Meurtre d'Anna Politkovskaïa
L'assassin a commis son crime à visage découvert, sans masque devant la vidéo surveillance. Ce qui signifie bien qu'il savait très bien qu'il ne risquait rien car il disparaîtrait très vite de la circulation. A notre avis, c'est un tueur à gages étranger...
On peut se poser la question pourquoi cet assassinat a eu lieu maintenant ? Ne serait-ce pas pour en faire porter le chapeau à Poutine alors qu'il est en plein déboire avec la Géorgie... ? Non pas que nous voulions exempter Poutine, nous connaissons et condamnons sa position sur la Tchétchénie. Ce qui s'y passe est horrible et la Tchétchénie est une de nos causes. La Tchétchénie est comme la Palestine, la communauté internationale laisse pourrir le problème sans apporter de solution. Cependant, le fait que l'assassin ait opéré à visage découvert est quand même un indice de taille. S'il avait été du "coin", il aurait été plus prudent. Mieux, il aurait jugulé la caméra, or il ne l'a pas fait. Certes, Lundi, la journaliste devait écrire un article avec photos à l'appui des tortures que subissent les Tchétchènes et elle vouait Kadyrov aux gémonies, avec juste raison, mais le problème ne se situerait-il pas ailleurs ? N'a-t-on pas voulu toucher Poutine à l'heure où il se montre intransigeant avec la Géorgie ? Et ce tueur à gages ne viendrait-il pas d'un lointain ailleurs pour avoir agi démasqué ?
Meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa :
nouveaux détails de l'enquête
Les expertises prévues dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa ont pour but d'établir si elle a été tuée par un pistolet Makarov découvert sur le lieu du crime, ou si l'arme a été déposée spécialement près du corps.
Anna Politkovskaïa, commentatrice du bihebdomadaire Novaïa Gazeta, a été tuée samedi soir à l'entrée de sa maison au centre de Moscou de deux balles, dont l'une dans la tête. Les organes judiciaires disposent d'un enregistrement vidéo représentant l'assassin présumé.
Selon une source du groupe d'enquête, la journaliste a été suivie durant tout son trajet, l'assassin connaissait le code de l'entrée de sa maison. "Le crime avait été planifié et minutieusement préparé. Mais il est bizarre que le criminel n'ait pas débranché la caméra de surveillance et ait agi à visage découvert", a souligné la source, ajoutant que l'assassin ne portait pas de masque.
Les enquêteurs, qui vérifient actuellement les appels entrant et sortant du téléphone mobile d'Anna Politkovskaïa, ont travaillé toute la nuit à la rédaction de Novaïa gazeta. Après une perquisition, ils sont sortis du bureau de la journaliste avec deux boîtes remplies de papiers. "Elles contenaient des lettres reçues par Anna Politkovskaïa, ses notes quotidiennes, des manuscrits et le disque dur de son ordinateur", a fait savoir à RIA Novosti un employé de Novaïa gazeta qui a assisté à la perquisition. Les lettres constituent la majeure partie des pièces saisies.
Versions de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa
"A notre avis, ce meurtre doit être mis sur le compte de ses activités professionnelles. Bien entendu, l'enquête répondra aux questions, mais nous la connaissions mieux", a déclaré Vitali Yaroshevsky, rédacteur en chef adjoint de Novaïa gazeta.
Le journaliste Alexandre Khinchtein, député à la Douma, estime également qu'Anna a été tuée pour ses activités professionnelles, il en est "certain à 90 %". "Anna Politkovskaïa se distinguait par son intransigeance", par conséquent, "l'un des "héros" (de ses publications) lui a réglé son compte", a expliqué Alexandre Khinchtein son point de vue.
Mais cette version est contreversée. L'activité professionnelle n'a rien à voir avec l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, estime Vladimir Mamontov, rédacteur en chef des Izvestia. En même temps, le journaliste n'a pas émis d'hypothèses pour expliquer le meurtre. "Je ne veux pas disserter au sujet d'un assassinat politique", a fait remarquer Vladimir Mamontov.
Selon Alexeï Venediktov, rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou, Anna Politkovskaïa "portait atteinte aux intérêts de puissants groupes politiques", elle faisait partie des journalistes "les plus intransigeants, courageux et honnêtes". Selon Alexeï Venediktov, on lui avait maintes fois conseillé de prendre des gardes du corps, mais elle estimait que c'était inadmissible pour un journaliste.
De l'avis de Vladimir Jirinovski, vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe), les commanditaires du crime "sont probablement ceux qui étaient ciblés dans ses articles". En règle générale, dans ses interviews et articles, Anna Politkovskaïa ne faisait pas d'allusions, elle citait les noms et les crimes, a rappelé le vice-président de la Douma. "De toute évidence, ces gens lui en gardaient rancune et, lorsque l'occasion s'est présentée, ils ont décidé de la punir".
L'ONG américaine Committee to Protect Journalists a qualifié la mort tragique d'Anna Politkovskaïa de meurtre commandité pour ses publications sur la Tchétchénie.
Rappelons qu'Anna Politkovskaïa, auteur de l'ouvrage documentaire, "Voyage en enfer. Journal tchétchène", s'était vu attribuer, en janvier 2000, le prix "Plume d'or de Russie" pour une série de reportages en Tchétchénie. Parmi d'autres prix décernés à la journaliste, il faut citer celui de l'Union des journalistes de Russie "Bon acte - bon coeur", le prix de l'Union des journalistes pour ses articles sur la lutte contre la corruption, ainsi que le diplôme Gong d'or-2000 attribué pour une série de publications sur la Tchétchénie.
L'instruction n'exclut pas la version de l'assassinat pour ses activités professionnelles. Le parquet a engagé une action en justice pour "meurtre prémédité". Une autre version est le crime crapuleux.
"Le devoir sacré des organes judiciaires russes est de retrouver les commanditaires de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa", estime Vladimir Loukine, Commissaire russe aux droits de l'homme. "La réputation de notre pays en dépend", a-t-il souligné.
Cependant, selon la militante des droits de l'homme Lioudmila Alexeieva, il est peu probable que l'assassin soit retrouvé. "Notre police ne retrouvera pas l'assassin et nous ne connaîtrons pas le mobile du crime", estime Lioudmila Alexeieva.
Le personnel de Novaïa gazeta a l'intention d'effectuer sa propre enquête. "L'expérience prouve que nous pouvons obtenir plus d'informations que les organes judiciaires. Tout simplement ils n'ont pas accès aux informations que nous pouvons obtenir", a expliqué Oleg Khlebnikov, rédacteur en chef adjoint de Novaïa gazeta.
Sources : Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt