Un canadien torturé et violé en Arabie Saoudite
Les amis saoudiens de Bush sont à mettre dans le même panier que les bourreaux d'Abou Graib... ils violent même les hommes quand ils les interrogent. On se demande franchement comment des individus pareils existent dans notre monde. Comment est-ce possible ? On ne se voit pas du tout en train de torturer Cheney, par exemple, et d'être excités au point de le violer. Ces sinistres sont vraiment complètement malades du ciboulot.
La croisade d'un condamné à mort
par Hugo Meunier

Condamné à la décapitation, suspendu la tête en bas à une tige d'acier, enchaîné debout pour l'empêcher de dormir, battu et même violé, le Canadien William Sampson poursuit aujourd'hui sa longue croisade pour obtenir justice, après avoir moisi pendant 31 mois dans une prison d'Arabie Saoudite pour un crime qu'il jure n'avoir jamais commis.
William Sampson, un Canadien qui habitait Vancouver, a toujours soutenu avoir été forcé d'avouer l'attentat à la voiture piégée pour lequel il a été condamné à mort en 2000. Abandonné au fond d'un lugubre cachot jusqu'en 2003, le Canado-Britannique, aujourd'hui âgé de 47 ans, a ensuite protesté contre son sort avec l'énergie du désespoir. «Je vivais nu. J'ai refusé de me laver durant deux ans. Je me couvrais de mes propres excréments», s'est remémoré hier l'ex-prisonnier, rencontré dans un parc du centre-ville de Montréal.
Coiffé d'une casquette de style écossais, le front un peu dégarni et la bouille sympathique, William Sampson ressemble à n'importe qui. Si son apparence ne laisse rien deviner des agressions subies, ses yeux clairs reflètent toujours l'horreur, l'humiliation, l'impuissance et la souffrance vécues. Des émotions que William Sampson cache aujourd'hui derrière quelques blagues teintées de cynisme et sa façon un peu nerveuse de fumer.
Soutenu par Amnistie internationale, il a présenté hier soir une conférence sur son expérience, dans le cadre de la journée contre la peine de mort.
Le cauchemar de William Sampson a débuté en 2000. Biochimiste de formation, il était alors consultant pour une banque saoudienne. Il habitait l'Arabie Saoudite depuis deux ans.
Le 17 novembre 2000, l'explosion d'une voiture a fauché la vie d'un ingénieur britannique. Les autorités saoudiennes ont relié cet attentat à une guerre entre contrebandiers d'alcool occidentaux et procédé à des arrestations. William Sampson était du nombre. «Mon arrestation s'est déroulée devant ma maison. Trois individus sont sortis d'une voiture et m'ont frappé, avant de me bander les yeux», raconte William Sampson.
Il se souvient de son premier interrogatoire. «Les agressions ont aussitôt commencé. On m'a frappé à la plante des pieds.». Il a ensuite été jeté dans une cellule de la prison d'Al-Harr. Seul. Il ne voyait personne que ses geôliers, qui étaient aussi ses tortionnaires. «Neuf jours après mon arrivée, les agressions sexuelles ont commencé. J'ai été surtout violé par l'un des deux geôliers qui menaient les interrogatoires.»
Dans un simulacre de procès organisé neuf mois après son incarcération, il a été reconnu coupable de l'attentat contre l'ingénieur britannique, après avoir «avoué» ses crimes. Au terme d'un deuxième procès, il a été condamné à mort. «Je leur ai crié d'aller en enfer et ils m'ont condamné à la décapitation.»
Seul dans une grande cellule prévue pour 10 détenus, William Sampson a attendu ensuite son exécution. Plusieurs semaines. Plusieurs mois. Entre-temps, il s'est refermé sur lui-même comme une huître, plongé dans ses lectures, un des rares privilèges qui lui aient été accordés. Il en est venu à refuser un matelas pour dormir et toute forme de contact avec les autres détenus. «J'avais dit à mes geôliers que je tuerais quiconque serait avec moi. À cette étape de mon incarcération, ma cellule était devenue mon territoire et les gardes avaient peur d'y venir.»
William Sampson a finalement été libéré en août 2003, dans le cadre d'un nébuleux échange de prisonniers entre les Britanniques et les Saoudiens. La Grande-Bretagne a blanchi M. Sampson et ses coaccusés. L'Arabie Saoudite n'a jamais reconnu son erreur, mais a accordé son pardon. Quant au Canada, il n'a encore jamais absous l'ex-prisonnier. «Un employé du consulat canadien m'a même dit trois fois que j'étais coupable», déplore M. Sampson, qui vit aujourd'hui en Grande-Bretagne.
M. Sampson et trois anciens codétenus se battent aujourd'hui pour obtenir le droit de poursuivre devant les tribunaux leurs geôliers saoudiens, qu'il accuse de lui avoir volé sa vie et sa dignité. Leur cause sera entendue devant le tribunal européen des droits de l'homme. M. Sampson a rédigé un livre dans lequel il a raconté ses deux années de mauvais traitements et l'indifférence de la diplomatie canadienne à son égard. Il espère un jour tourner la page. «Cette expérience va me suivre toute ma vie, mais je laisserai pas mon passé me rattraper.»
Sources : Cyberpresse
Posté par Adriana Evangelizt