Moscou pointé du doigt

Publié le par Adriana Evangelizt

Moscou pointé du doigt


Scotland Yard continuait samedi son enquête de fourmi sur la mort de l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko, tué par une dose massive de radiations, sur fond d'interrogation sur le rôle de Moscou et d'inquiétude en matière de santé publique. L'Agence de protection de la santé a appelé toutes les personnes présentes le 1er novembre dans l'hôtel et le restaurant où s'était rendu l'ancien espion à contacter par précaution le service de santé britannique, tout en jugeant le risque "faible".

Des traces de polonium, un agent hautement radioactif y ont été découvertes, a-t-elle rappelé. Le comité Cobra, instance de coordination gouvernementale d'urgence, s'est à nouveau réuni samedi. La police britannique a continué pour sa part à tenter d'établir comment du polonium 210 s'est retrouvé dans les urines de Litvinenko, opposant déclaré au président russe Vladimir Poutine. Avant de mourir jeudi à l'âge de 43 ans, M. Livinenko a accusé le président russe d'être responsable de son empoisonnement. Des traces de polonium ont été décelées dans trois endroits de Londres: l'hôtel Millennium à Mayfair où l'ancien espion avait rencontré deux Russes le 1er novembre, le restaurant de sushis Itsu à Picadilly où il avait reçu des documents du professeur italien Mario Scaramella, et dans sa maison à Muswell Hill au nord de la ville.

La presse britannique n'hésitait pas samedi à voir la signature du Kremlin derrière ce décès. Selon le 'Times', la mort de Litvinenko porte les marques d'un assassinat "commandité par un Etat". Une source gouvernementale a assuré au quotidien que des éléments non encore divulgués impliquaient des agents étrangers. Vendredi soir, le Foreign Office avait indiqué que des responsables avaient rencontré l'ambassadeur russe à Londres, pour lui demander toute information pouvant aider Scotland Yard. Samedi, Mario Scaramella a affirmé que le Kremlin avait ordonné la mort de l'ancien colonel du FSB (ex-KGB) en raison de ce qu'il savait.

"Litvinenko n'est pas mort d'un mal de ventre. Il a été tué pour tout ce qu'il savait. Tout cela se trouve désormais dans les documents de la Commission Mitrokhine", a affirmé M. Scaramella au quotidien 'Corriere della Sera'. Professeur à l'université de Naples (Italie), M. Scaramella a été consultant pour une enquête parlementaire italienne menée sur le dossier Mitrokhine concernant les agents recrutés en Italie par le KGB. Cette commission d'enquête, à laquelle a collaboré Litvinenko, était présidée par Paolo Guzzanti, un sénateur de Forza Italia, le parti de l'ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

Des courriers électroniques, dont le quotidien britannique 'The Guardian' publie samedi des extraits, montrent que les services secrets russes envisageaient l'usage de la force contre Litvinenko, Scaramella et Guzzanti, ainsi que le controversé hommes d'affaires russe Boris Berezovski, farouche opposant au régime de M. Poutine vivant à Londres. Ces documents, qui auraient été remis le 1er novembre par Scaramella à Litvinenko, assurent également que les agents chargés de préparer les actions contre eux sont "probablement impliqués dans l'assassinat d'Anna Politkovskaïa", la journaliste russe d'opposition tuée à Moscou le 7 octobre.

"Pour moi Alexandre Litvinenko est la troisième victime", a déclaré M. Guzzanti dans une interview au quotidien italien 'La Stampa', assurant: "je n'ai aucun doute que les actuels services secrets russes (...) soient derrière ce meurtre, mais pas seulement celui-là". "La première (victime) a été le général Anatoli Trofimov, vice-patron du FSB, assassiné devant sa maison en 2005 car il était le supérieur de Litvinenko", a-t-il ajouté. "La deuxième est Anna Politkovskaïa".

La presse russe pro-gouvernementale tentait samedi de défendre le Kremlin. Pour le quotidien officiel 'Rossiïskaïa Gazeta', l'empoisonement de Litvinenko pourrait ainsi avoir été orchestré par M. Berezovski afin de discréditer les autorités russes.

Sources
La Libre

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans Affaire Litvinenko

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article