Darfour : Le Soudan se dit prêt à coopérer avec le noveau chef de l'ONU
Darfour: le Soudan se dit prêt à collaborer
avec le prochain chef de l'Onu
Le Soudan s'est dit prêt mercredi à collaborer au sujet du Darfour (ouest) avec le prochain secrétaire général des Nations unies, signifiant son souhait de tourner la page après l'expulsion de l'émissaire de l'organisation Jan Pronk.
"Le Soudan est prêt à collaborer avec le prochain secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon sur la question du Darfour, dans le respect des règles de l'organisation", a déclaré le chef de la diplomatie soudanaise Lam Akol
M. Ban, un Sud-Coréen, doit remplacer à la tête des Nations unies Kofi Annan au début de l'année 2007, au moment où expire le mandat de la force africaine au Darfour que le Conseil de sécurité veut remplacer par des casques bleus.
La déclaration de M. Akol intervient au moment où Jan Pronk, expulsé lundi de Khartoum, s'apprête à avoir des consultations à New York avec M. Annan, qui l'a nommé.
L'ONU a affirmé que M. Pronk restait son représentant au Soudan. Le responsable a déclaré de son côté ne pas regretter ses propos sur des défaites de l'armée soudanaise au Darfour et espérer reprendre sa mission à Khartoum.
Le gouvernement soudanais a justifié sa décision d'expulser M. Pronk par ses écrits sur son site internet sur deux revers de l'armée au Darfour, région en proie à la guerre civile, estimant qu'il s'agissait d'une ingérence dans les affaires des forces armées.
Khartoum refuse le déploiement de casques bleus dans cette région en dépit de la résolution 1706 du 31 août du Conseil de sécurité qui prévoit l'envoi d'une force d'environ 17.000 d'entre eux et de 3.000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l'Union africaine (Amis) au Darfour.
Depuis le début du conflit en 2003, quelque 200.000 personnes ont péri de la guerre et de ses conséquences au Darfour et 2,5 millions ont été déplacées, selon les Nations unies.
Les autorités soudanaises veulent faire la distinction entre M. Pronk et l'ONU, en soulignant que l'émissaire avait failli à son mandat et aux règles de l'organisation, notamment celle de la neutralité.
Un responsable soudanais a affirmé que son pays "ne cherche pas un affrontement avec la communauté internationale". Hassan Bargo, membre du Haut comité conjoint chargé de l'application de l'accord de paix au Darfour, signé en mai par l'une des trois factions rebelles, en a donné pour exemple la disposition du Soudan au compromis.
Selon lui, Khartoum accepte un soutien logistique, financier et en experts de l'ONU à la force africaine au Darfour, reconnaissant ainsi implicitement qu'elle est mal équipée et mal financée, et donc inefficace.
Mais les Etats-Unis ont rejeté l'idée, défendue aussi par l'Egypte, de faire financer l'Amis par les Nations unies.
"Notre opinion, et elle est partagée par beaucoup, est qu'il faut une force de l'ONU", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.
"Il est prévu que la force de l'UA reste le coeur d'une force de l'ONU", a-t-il ajouté. "Mais pour quelques raisons très pratiques et d'autres relatives aux résolutions du Conseil de sécurité, il est préférable d'avoir une force de l'ONU", a soutenu M. McCormack mardi.
Les autorités soudanaises s'estiment capables, sans intervention de l'ONU, de régler le problème du Darfour. C'est ce qu'a souligné le président Omar al-Béchir dans une allocution à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, la fin du jeûne du mois musulman du ramadan, qui a commencé lundi au Soudan.
Il a appelé à un "dialogue entre les Darfouris" pour résoudre la crise, sans oublier au passage d'égratigner les interventions étrangères et la couverture des médias occidentaux qui exacerbent, selon lui, le conflit.
Sources Jeune Afrique
Posté par Adriana Evangelizt