1 - "Rayé de la carte" : la rumeur du siècle

Publié le par Adriana Evangelizt

Nous avons déjà dit ce que nous pensions du fameux discours d'Ahmadinejad dans l'article Ahmadinejad et le Sionisme. Nous savons exactement à quoi nous en tenir avec les propos mensongers des Sionistes qui après avoir détruit l'Irak veulent la peau de l'Iran. Pour que tout le monde plonge dans le bain de sang qu'ils préparent, ils disant qu'Ahmadinejad est un danger pour l'Europe et la Communauté internationale. Pour nous, les deux seuls dangers sont le Haut Sionistan sis à Washington et à Tel Aviv et Bush. C'est eux qui menacent le monde et nul autre. Nous ne pouvons plus supporter ces régimes criminels.

Nous sommes obligés de couper cet article en deux car il ne rentre pas dans son intégralité... ainsi en est-il sur Over-Blog...

 

« Rayé de la carte » : la rumeur du siècle


Ce qu’a vraiment dit Mahmoud Ahmadinejad


par Arash Norouzi

1ère partie

 

 

Présentation par le traducteur

 

1) L’objectif de cet article et de sa présente traduction

 

L’objet du présent article est d’éventer une manipulation médiatique délibérément exploitée à des fins de démonisation à l’encontre du régime du Président iranien, M. Mahmoud Ahmadinejad. Il ne constitue cependant en rien une défense de ce régime, ni de ses abus ou exactions réels. La conclusion même de cet article qualifie le régime d’Ahmadinejad d’ « arriéré » et, établissant un parallèle avec une citation (réelle, celle-ci) d’Ahmadinejad, de « cruel » et d’ « oppressif ».

 

Cette précision m’apparaît nécessaire en introduction de cette traduction, d’autant plus que Téhéran a accueilli les 11 et 12 décembre 2006 une conférence intitulée « Review of the Holocaust : Global Vision » (« Réexamen de l’Holocauste : une vision globale »). Selon Wikipédia (http://en.wikipedia.org/wiki/Holocaust_conference#_note-0), citant le journal allemand Der Spiegel du 12 décembre, le Ministre des Affaires Etrangères iranien, M. Manouchehr Mottaki, a déclaré que la conférence ne cherchait « ni à nier ni à prouver la réalité de l’holocauste [...] mais à permettre aux universitaires de profiter d’une atmosphère scientifique appropriée pour exprimer leurs opinions en toute liberté sur un sujet historique ». Il n’en reste pas moins que parmi les intervenants figuraient des grands noms du négationnisme, comme M. David Duke et M. Robert Faurisson.

 

Qu’il soit donc clairement affirmé que le présent article ne constitue ni pour son auteur ni pour son traducteur une quelconque défense de cette manifestation qui a eu, sinon pour objectif, en tout cas pour effet, de donner tribune à des assertions factuellement et historiquement fausses, niant le génocide des Juifs par les nazis.

 

2) Une courte présentation de l’auteur et de son positionnement politique

 

M. Arash Norouzi est un artiste illustrateur et co-fondateur du site web The Mossadegh Project (« Le projet Mossadegh »).

 

Citons la présentation - faite sur ce site web - de M. Mohammad Mossadegh (ancien premier Ministre de l’Iran à partir de mai 1951 jusqu’au coup d’Etat du 19 août 1953 qui rétablit le Chah sur son trône) :

 

« Pendant la période où il dirigeait l’Iran, Mossadegh initia des lois visant à mettre en place des sytèmes de « transparence gouvernementale » et d’indépendance du pouvoir judiciaire, défendit la liberté d’affiliation religieuse et politique, et promu des élections libres. Il mit en place de nombreuses réformes sociales et lutta en faveur des droits des femmes, des travailleurs et des paysants. […] Et surtout, Mossadegh contribua à développer une auto-suffisance nationale que l’Iran n’a jamais plus réussi à atteindre depuis l’achèvement de son mandat […] Ses choix politiques rencontrèrent souvent l’opposition du Chah, des généraux de l’armée, des principaux clercs, des propriétaires terriens, du parti communiste (Tudeh) et des gouvernements britannique et usaméricain. »

 

Pour achever cette introduction, voici ce qu’on peut lire également sur le site du Projet Mossadegh :

 

« QUESTION :

 

1)     Quelle est la principale force déstabilisatrice et négative au Moyen-Orient ?

