La chute de Paul Wolfowitz
La chute de Paul Wolfowitz
La hargne, la fureur et l’acharnement du Financial Times contre Paul Wolfowitz constituent en soi un phénomène remarquable. La chose a éclaté avec le scandale d’un Wolfowitz pris en flagrant délit de népotisme, au profit d’une de ses employées qui est aussi (d’après ce que nous croyons comprendre, avec notre esprit tortueux) sa maîtresse. Au moins, cela nous permet d’affirmer avec certitude que Wolfowitz, le chef-inspirateur des idéologues “neocons” dans l’aventure irakienne, l’homme qui fit danser le monde au son de l’hyperpuissance elle-même manipulée par une cabale d’idéologues et tout ce qui va avec, — que Wolfowitz est un homme comme vous et moi, — dito, un être humain, quoi. Voilà une chose éclaircie.
Ce n’est pas moins de cinq articles qu’on trouvait hier soir sur le site du “quotidien saumon”, demandant la démission du directeur de la World Bank, fustigeant sa gestion et sa moralité.
• «How Wolfowitz fell foul of his own high standards», qui nous expliquait (en accès payant) comment l’homme s’était fichu de nous, — et du FT à diverses occasions, — avec sa campagne sur la probité et la lutte contre la corruption dans le monde que la World Bank est chargé de chapitrer et de moraliser.
• «Wolfowitz tries to turn spotlight off himself», ou comment Wolfowitz essaie, de façon pathétique de détourner notre attention (celle du FT) de l’accusation personnelle dont il est l’objet.
• Un édito qui dit bien ce qu’il veut dire : «Wolfowitz must be told to resign now.»
• L’indication que le FT n’est pas seul à vouloir sa peau, que c’est le monde entier qui le veut ainsi ; à moins que le FT, après tout, ce soit le monde en résumé saumon : «Pressure grows on Wolfowitz to resign».
• Enfin, cerise annexe sur un gâteau si amer, l’indication qu’il ne s’agit pas de Wolfowitz l’individu seulement, que c’est tout le système Wolfowitz, la World Bank elle-même sous sa direction qui est en cause : «World Bank under fire over Aids policy».
Dans tous ces textes divers, on trouve le cas simplement évoqué, les réactions de Wolfowitz, sa culpabilité évidente, etc. L’histoire est bien simple, résumée par l’édito du FT, — un homme qui place sa maîtresse, la favorise, augmente scandaleusement son salaire (madame Riza touche plus que Condi Rice, sous l’administration de laquelle elle fut placée par un truc bureaucratique) :
»What then is the story? When Mr Wolfowitz became president of the World Bank he also became the boss of his girlfriend, Shaha Riza. To resolve this situation – inconsistent, rightly, with Bank rules – Ms Riza was seconded to the US State Department.
»So far, then, so unproblematic. Yet, it is alleged, the terms of the appointment, which appear astonishingly generous, violate a number of Bank protocols. Worse, it now appears Mr Wolfowitz personally directed the Bank’s head of human resources to offer his girlfriend these exceptional terms. Worse still, this has come out after misleading claims by a senior official that the ethics committee of the board, in consultation with the general counsel, approved the agreement.»
Or, tout cela est intolérable parce que Wolfowitz est qui l’on sait et la World Bank ce que l’on sait. Tout cela est appuyé, fondé sur la prétention universelle à la probité morale. Seule cette vertu universelle de la morale luthérienne revue victorienne, au bout du compte, justifie tout ce que l’on impose aux peuples et aux gens. César, sa femme, sa maîtresse et tout le bataclan doivent être d’une apparence aussi solide que le fer et au-dessus de tout soupçon s’ils ont la prétention et l’ambition d’imposer leur empire vertueux sur le monde.
«The president of the World Bank has one asset: his credibility. The Bank’s capacity to make a difference lies not in its money and ideas but in its ability to be the world’s voice for development. This includes, as Paul Wolfowitz, the current president, has insisted, being the voice for good governance. Recent revelations have, however, demonstrated such serious failures that the Bank’s moral authority is endangered. If the president stays, it risks becoming an object not of respect, but of scorn, and its campaign in favour of good governance not a believable struggle, but blatant hypocrisy.
»It is important to understand what is not at issue here. It is not Mr Wolfowitz’s unpopularity, even though his role as an architect of the Iraq war made him disliked from the start. It is not failures of management, even though his reliance on a group of outside appointees made him mistrusted by many inside and outside the Bank. It is not disagreements over development doctrine, where some convergence of views has occurred. It is not a romantic relationship with a subordinate, itself hardly a rarity in today’s world.
»The issue is whether the failures of corporate governance are serious enough to damage the Bank’s moral authority. In a world where curtailing corruption and improving governance have become central to the practice of development, the world’s premier development institution must, like Caesar’s wife, stand above suspicion.»
Et ainsi de suite…
Sources De Defensa
Posté par Adriana Evangelizt