Peut-on développer une stratégie de paix plausible en Irak ?

Publié le par Adriana Evangelizt

Peut-on encore développer une stratégie de paix plausible en Irak ?


Dr Harry Hagopian

Traduction Didier Torassian
Text in English

 


Chaque fois que je me retrouve aux Etat-Unis, j'essaie de lire le New-York Times non seulement parce que je trouve qu'il offre souventefois des analyses incontestables sur les événements mondiaux, mais aussi parce qu'il prend la tension du monde Américain.

Le 24 octobre, le NYT a publié un article "Essayer de limiter le désastre irakien" dans lequel il présente sa triste conclusion que tout espoir pour une "démocratie riche et stable" en Irak n'est plus envisageable. L'article a aussi suivi une série de cinq étapes qui pourraient aider à contenir ce désastre gargantuesque et offrir à tous les citoyens irakiens – et aux USA – une opportunité de sauver de ce désastre qui a résulté d'une guerre aussi mal pensée.

· Commencer par soi : un changement de stratégie est nécessaire en Irak. Cela peut-être obtenu en démissionnant le Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld dont la décision négligente d'utiliser l'Irak comme un support d'application de ses théories militaires, plutôt que d'écouter ses généraux a été, de façon très dommageable, un désastre. Cela pourra être réglé en faisant clairement en sorte que les USA "ne gardent plus de bases permanentes en Irak".


· Des dialogues de réconciliation : le processus national de réconciliation doit reprendre immédiatement, et "continuer jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé pour protéger les droits des minorités, partager les revenus irakiens du pétrole, définir le rôle de la religion dans l'État, donner l'amnistie aux insurgés qui voudront déposer les armes, et démobiliser et désarmer les milices". Les USA doivent aussi "commencer leurs propres négociations avec le pouvoir irakien à propos d'un planning de retrait des troupes américaines – tout cela rendant clair que la volonté des Américains de rester plus longtemps dépendra de la volonté des Irakiens de faire de vrais compromis".


· Bagdad stable : cela nécessitera "le transfert de milliers de soldats américains vers la capitale depuis tous les autres endroits du pays." Pour aider à démontrer que la sécurité et la reconstruction seraient possibles aujourd'hui.


· Convoquer les voisins : vu la mauvaise gestion de ce conflit, et son impact sur les voisins de l'Irak dont les régimes se sentent de plus en plus menacées par de telles violences sectaires, les riches États pétroliers qui bordent l'Irak doivent être réquisitionnés pour fournir un "financement majeur pour garantir des programmes d'emploi et de reconstruction". De plus, l'administration US doit participer aux efforts de paix de la Syrie et de l'Iran et oublier sa croyance en ce que parler avec une autre pays est en soi une concession majeure.


· Reconnaître la réalité : l'Administration US doit redevenir claire et reconnaître que "les choix dans une futur proche sont insuffisants et minables. Mais il y a encore quelques options à suivre, et les alternatives sont si horribles qu'il serait pire d'essayer encore une fois – tant que chacun n'aura pas compris qu'il reste peu de temps et que les chances sont faibles."

En plus de ces cinq étapes, l'article du, l'article du NYT a aussi montré que le modèle bosniaque de division deux pays en trois régions ethniques contrôlées ne fonctionnera pas – même si le Kurdistan Irakien voudrait aller dans ce sens. L'analyse est plutôt juste, je pense, à cause des dynamiques internes de ces communautés par rapport à la géopolitique globale et les intérêts géostratégiques qui dépassent l'Irak. Et pendant que j'accepte que parvenir à une réconciliation nécessitera certainement un transfert de certaines puissances et ressources des provinces et des gouvernements locaux, les Irakiens doivent éviter d'être leurrés par des scénarios morcelés dans leur véritable recherche de stabilité et de prospérité.

Aujourd'hui, après trois ans dans cette guerre, je ne suis plus confiant dans le fait que même un scénario en plusieurs phases puisse pacifier l'Irak. En fait, une majorité d'experts non seulement sont d'accord pour dire que la justification pour envahir l'Irak était fallacieuse, mais disent que la situation est devenue quasiment désespérée. Et, malgré la preuve du contraire, j'ai toujours maintenu l'espoir qu'une démocratie véritable pourrait triompher dans cette région – malgré tous ce grabuge et cette agitation. Même si cet espoir perdu devient une triste victime des politiques mal menées par l'Administration US au travers du Moyen-Orient. Pourquoi ? Simplement parce que ces politiques sont en train de mettre en pièces les forces démocratiques sincères et patriotiques dans le Monde Arabe qui étaient les dépositaires de l'espoir de bien des peuples. Ces pulsions démocratiques indigènes – de l'Eqypte à la Palestine – ont été tuées dans l'œuf sans remords.

Et que ce passera-t-il si la proposition de solution du NYT échoue aussi ? Comme Elias Khoury l'a dit à ses lecteurs dans le quotidien Al-Quds le 24 octobre, un tel échec ne se traduirait pas seulement en une défaite pour les USA, mais également de façon tranchante en une autre défaite pour les aspirations populaires Arabes en une démocratie véritable. Et ce serait la plus désolante victime de cette guerre abjecte.

Sources : Yevrobasti

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Publié dans IRAK

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