Estonie : La crise entre Tallinn et Moscou contamine toute la région

Publié le par Adriana Evangelizt

Estonie : La crise entre Tallinn et Moscou contamine toute la région

La crise russo-estonienne, provoquée par le déplacement d'un monument soviétique du centre de Tallinn, s'est étendue, lundi 30 avril, avec de nouvelles manifestations à Moscou et à Kiev et un appel à la démission du gouvernement estonien lancé par un responsable russe.


Alors que le monument controversé était réinstallé dans un cimetière militaire de la capitale estonienne, une délégation de la Douma (chambre basse du parlement russe) est arrivée lundi à Tallinn. Peu avant son départ de Moscou, le chef de la délégation, le député Nikolaï Kovalev du parti pro-Kremlin Russie Unie, avait demandé la démission du gouvernement d'Andrus Ansip, laissant ainsi peu d'espoirs sur un apaisement rapide du conflit.

"Il est évident que le gouvernement a provoqué cette crise et n'a pas pu faire face aux troubles dans lesquels une personne a été tuée", a déclaré ce député et chef de la commission aux vétérans de guerre. "Ce qui s'est passé en Estonie est sans précédent dans l'histoire mondiale. C'est une provocation contre la Russie", a-t-il ajouté.

Le chef de la commission aux affaires étrangères du parlement estonien, Sven Mikser, a jugé ces propos "extrêmement regrettables", dénonçant une ingérence "dans les affaires internes d'Estonie".

Le président estonien Toomas Hendrik Ilves a, lui, dénoncé la situation de "terreur psychologique" autour de l'ambassade d’Estonie à Moscou, où de nombreux manifestants se sont rassemblés. Le gouvernement de Tallinn a appelé l'Union européenne à intervenir pour faire cesser ce "siège".

A Kiev, la situation est similaire. Des dizaines de partisans de l'extrême-gauche pro-russe ont protesté devant l'ambassade d'Estonie, aux cris de "Le fascisme ne passera pas". Ils ont lancé sur l'immeuble des œufs et des ballons de peinture brune et collé des stickers représentant le drapeau estonien avec une croix gammée.

A l'inverse, le président conservateur polonais Lech Kaczynski a exprimé sa solidarité avec l'Estonie, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue M. Ilves. Le ministère polonais de la Culture a par ailleurs annoncé l'élaboration d'une loi qui "permettra d'enlever efficacement les monuments et les symboles de la domination étrangère sur la Pologne".
Posté par Adriana Evangelizt
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