LES MENSONGES DE BUSH
Pareil pour le Liban... accuser la Syrie d'avoir assassiné Rafic Hariri, c'est comme accuser Oussama Ben Laden d'être l'auteur de la catastrophe du 11 septembre ou des attentats de Londres. On nous berne. Mais n'empêche qu'au Liban, ils savent très bien à quoi s'en tenir. Nous savons très bien qui déstabilise tout le Moyen-Orient et pourquoi.
Les mensonges de Bush
"LE GRAND MOYEN-ORIENT UNE VASTE ZONE DE PILLAGE"
Le 27 janvier, le président Georges W. Bush, dans une interview au' New York limes, indiquait que « la torture n'est jamais acceptable, nous ne remettons non plus personne entre les mains des pays qui torturent ».
Le 6 mars, la chaîne de télévision américaine CBS diffusait une émission démontrant l'utilisation par la CIA d'un avion spécial destiné à convoyer les présumés « terroristes » vers des pays où la pratique de la torture est officielle. Enfin, jeudi 17 mars, le chef de la CIA, Porter Goss, affirmait devant le Sénat que les « transferts extraordinaires » à l'étranger existaient « depuis plus de vingt ans ». Sur les armes de destructions massives, Bush a menti. Sur la torture, Bush ment, comme il ment lorsqu'il accuse la Syrie d'avoir assassiné l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Rendant compte de la manifestation monstre qui a eu lieu à Beyrouth le 14 mars, le correspondant de RFI à Beyrouth précisait que lors de ce rassemblement, « le discours le plus important a été prononcé par Bahia Hariri (la sueur de Rafic Hariri, elle-même députée au Parlement libanais - NDLR). S'engageant à ne jamais abandonner sa quête de la vérité pour identifier les assassins de son frère, elle a adopté un ton conciliant envers la Syrie, affirmant qu'elle restera à ses côtés jusqu'à la libération du Golan occupé. Elle a également rendu hommage au Hezbollah et à la Résistance. »
De son côté, le quotidien libanais L'Orient le Jour indiquait que « Mme Hariri a par ailleurs plaidé en faveur du droit au retour des Palestiniens et à l'édification d'un Etat palestinien dont la capitale serait Jérusalem, exhortant les Arabes à se tenir aujourd'hui aux côtés du Liban. »
Dans un entretien au journal La Croix, Marwan Al-Kabalan, professeur à l'université de Damas, répond de la manière suivante à la question : « La Syrie est-elle derrière l'assassinat de Rafic Hariri ? »
« Selon moi ce n'est pas plausible, cela dépasse la raison. Ça aurait été la plus stupide des choses, à faire, un véritable suicide politique. Mais c'est aussi difficile de prouver son innocence. »
Beaucoup d'analystes à Washington, relèvent également que Bachar Al-Assad n'avait aucun intérêt à commanditer l'assassinat d'Hariri, mais que les gouvernements Bush et Sharon avaient tout à y gagner, à commencer par le soulèvement populaire libanais contre la présence militaire syrienne.
Ainsi, le journaliste Patrick Seale, spécialiste de la Syrie, explique, quant à lui, sur une radio américaine, le 14 février : « Les Syriens étaient actuellement en train de négocier avec Hariri pour son retour au pouvoir. En effet, il y a eu une importante interview de Hariri, dans le principal journal libanais hier, Al-Safir, dans laquelle il a semblé tendre une sorte de branche d'olivier aux Syriens, dans laquelle il a dit que, même si les Syriens devaient retirer leurs troupes du Liban, cela ne conduirait pas les Libanais à chercher une paix séparée avec Israël. »
Guerres, mensonges, massacres, assassinats. Le gouvernement américain, qui ne maîtrise plus rien en Irak aujourd'hui, cherche à plonger tous les pays et les peuples du Moyen-Orient dans le chaos pour parvenir à la réalisation de son objectif du « Grand Moyen Orient », vaste zone économique destinée à piller les richesses pétrolières des pays arabes.
F.LAZAR
Informations Ouvrières N° 684 (Semaine du 24 au 30 mars 2005)
Sources : http://www.informations-ouvrieres.presse.fr/articles.php?lng=fr&pg=195