 

2)     Qui encourage la déstabilisation d’Etats, la déstabilisation de la paix et la résolution de tous les problèmes à coups de fusil ?

 

Selon le néo-conservateur usaméricain M. Nicholas Burns, la réponse à la question 1) n’est pas le sionisme, en dépit du fait qu’Israël a plus d’ennemis dans la région que n’importe quel autre Etat, est constamment en guerre avec ses voisins, et vient d’être condamné par les Nations Unies pour crimes de guerre lors de son agression contre le Liban (crimes que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont totalement endossés et soutenus). Et la réponse à la question 2) n’est pas non plus Israël, bien que ce soit, dans la région, l’Etat le plus militarisé et le seul possesseur d’armes nucléaires (hors le Traité de Non-Prolifération (TNP) [dont Israël n’est pas signataire, NDT] et [par conséquent] sans droit de regard ni contrôle de l’AIEA – l’Agence Internationale de l’Energie Atomique). La réponse n’est pas non plus les Etats-Unis, bien que leur gouvernement ait abusé le pays pour l’entraîner dans une guerre illégale et artificielle en Irak, qui a coûté des centaines de milliers de vies innocentes, et en coûtera encore de nombreuses avant de s’achever. Et tout ça pour quoi ?

 

Non, la réponse à ces deux questions, selon Burns, est la nation qui n’a attaqué aucun pays depuis plus de 250 ans, qui est signataire du TNP, déclare être opposée aux armes nucléaires, a condamné les attaques terroristes du 11 septembre 2001, a aidé les Etats-Unis à se débarasser des Talibans, et a tenté à plusieurs reprises d’ouvrir le dialogue avec les États-Unis (voir http://news/mahmoud-ahmadinejad/letter-to-american-people ). Ce pays, c’est évidemment... l’Iran.

 

Le régime islamique iranien peut être décrit de plusieurs façons : non démocratique, oppressif, dur, dictatorial, fasciste, arriéré... mais il n’est pas belliqueux. En d’autres termes : les crimes de l’Iran sont dirigés contre son propre peuple, tout juste comme les crimes du Chah envers son peuple, qui furent soutenus par les Etats-Unis. Les véritables ennemis de la paix qui aiment « tout résoudre à coups de fusil » sont les Etats-Unis – l’Etat qui a les dépenses militaires les plus élevées au monde, et a été en guerre avec le plus grand nombre de pays – et Israël – la quatrième puissance militaire mondiale et un Etat d’apartheid qui mène l’occupation militaire la plus longue de l’histoire connue. Lorsque l’on évalue les vices et les vertus des nations du monde, on a besoin de moins de « révélation des tripes » * et de plus de vérité.

 

* jeu de mots intraduisible entre le mot d’argot usaméricain « truthiness », qui désigne une vérité connue instinctivement, que nous révèleraient nos « tripes », par opposition à la vérité réelle « truth », qui s’appuie sur des faits et des arguments, sur des preuves.

