Stupéfaction à Moscou après les propos de Poutine

Publié le par Adriana Evangelizt

Stupéfaction à Moscou après les propos de Poutine

Les propos de Vladimir Poutine sur la journaliste russe assassinée Anna Politkovskaïa, dont il a jugé le rôle «insignifiant», ont suscité la stupéfaction mercredi à Moscou parmi les journalistes, défenseurs des droits de l'Homme et analystes.

«Oui, effectivement, cette journaliste a été une critique acerbe du pouvoir russe. Mais (...) sa capacité d'influence sur la vie politique du pays, en Russie, était extrêmement insignifiante», a déclaré mardi le président russe lors d'une visite officielle en Allemagne.

«C'est une grave erreur du président», a déclaré à 18 mois de l'élection présidentielle le chef de l'Union des Journalistes de Russie Vsevolod Bogdanov. Ce dernier avoue pourtant qu'il ne portait pas dans son coeur cette professionnelle «intransigeante», «conflictuelle», «dure» et aux ennemis nombreux aux dires de ses collègues et de son époux.

«Il s'est trompé dans son appréciation du rôle de Politkovskaïa dans la société russe, beaucoup de gens ne sont pas de son avis et les milliers de personnes venues à son enterrement à la prériphérie de Moscou le prouvent», a-t-il ajouté.

«Ce meurtre cause à la Russie et aux pouvoirs en Russie (...) plus de dégâts et de dommages que ses publications», avait ajouté le président.

«C'est son style : une attitude négative envers une morte. En Russie cela ne se fait pas surtout le jour des obsèques», a déclaré à l'AFP le sociologue Iouri Levada, fondateur d'un institut de sondage respecté.

«Et cela montre l'atmosphère de haine, d'animosité, de terreur latente qui règne chez nous et qui est liée à cet homme», a-t-il ajouté.

«Comment a-t-il pu comparer le travail d'un journaliste libre et honnête avec celui d'un tueur ?», s'exclame la militante de l'ONG Memorial, Svetlana Gannouchkina.

Mais pour le politologue Sergueï Markov, proche du Kremlin, «Poutine a assez clairement et précisément exprimé sa pensée, c'est-à-dire que le pouvoir russe n'avait pas intérêt à tuer Politkovskaïa» et que «donc le commanditaire de ce meurtre» doit être «recherché parmi ceux qui veulent nuire au pouvoir».

Pour M. Markov, le président visait le milliardaire russe controversé «Boris Berezovski», en exil, et Léonid «Nevzline», l'un des principaux associés de Mikhaïl Khodorkovski, ex-patron du géant pétrolier russe Ioukos condamné à huit ans de prison.

Pour lui, M. Poutine s'est défendu «contre une massive campagne de relations publiques destinée à montrer primo que c'était une journaliste influente et deuxièmement que le pouvoir russe avait intérêt à la tuer» et à ces deux affirmations M. Poutine «a dit ce n'est pas vrai».

Les collègues de la journaliste ont abordé avec «colère froide et indignation» en conférence de rédaction mercredi matin ces déclarations. «Un être humain est tué - mais il n'y a point de compassion - regard froid, paroles froides», a déclaré à l'AFP Vitali Iarochevski, rédacteur en chef adjoint du bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta.

«On a l'impression que c'est un homme mal informé», a-t-il ajouté, alors que «même les chaînes de TV russes, quoique contrôlées par Poutine, en ont fait le premier sujet de leurs journaux».

Qu'ils l'aient lue ou pas, connue ou pas, les Moscovites interrogés dans la rue au lendemain de son assassinat se montraient concernés par cet événement.

«Cela dépasse toutes les limites, on tue les journalistes honnêtes, de vrais journalistes. Je suis persuadée que le pouvoir ne fera rien et que ce crime sera impuni. Le poisson commence à pourrir par la tête. Je suis très émue», avait déclaré Olga Victorovna, 50 ans.

«Je n'aimais pas ses papiers mais quoi qu'un journaliste fasse, il ne faut pas le tuer», avait dit Alexandre Mikhailovitch, 50 ans, chauffeur.

Sources :
Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Tchétchénie

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