Belgrade et Moscou opposés à une reconnaissance unilatérale du Kosovo

Publié le par Adriana Evangelizt

Belgrade et Moscou opposés à une reconnaissance unilatérale du Kosovo

La Serbie et la Russie ont réaffirmé jeudi leur opposition à toute reconnaissance unilatérale du Kosovo au moment où les Etats-Unis veulent conduire rapidement la province administrée par l'ONU à l'indépendance.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en visite à Belgrade, a déclaré que "toute reconnaissance unilatérale" de l'indépendance du Kosovo "déstabiliserait" la Serbie et les Balkans.

"Nous portons un grand intérêt à la stabilisation des Balkans et de la Serbie et cette stabilité peut être violée par toute tentative de reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo", a déclaré M. Lavrov à l'issue d'un entretien avec le président serbe Boris Tadic.

Cette déclaration intervient après que le numéro 3 du département d'Etat, Nicholas Burns, eut présenté devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants comme "inévitable" une prochaine indépendance du Kosovo tout en indiquant que les Etats-Unis entendaient "agir rapidement" pour l'y conduire.

M. Lavrov s'est rendu à Belgrade à la veille des réunions des pays du Groupe de contact sur le Kosovo, vendredi à Moscou et mercredi prochain à Berlin, avec l'espoir pour Européens et Américains d'atténuer les objections russes à une indépendance surveillée pour la province indépendantiste de Serbie.

Le chef de la diplomatie russe a répété que "toute solution" concernant le statut de la province serbe indépendantiste devait être "acceptable et pour Belgrade et pour Pristina".

"Toute solution imposée unilatéralement serait absolument inacceptable", a-t-il dit.

La Russie "part du principe qu'il est nécessaire de poursuivre les négociations" sur le Kosovo, a indiqué M. Lavrov.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit prochainement décider du statut du Kosovo sur la base des propositions de son médiateur Martti Ahtisaari qui a préconisé une indépendance surveillée pour cette province peuplée à plus de 90% d'Albanais qui réclament une séparation d'avec la Serbie.

Le Kosovo est administré par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999 après des bombardements de l'OTAN pour faire cesser la répression sur fond de nettoyage ethnique des forces serbes contre les séparatistes albanais.

La Russie, alliée traditionnelle de la Serbie, est montée au créneau pour critiquer le plan Ahtisaari que les Etats-Unis appuient à fond et poussent pour une résolution rapide de l'ONU confirmant ce statut.

Outre la Russie, des pays comme l'Espagne, la Grèce et la Slovaquie ont également fait des réserves et le Conseil de sécurité a accepté d'envoyer la semaine prochaine une mission d'information à Belgrade et au Kosovo avant de poursuivre ses discussions.

"Il est important que les membres du Conseil de sécurité voient de leurs yeux la situation" au Kosovo, a dit M. Lavrov précisant qu'il est "indispensable d'assurer à cette mission l'accès aux enclaves serbes" dans la province.

La Serbie a multiplié dernièrement les initiatives diplomatiques contre le plan de M. Ahtisaari et la visite de M. Lavrov a été précédée de celle du vice Premier ministre chinois Hui Liang Yu et de la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik.

La Chine, de même que la Russie, disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité et Belgrade espère pouvoir les rallier à ses vues.

La ministre des Affaires étrangères grecque Dora Bakoyannis était attendue, elle aussi, jeudi à Belgrade.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article