L'enquête sur le massacre de Haditah baclé
L’enquête sur le massacre de civils à Haditha bâclée
Une enquête menée par l’armée américaine révèle que des gradés du corps des «marines» n’ont pas cherché à vérifier les comptes-rendus qui leur ont été faits de la mort de quelque 24 civils irakiens l’an dernier à Haditha, selon des médias américains.
Il s’est rapidement avéré que la première version fournie – le décès de ces civils était dû à l’explosion d’une bombe – était fausse, mais les enquêteurs se sont aperçus qu’aucun officier supervisant les soldats concernés ne l’a remise en question, malgré plusieurs indices qui auraient dû les alerter, rapporte la chaîne CBS News.
Les autorités irakiennes accusent des marines d’avoir abattu 24 personnes, dont des femmes et des enfants, dans leurs maisons à Haditha, après le décès de l’un des leurs dans l’explosion d’une bombe. Il s’agit de la pire exaction commise par les forces américaines en Irak depuis l’invasion de ce pays en 2003.
Selon des responsables politiques ayant eu accès à certains documents figurant dans ce dossier, elle mènera probablement à des inculpations de meurtres prémédités. Le versement par un officier des marines de 38 000 dollars de dédommagements aux familles des victimes semble indiquer lui aussi que la version initiale est fausse, rapporte CBS, citant le rapport d’enquête.
Trois marines américains ont été tués hier lors d’une opération dans la province d’Al-Anbar, dans l’ouest de l’Irak, a annoncé l’armée américaine dans un communiqué. L’Iran devait accueillir hier une conférence régionale sur la sécurité en Irak, au cours de laquelle il devrait réitérer son appel à un retrait rapide des forces de la coalition de ce pays voisin.
Un transfert de contrôle de la sécurité.
Les Etats-Unis entendent seulement céder progressivement le contrôle de la sécurité aux Irakiens dans 9 des 18 provinces du pays avant la fin de 2006, sans s’engager sur un calendrier de retrait de leurs troupes.
La force d’occupation aura cependant dans les provinces passées, sous contrôle irakien, un rôle de «supervision», a précisé un haut responsable militaire américain, le général Kurt Chichowski. Il n’a pas indiqué si ce transfert conduira à une réduction des 127 000 troupes américaines en Irak.
Par ailleurs, 368 détenus ont été libérés hier dans le cadre de l’amnistie décrétée par le Premier ministre Nouri Maliki, ce qui porte les libérations à plus de 3 000 depuis le début de juin. Ces libérations concernent des détenus soupçonnés de liens avec la guérilla, sans toutefois avoir commis de crimes de sang.
Selon les chiffres de l’armée américaine, il reste environ 14 000 détenus dans les centres qu’elle gère. M. A.
Sources : Le Jeune Indépendant
Posté par Adriana Evangelizt