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« Nous devons parler vrai à propos de l’Iran. C’est la principale force déstabilisatrice et négative au Moyen-Orient. Pensez à ce que nous voulons encourager au Moyen-Orient : nous voulons voir les Israéliens et les Palestiniens trouver la paix, et une solution à deux Etats. Nous voulons voir un Liban libre et indépendant. Nous voulons un Irak libéré du terrorisme. Qu’est-ce que l’Iran encourage ? L’Iran encourage la déstabilisation d’États, la déstabilisation de la paix et la résolution de tous les problèmes à coups de fusil. »

 

M. Nicholas Burns, Sous-Secrétaire d’Etat des États-Unis, Bruxelles, 3 décembre 2006 

 

Une dangereuse rumeur s’est propagée à travers le monde ; elle pourrait bien avoir des conséquences catastrophiques. Si l’on en croit la légende, le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a menacé de détruire Israël, ou, pour reprendre la citation erronée : « Israël doit être rayé de la carte » [1]. Contrairement à une certitude très répandue, une telle déclaration n’a jamais été faite [par Ahmadinejad, NDT], et c’est ce qui sera démontré dans cet article.

 

LE CONTEXTE

 

Le mardi 25 octobre 2005, dans la salle de conférences du Ministère de l’Intérieur à Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad - le Président iranien élu depuis peu [2] - prononça un discours à l’occasion d’une conférence intitulée « Le monde sans le sionisme ». Selon les rapports qui en ont été faits, plusieurs milliers de personnes y ont assisté. De grandes affiches l’entouraient, qui affichaient ostensiblement ce titre en anglais – « The World Without Zionism », à destination évidente des médias internationaux. Sur les affiches figurait, en-dessous de cette inscription, une illustration qu’un regard superficiel pouvait trouver réussie et qui montrait un sablier contenant le globe terrestre dans sa partie supérieure. Deux globes plus petits figurant les Etats-Unis et Israël [leurs drapeaux, plus exactement - voir l’illustration ci-contre NDT] étaient représentés en train de tomber à travers l’orifice médian du sablier, et finissant leur chute brisés.

 

Avant d’en venir à la formule tristement célèbre en elle-même, il est important de noter que la « citation » en question était elle-même une citation – ce sont les mots du défunt Ayatollah Khomeiny, le père de la Révolution Islamique [3]. Bien qu’il ait cité Khomeiny pour affirmer sa propre position à l’égard du sionisme, le choix des mots eux-même appartient à Khomeiny et non à Ahmadinejad. Ainsi, Ahmadinejad s’est vu principalement crédité (ou blâmé) pour une citation qui non seulement n’est pas de son cru, mais en outre véhicule un point de vue déjà exprimé [par d’autres dirigeants iraniens, NdT] bien avant son entrée en fonction.


LA VÉRITABLE CITATION

 

Qu’a donc réellement dit Ahmadinejad ? Commençons par citer ses mots exacts en persan [4] : « Imam ghoft een rezhim-e ishghalgar-e qods bayad az safheh-ye ruzgar mahv shavad. »

 

Ce passage ne signifiera rien pour la plupart des gens, mais un mot cependant devrait faire dresser l’oreille : « rezhim-e ». C’est le mot « régime », prononcé comme le mot anglais [« regime », NdT] avec un son supplémentaire – « eh » - à la fin. Ahmadinejad ne se référait pas au pays-Israël ou au territoire-Israël, mais au régime israélien [5]. Il s’agit là d’une distinction cruciale, puisqu’il est impossible de rayer un régime de la carte [6]. Ahmadinejad ne se réfère même pas à Israël par son nom ; à la place, il utilise la périphrase « rezhim-e ishghalgar-e qods » (c’est-à-dire littéralement « régime occupant Jérusalem »).

 

Ce qui soulève une autre question : que voulait-il exactement voir « rayé de la carte » ? La réponse est : rien du tout. Puisqu’il n’a jamais utilisé le mot « carte ». Nulle part dans sa phrase originale en persan, ni d’ailleurs dans l’intégralité de son discours, n’apparaît le mot persan « nagsheh » qui signifie « carte ». Pas plus que la formule occidentale « rayer ». Et pourtant, on nous pousse à croire que le Président de l’Iran a menacé de « rayer Israël de la carte », bien qu’il n’ait jamais prononcé les mots « carte », « rayer » ni même « Israël ».

 

LES PREUVES DE LA DEFORMATION

 

Voici maintenant la citation dans son intégralité, directement traduite en anglais :

 

« The Imam said this regime occupying Jerusalem must vanish from the page of time »

[c’est-à-dire en français et tout aussi directement : « L’Imam disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. », NdT]

 

Traduction mot par mot :

 

Imam (Khomeini) ghoft (said) een (this) rezhim-e (regime) ishghalgar-e (occupying) qods (Jerusalem) bayad (must) az safheh-ye ruzgar (from page of time) mahv shavad (vanish from).

 

[Même chose en français :

 

Imam (Khomeini) ghoft (disait) een (ce) rezhim-e (régime) ishghalgar-e (occupant = qui occupe) qods (Jérusalem) bayad (doit) az safheh-ye ruzgar (de la page du temps) mahv shavad (disparaître de). NdT] [7]

 

La transcription complète en persan du discours d’Ahmadinejad est archivée sur le site du Président : www.president.ir/farsi/ahmadinejad/speeches/1384/aban-84/840804sahyonizm.htm 


LE DISCOURS ET SON CONTEXTE

 

Alors que la fausse citation « rayé de la carte » a été répétée à l’infini sans vérification, le discours réel fait par Ahmadinejad a été en lui-même presque entièrement ignoré. Vu l’importance accordée au commentaire de la « carte », il serait judicieux de présenter les mots utilisés dans leur contexte complet, pour donner une meilleure compréhension de la position d’Ahmadinejad. En fait, lorsque l’on considère le discours dans son intégralité, une trajectoire claire et logique se dégage qui conduit à son exigence d’un « monde sans le sionisme ». On peut être en désaccord avec ce raisonnement, mais aucune évaluation critique n’est possible si l’on ne s’en enquiert pas d’abord.

 

Dans son discours, Ahmadinejad déclare que le sionisme est l’instrument d’oppression politique utilisé par l’Occident contre les musulmans. Il dit que le « régime sioniste » a été imposé au monde islamique en tant que tête de pont devant assurer la domination [occidentale, NdT] sur la région et ses ressources. Il soutient que la Palestine est la ligne de front de la lutte qui oppose le monde islamique à l’hégémonie usaméricaine, et que son destin aura des répercussions dans tout le Moyen-Orient [8].

 

Ahmadinejad reconnaît que la fin de la puissante mainmise usaméricaine qui s’exerce sur la région par le biais des sionistes est une perspective qui peut sembler inconcevable à certains, mais rappelle à son auditoire que d’autres empires apparemment invincibles ont disparu, ainsi que l’avait prédit Khomeiny, et n’existent plus à présent que dans les livres d’histoire. Il énumère ensuite trois régimes de cette sorte, qui se sont écroulés ou ont disparu, tous au cours des trente dernières années :

 

1)     Le Chah d’Iran [Mohammed Reza Pahlavi, NdT] monarque installé par les Etats-Unis [9]

 

2)     L’Union Soviétique

 

3)     L’ancien « ennemi numéro un » de l’Iran, le dictateur irakien Saddam Hussein.

 

Ahmadinejad introduit le premier et le troisième exemples par les propres mots de Khomeiny prédisant la fin de ces régimes personnels. Il conclut en rappelant le vœu inaccompli de Khomeiny : « L’Imam disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. Cette affirmation est très sage. » C’est là le passage qui a été si fameusement isolé, déformé et dénaturé. Du fait de la comparaison qu’il opère, Ahmadinejad semble appeler de ses vœux un changement de régime, et non pas la guerre.

 

L’ORIGINE DE LA CITATION ERRONÉE

 

 

On peut se poser la question suivante : où cette fausse interprétation a-t-elle trouvé son origine ? Qui est responsable de la traduction qui a lancé une telle controverse internationale ? La réponse est surprenante.

