Ma grand-mère disait "Il faut lire, en lisant on apprend beaucoup de choses." Elle faisait malheureusement partie d'une génération où l'école et la lecture n'étaient pas forcément obligatoires. Nous posons donc sur ce blog des articles qui ne sont pas toujours d'actualité -d'une date surannée- pour que vous compreniez certains aspects qui auraient pu vous échapper dans ce monde compliqué et dangereux où nous vivons.
A lire donc "Chirac contre Bush. L'autre guerre." Un livre paru en 2004 qui fourmille d'informations que l'on ne trouve pas dans les médias traditionnels. Ainsi, depuis le départ nous vous disons que la France est espionnée par les Usa bien sûr -mais il y a aussi le Mossad grâce à l'entregent de notre ministre de l'intérieur- qui non content d'avoir mis sous écoute l'ONU n'ont pas non plus épargné Paris. Et quand on y réfléchit bien, ceci est bien dans l'ordre des choses. Le Net déjà est une de leurs inventions dont ils gardent le brevet. Les idéologues américains anticipent toujours sur leurs actions. S'ils ont mis le Net à disposition du monde c'est pour mieux surveiller la dissidence dont nous sommes fiers de faire partie. Parce que nous n'adhèrerons jamais à l'ordre établi par les faiseurs de guerre dont le bonheur des Peuples est le cadet des soucis. Sinon... nous ne serions pas où nous en sommes...
Chirac contre Bush. L'autre guerre
Henri Vernet et Thomas Cantaloube - Paris, JC Lattès, 2004, 350 p.
Dans un récit enlevé et truffé de révélations, Henri Vernet et Thomas Cantaloube relatent l’histoire des relations franco-américaines depuis l’élection de George W. Bush. La crise puis la guerre irakienne constituent le décor de ce récit qui a le mérite de démonter les ressorts psychologiques de l’opposition et les relations compliquées entre les présidents français et américain, sans pour autant s’arrêter à ce seul aspect.
Il est en effet important de comprendre pourquoi G. W. Bush a pu être agacé par les références constantes que faisait Jacques Chirac aux relations qu’il entretenait avec son père, lui qui voulait prouver qu’il ne devait rien à personne. Mais le récit de H. Vernet et T. Cantaloube ne s’arrête pas au seul aspect psychologique et montre bien les différences d’intérêts et de conceptions, voire les différentes visions du monde qui animaient les deux présidents, chacun incarnant de façon emblématique son pays et sa diplomatie nationale.
Parmi les scoops de cet ouvrage figure la révélation de l’existence de préparatifs militaires poussés en France en prévision d’une éventuelle participation à la guerre d’Irak, et ce, dans l’éventualité où le pouvoir politique français en aurait décidé ainsi, par exemple si Saddam Hussein avait refusé les inspections. Les auteurs exposent également la façon dont s’est élaboré le discours sur l’« axe du Mal » prononcé par G. W. Bush, qui marqua une phase importante de l’évolution de la position américaine après le 11 septembre 2001, ou la façon dont la résolution 1441 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) – votée à l’unanimité – a été négociée. Ils citent par ailleurs cette phrase terrible de Condoleeza Rice : « Les dirigeants arabes seront à nos côtés, ce sont des autocrates, ils ont suffisamment de pouvoir dans leurs pays pour écraser toute dissidence qui deviendrait dangereuse. Nous ne sommes inquiets » (p. 143). On est loin ici du discours sur l’expansion de la démocratie dans le monde prôné par l’Administration Bush.
H. Vernet et T. Cantaloube révèlent par ailleurs l’existence d’écoutes que les Américains auraient réalisé non seulement au siège de l’ONU, mais, apparemment, également à Paris. Les auteurs précisent d’autre part que la menace de l’usage du droit de veto par la France, qui a été aussi critiquée et qui n’était certes pas indispensable, s’explique par la nécessité de couvrir les « petits pays » et notamment les six membres non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Angola, Guinée, Cameroun, Mexique, Chili, Pakistan). En effet, une abstention les aurait obligé à voter en faveur de la guerre en Irak de peur des représailles américaines. La menace du droit de veto français leur a donc servi de paravent. De même, le livre fait un point intéressant sur les manifestations francophobes aux États-Unis qui sont allées jusqu’à des prises à parti violentes de certains de nos concitoyens. Bref, il s’agit d’une description historique et alerte du bras de fer franco-américain à propos de la guerre d’Irak.
Posté par Adriana Evangelizt