Le syndrome de Néron

Publié le par Adriana Evangelizt

Le syndrome de Néron

par Amine Lotfi

Le président George Bush n’a qu’un mot à dire pour mettre fin au bain de sang qu’endure le Liban. Au lieu de cela, il se montre insatisfait des résultats de l’offensive israélienne, trop peu concluante à ses yeux pour justifier un cessez-le-feu. Il faudrait peut-être, pour cela, que le Liban brûle intégralement. Et c’est une manifestation effarante du syndrome de Néron, cet empereur romain qui se délectait de l’incendie de Rome, déclamant des vers célébrant la chute de Troie, alors que les flammes dévoraient la ville. Que gagne le président américain à mettre le Liban à feu et à sang, lui qui a déjà placé l’Irak, et à un degré moindre, l’Afghanistan face au péril d’une sanglante implosion. Le Liban est appelé aujourd’hui à subir le même sort, et Israël a reçu mandat de l’Amérique pour nettoyer ce pays qui venait tout juste de sortir de terribles épreuves et se tournait vers les enjeux de l’avenir. Ce Liban-là a été poignardé dans le dos. Et c’est le président George Bush qui a voulu lui porter le coup fatal en faisant corps avec l’agresseur israélien et en sabordant tout effort diplomatique susceptible d’aboutir au rétablissement de la paix. Une paix que tous les peuples exigent, car il en va de la survie du Liban dont les enfants sont arrachés à la vie par les bombes que déverse l’armée israélienne. Des bombes dont chacun sait qu’elles sont fournies à l’Etat hébreu par l’Amérique. Le Liban étant si durement frappé par le biais d’Israël, la question se pose de savoir les motivations de la véritable croisade que conduit le président George Bush contre les pays musulmans. Ayant pris pied en Irak et en Afghanistan, il se montre ouvertement menaçant envers l’Iran et la Syrie. Le président américain qui a publiquement parlé de « fascisme islamique » ne se laisse pas simplement aller à un dérapage sémantique. Il exprime tout son ressentiment envers la communauté musulmane dans son ensemble. Il ne tient pas à cet égard le langage de la sagesse et de la raison, engageant du coup son pays dans les excès du bellicisme. Cela risque de nourrir de féroces extrémismes qui ne feront pas la part des choses. Les nouveaux Néron qui alimentent au Proche-Orient les brasiers destructeurs risquent d’être les premiers à s’y brûler les doigts. Il ne faut donc pas attendre de ces pyromanes obstinés qu’ils jouent au Liban ou en Palestine le rôle salvateur du pompier.

Sources :  El Watan

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LIBAN

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