 

La citation incendiaire « wiped off the map » (« rayé de la carte ») a d’abord été diffusée non pas par les ennemis de l’Iran, mais par l’Iran lui-même. L’Agence de presse de la République Islamique (IRNA, c’est-à-dire Islamic Republic New Agency) – l’organe de propagande officiel de l’Iran – a utilisé cette formule dans la version anglaise de certains de ses communiqués de presse au sujet de la conférence « The World Without Zionism ». Les médias internationaux, parmi lesquels la BBC , Al-Jazeera, Time Magazine et d’innombrables autres supports, ont repris la citation de l’IRNA et en ont fait leurs gros titres sans en vérifier l’exactitude, et ne citant que rarement la source. Le Ministre des Affaires Etrangères iranien a rapidement tenté de clarifier la déclaration d’Ahmadinejad, mais la citation avait déjà acquis une vie propre. Bien que la formulation provenant de l’IRNA soit inexacte et profondément trompeuse, les médias l’ont présumée véridique, et en outre, elle leur a fait vendre du papier et de l’audience.

 

En pleine controverse sur le programme nucléaire iranien, et après des mois d’accusations constantes et infondées visant à rallier des soutiens en vue d’attaques préventives contre l’Iran, les impérialistes se sont ainsi vu fournir la raison d’être [10] idéale pour justifier une invasion. Pour les faucons bellicistes, c’était un cadeau du ciel.

 

Il faut noter qu’en d’autres occurrences qui se référaient également à la conférence, la traduction faite par l’IRNA a varié. Par exemple, « map » (« carte ») a été remplacé par « earth » (« terre », notre planète). Dans certains articles, on pouvait lire « The Qods [11] occupier regime should be eliminated from the surface of earth » (c’est-à-dire « Le régime occupant de Jérusalem devrait être éliminé de la surface de la terre ») ou la formulation similaire « The Qods occupying regime must be eliminated from the surface of the earth » (c’est-à-dire « Le régime occupant Jérusalem doit être éliminé de la surface de la terre »). La versatilité de la traduction faite par l’IRNA devrait suffire à démontrer qu’on ne peut la tenir pour une source fiable, en particulier en ce qui concerne leurs transcriptions en anglais de leurs propres communiqués publiés d’abord en persan.

 

LES RÉACTIONS

 

Traduite de travers et attribuée au Président iranien [12], la citation « wiped off the map » (« rayé de la carte ») a été propagée partout dans le monde, répétée des milliers de fois dans les médias internationaux, et nombre de dirigeants internationaux ont tenu à la dénoncer. Virtuellement, tout support médiatique, quelqu’en soit l’audience, a publié ou diffusé cette fausse déclaration auprès des masses. De grandes agences de presse, comme Associated Press et Reuters, se réfèrent à la citation erronée, mot à mot, et quasi quotidiennement.

 

Une fois rendue publique la formule de l’IRNA, les condamnations ne se sont pas faites attendre. Le Premier Ministre britannique, M. Tony Blair, a exprimé sa « révulsion » et a laissé entendre qu’il pourrait s’avérer nécessaire d’attaquer l’Iran. En raison de la controverse, le Secrétaire Général de l’ONU, M. Kofi Annan [13], a annulé un voyage en Iran qui était déjà programmé. M. Ariel Sharon [14] a exigé (sans que cela soit suivi d’effets, NdT) que l’Iran soit expulsé des Nations Unies pour avoir appelé à la destruction d’Israël [15]. M. Shimon Pérès [16] a plus d’une fois menacé de rayer l’Iran de la carte. Plus récemment, M. Benjamin Netanyahou [17], qui a affirmé en guise d’avertissement que l’Iran « est en train de préparer un nouvel holocauste pour l’État juif [18] », en appelle à traduire Ahmadinejad en justice sous le chef d’inculpation de crime de guerre, pour incitation au génocide.

 

La citation factice a également subi des altérations additionnelles. Les officiels et les médias usaméricains s’autorisent fréquemment à éliminer complètement la métaphore de la « carte », en la remplaçant par la formule bien plus menaçante « wipe Israel off the face of the earth » (« rayer Israël de la (sur)face de la terre »). Des articles de journaux et de magazines rapportent consciencieusement qu’Ahmadinejad a « appelé à la destruction d’Israël », comme le rapportent également des officiels de haut rang au sein du gouvernement des Etats-Unis.

 

Le Président usaméricain, M. George W. Bush, a dit que les commentaires d’Ahmadinejad représentaient une « menace explicite » de détruire Israël. Dans un discours prononcé à Cleveland en mars 2006, Bush a juré qu’il pourrait recourir à la guerre pour protéger Israël de l’Iran, parce que « la menace représentée par l’Iran est, bien évidemment, constituée par son objectif affirmé de détruire notre proche allié Israël. » L’ancien Conseiller de la Présidence M. Richard Clarke a déclaré à la télévision australienne que l’Iran « parle ouvertement de détruire Israël », et il soutient que « le Président de l’Iran a dit à plusieurs reprises qu’il veut rayer Israël de la surface de la terre ». Interviewé en octobre 2006 par Mme. Amy Goodman [19], l’ancien inspecteur de l’UNSCOM [20] M. Scott Ritter a parlé d’Ahmadinejad comme de « l’idiot qui se manifeste pour dire des choses vraiment stupides et nauséabondes, comme « L’Iran a pour objectif de rayer Israël de la surface de la terre » ». Le consensus est évident.

 

Compliquant encore plus les choses, Mahmoud Ahmadinejad pontifie plutôt que de répondre de manière directe lorsqu’il est interrogé sur sa déclaration, comme dans son interview par Mme Lally Weymouth pour le Washington Post en septembre 2006 :

 

« - Etes-vous vraiment sérieux lorsque vous dites qu’Israël devrait être rayé de la surface de la terre ?

 

-          Nous devons regarder ce qui se déroule au Moyen-Orient – 60 années de guerre, 60 années de déplacement [des populations palestiniennes, NdT], 60 années de conflit, pas un seul jour de paix. Regardez la guerre au Liban, la guerre à Gaza – quelles sont les causes de ces situations ? Nous devons nous attacher à résoudre le problème qui est à la racine de tout cela.

 
-
    Votre suggestion [à cette fin, NdT] est de rayer Israël de la surface de la terre ?

 
-
    Notre suggestion est très claire : … Laissons le peuple palestinien décider de son destin par un référendum libre et juste, et le résultat, quel qu’il soit, devrait être accepté… Les gens qui règnent actuellement sur ce pays n’y sont en rien enracinés.


-
  On vous a cité disant qu’Israël devait être rayé de la surface de la terre. Est-ce là ce que vous pensez ?

 

-  Ce que j’ai dit exprimait clairement ma position. Si nous regardons une carte du Moyen-Orient tel qu’il était il y a 70 ans…

 

-  Donc votre réponse est « oui », vous croyez qu’Israël devrait être rayé de la surface de la terre ?

 

-  Etes-vous en train de me demander de répondre par « oui » ou par « non » ? Est-ce un examen ? Respectez-vous le droit à l’auto-détermination de la nation palestinienne ? « Oui » ou « non » ? La Palestine , en tant que nation, est-elle considérée comme ayant le droit de vivre dans des conditions humaines, ou pas ? Faisons en sorte que ces droits puissent s’appliquer aux 5 millions de personnes déplacées. »

 

Cet échange est typique des interviews d’Ahmadinejad dans les médias usaméricains. Ainsi qu’il était prévisible, M. Mike Wallace dans le programme « 60 Minutes » sur CBS News et M. Anderson Cooper sur CNN lui ont tous deux demandé s’il voulait « rayer Israël de la carte ». Comme d’habitude, Ahmadinejad renvoie la question au visage du journaliste avec sa réplique habituelle « Les Palestiniens n’ont-ils aucun droit ? etc. » (question à laquelle il n’est jamais répondu plus directement qu’à la première, d’ailleurs). Néanmoins, jamais il ne confirme la véracité du commentaire de la « carte ». Ce qui n’a nullement empêché Anderson Cooper, se référant au début de l’interview après une pause publicitaire, de mentir en disant « comme il l’a dit précédemment, il veut qu’Israël soit rayé de la carte ».

