La démission de Wolfowitz, une mauvaise nouvelle de plus pour Bush
La démission de Wolfowitz de la Banque mondiale,
une mauvaise nouvelle de plus pour Bush
La démission de Paul Wolfowitz de la présidence de la Banque mondiale est la dernière en date des mauvaises nouvelles de plus en plus nombreuses pour le président américain George W. Bush à mesure qu'approche la fin de sa présidence.
Paul Wolfowitz, l'un des principaux concepteurs de la stratégie ayant conduit à la guerre en Irak, ne faisait plus partie de l'administration depuis 2005.
Mais c'est bien à l'administration que l'ancien numéro deux du Pentagone devait son poste. Selon une règle non écrite, les Etats-Unis choisissent le président de la Banque mondiale.
"Je regrette qu'on en soit arrivé là. J'admire Paul Wolfowitz", disait M. Bush jeudi avant la démission.
Mais le soutien de la Maison Blanche s'amenuisait de jour en jour. Et M. Bush s'était abstenu de dire que M. Wolfowitz devait garder son poste.
"Nous regrettons cette conclusion", a dit un porte-parole de la présidence, Tony Fratto, après la démission.
"Paul Wolfowitz est un homme honnête, passionnément attaché au sort des pauvres dans le monde entier. Nous aurions préféré qu'il reste à la Banque mais le président (Bush) accepte avec réticence sa décision", a-t-il dit.
M. Bush annoncera "bientôt" le nom de celui qu'il proposera pour le remplacer, a-t-il dit.
La démission de M. Wolfowitz confirme que les temps sont durs pour M. Bush et ses alliés.
Des experts soulignent cependant que M. Bush a d'autres préoccupations en tête que M. Wolfowitz.
"C'est l'un de ses moindres soucis. Souvenez-vous qu'il s'agissait pour Wolfowitz d'un atterrissage en douceur après le Pentagone", observe l'expert Larry Sabato, "son plus grand souci, c'est l'Irak et je considèrerais même (le sauvetage du) ministre de la Justice (Alberto) Gonzales comme un problème plus grave" pour M. Bush.
L'Irak menace toujours de sombrer dans le chaos et exerce sur M. Bush une pression permanente. Il a jusqu'à septembre pour y faire prévaloir une nouvelle stratégie qui passe pour celle de la dernière chance.
La guerre a coûté leur majorité au Congrès à ses amis républicains lors des élections de novembre et les deux dernières années de sa présidence seront deux années de difficile cohabitation avec des démocrates qui essaient de lui imposer un retrait d'Irak.
La défaite électorale a scellé le sort du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.
Une partie des républicains se retournent contre M. Bush, inquiets des chances des leurs à la présidentielle et aux élections parlementaires de l'an prochain.
Les démocrates, qui saisissent toutes les occasions de contester l'autorité de M. Bush, tentent d'obtenir la tête du ministre de la Justice, accusé d'avoir oeuvré à l'éviction de hauts magistrats pour des raisons purement politiques.
Les mauvaises affaires se succèdent et M. Bush ne dépasse plus guère les 35% d'opinions favorables, tombant même à 28% dans un sondage récent pour le magazine Newsweek.
"C'est une autre avanie pour le président, en ce se sens qu'on associait si étroitement Wolfowitz à lui", dit Larry Sabato.
L'expert Eric Davis estime que la "Maison Bush" s'écroule peu à peu. Mais MM. Davis et Sabato relativisent l'impact politique de la démission de M. Wolfowitz, le mesurant à l'aune d'une crédibilité nationale et internationale considérablement ébranlée.
"Le sujet du jour, c'est la crédibilité", écrivait récemment le Washington Post, "faut-il croire ces trois fidèles de Bush (Wolfowitz, Gonzales et l'éminence grise de M. Bush, Karl Rove) quand ils nous disent que la pluie tombe vers le bas et ne remonte pas vers le haut, ou vaut-il mieux regarder par la fenêtre pour en être sûr?"
M. Davis voit aussi dans la chute de Paul Wolfowitz "une nouvelle indication du déclin de l'influence des néoconservateurs" dans l'administration: après MM. Wolfowitz, Rumsfeld, John Bolton, "des principaux architectes de la guerre en Irak, (le vice-président) Dick Cheney est le seul encore à son poste".
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt