciliter la réconciliation, sans préciser lesquels.
Par ailleurs, huit personnes, dont cinq policiers et un soldat, ont été tuées dans des attaques à Bagdad et dans le nord du pays.
Dans le sud de Bagdad, six corps non identifiés ont été extraits d'une maison en construction et les corps de 4 soldats enlevés la veille ont été retrouvés à Kirkouk, à 250 km au nord de la capitale.
Sources : Tageblatt
Posté par Adriana Evangelizt