 

Même si tous les médias du monde en venaient demain à démentir la citation erronée, le dommage a déjà été fait en majeure partie, en fournissant les fondations de la phase de désinformation suivante : la démonisation complète du personnage. On nous dit qu’Ahmadinejad est le prochain Hitler, une grave menace sur la paix mondiale [21] qui veut déclencher un nouvel Holocauste [22]. Selon certains de ses détracteurs, il ne se contente pas de vouloir détruire Israël, puisqu’ensuite il larguera des bombes nucléaires sur les Etats-Unis puis sur l’Europe ! En octobre 2006, le puissant groupe de lobbying israélien AIPAC [23] a publié un mémo intitulé « Mots de haine : l’Iran, une surenchère de menaces » [24], qui s’ouvre sur cet avertissement : « Ahmadinejad et d’autres dirigeants iraniens font des déclarations de plus en plus belliqueuses menaçant de détruire les Etats-Unis, l’Europe et Israël ». De telles affirmations non seulement fabriquent une menace dénuée de réalité, mais en outre attribuent à Mahmoud Ahmadinejad bien plus de pouvoir qu’il n’en a en fait. Les alarmistes feraient bien mieux de surveiller les déclarations de l’ultra-conservateur Guide Suprême, l’Ayatollah Khamenei, le personnage qui détient le plus de pouvoir en Iran.

 

Comme s’en est plaint M. M.A Mohammadi (le responsable iranien des relations-presse aux Nations-Unies) dans une lettre de juin 2006 adressée au Washington Post :

 

« Rien de surprenant dans tout cela – cette approche dillettante qui consiste à mettre en avant les remarques mal interprétées émises par le Président Mahmoud Ahmadinejad en octobre, et à ignorer les paroles prononcées ce mois-ci par le guide suprême de l’iran, l’Ayatollah Ali Khamenei, selon lequel « Nous n’avons aucun problème avec le [reste du] monde. Nous ne sommes en aucune façon une menace pour le monde, et le monde le sait bien. Nous ne déclencherons jamais une guerre. Nous n’avons pas la moindre intention d’entrer en guerre avec quelque État que ce soit. »

 

Le gouvernement israélien a pressé chaque lettre de la citation spécieuse pour en tirer supposément avantage. Lors de son adresse à l’Assemblée Générale des Nations-Unies en septembre 2006, le Ministre des Affaires Etrangères israélien, Mme Tsipi Livni, a accusé l’Iran de se préparer activement à faire usage d’une bombe nucléaire contre Israël et à malmener le reste du monde. « Ils parlent fièrement et ouvertement de leur désir de « rayer Israël de la carte ». Et à présent, ils orientent leurs actions en vue de disposer des armes nécessaires à la réalisation de cet objectif – mettre an danger toute la région et menacer le monde ». Faisant face à la menace en décembre, c’est plein d’ardeur que le Premier Ministre israélien, M. Ehud Olmert, a révélé par inadvertance que son pays possède déjà des armes nucléaires [25] : : « Nous n’avons jamais menacé d’annihiler quelque nation que ce soit [26]. L’iran menace ouvertement, explicitement et publiquement de rayer Israël de la carte. Comment peut-on dire que ces deux attitudes sont du même ordre, alors que l’Iran aspire à posséder des armes nucléaires – à l’instar des États-Unis, de la France , d’Israël, de la Russie  ? ».

Deuxième partie

Sources Global Research

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans IRAN ISRAEL

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