Les relations tendues entre Moscou et Washington au sommet du G8

Publié le par Adriana Evangelizt

On se demande franchement à quoi sert ce G8 ? Apparemment, il ne va être question ni de l'Irak ni de la Palestine, deux points chauds cruciaux qui mettent le monde en danger.

Les relations tendues entre Moscou et Washington

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Les relations tendues entre Moscou et Washington devraient dominer jeudi la journée centrale du G8 de Heiligendamm, dont les dirigeants feront un tour d'horizon des crises de la planète avant d'élargir leur cercle vendredi aux pays africains et émergents.

Les présidents George W. Bush et Vladimir Poutine doivent en effet se retrouver en tête-à-tête après des semaines de reproches acrimonieux sur le réarmement présumé des Etats-Unis et les déficits de la démocratie de la Russie.

Sans trop d'illusion, les huit s'efforceront de creuser des voies de convergence sur le dossier du réchauffement climatique, pour ne pas faire trop mauvaise figure, le lendemain, à l'issue du sommet sur un thème qui caracole en tête des préoccupations de l'opinion publique mondiale.

Ce sera aussi une journée de préparation aux rencontres du dernier jour, qui verront les dirigeants des cinq grands pays émergents --Inde, Chine, Brésil, Mexique, Afrique du Sud-- et de six autres pays africains être associés aux travaux. L'aide au continent noir, et la tenue des promesses du sommet du G8 de Gleneagles sous présidence britannique en 2005, seront sous la haute observation des ONG du monde entier.

L'association des pays émergents aux efforts climatiques, la sécurité des investissements et la protection de la propriété intellectuelle, les standards sociaux, la transparence des marchés financiers préoccuperont les chefs d'Etat et de gouvernement, qui veulent montrer aux altermondialistes qu'ils sont soucieux des problèmes concrets touchant les pays du sud. A cet égard, les huit pourraient aussi se concerter pour relancer les négociations sur la libéralisation du commerce mondial à l'OMC.

Mercredi soir le sommet s'est ouvert sur fond de querelles sur le réchauffement climatique et de propos polémiques aux relents de guerre froide entre Américains et Russes sur le réarmement et la démocratie. Ce conclave annuel des pays les plus industrialisés s'est ouvert par une réception et un dîner dans un château baroque dans un cadre champêtre.

La chancelière Angela Merkel va devoir rabaisser ses ambitions au G8 sur le réchauffement climatique, en haut de l'agenda du sommet de Heiligendamm (nord-est): les Etats-Unis refusent qu'un objectif global à long terme de réduction des gaz à effet de serre (GES) soit annoncé. Auparavant, devant Angela Merkel, le président américain George W. Bush s'est voulu encourageant en assurant "vouloir travailler avec (le G8) à un accord post-Kyoto" sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pourtant, a reconnu Mme Merkel, "il est clair que les objectifs définis par les Européens ne peuvent être tous partagés immédiatement par le reste du monde". "La vraie question est: aura-t-on avancé à la fin du sommet? (...) ceci implique la reconnaissance de l'origine humaine du changement climatique et qu'il nous faut un processus dans lequel l'Onu soit impliqué", a-t-elle martelé. Le Premier ministre nippon Shinzo Abe a déclaré que le Japon et les Etats-Unis partageaient la recherche d'un "cadre réaliste" mais "souple".

Cette position illustre le rôle de médiateur qu'entend jouer M. Abe entre Européens et Américains. Mme Merkel a reçu en revanche des soutiens clairs des autres membres du G8 pour son approche sur le climat, qui prévoit dans le cadre de l'Onu une entente dès 2009 sur un nouvel accord post-Kyoto (après 2012) fixant des objectifs quantifiés.

Le président français Nicolas Sarkozy a ainsi réitéré son souhait d'obtenir au sommet du G8 "un objectif chiffré" dans le texte final. George W. Bush a par ailleurs rejeté mercredi l'idée que l'escalade verbale entre Russie et Occidentaux puisse être suivie d'une escalade militaire, en dépit des menaces du Kremlin. Plusieurs des alliés européens de M. Bush ont prôné la fermeté avec M. Poutine. Tony Blair a promis une "franche discussion" avec lui. Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré son intention d'avoir une dialogue franc avec lui.

Sur l'autre grand dossier du G8, l'aide au continent africain, le pape Benoît XVI a appelé solennellement mercredi les huit à respecter leurs promesses "d'augmenter substantiellement l'aide au développement" adoptées au G8 de Gleneagles en 2005. Certains pays seraient réticents à accorder de nouvelles aides, selon des sources des délégations.

Dans une atmosphère tendue, la police a utilisé mercredi des canons à eau pour repousser des manifestants qui s'approchaient de la barrière de sécurité entourant le site de Heiligendamm. Plusieurs routes ont été bloquées à proximité de la barrière, longue de douze kilomètres, ainsi que la voie ferrée côtière. Pour ce sommet sous haute tension, la petite station coquette de la côte baltique était complètement isolée du monde par 16.000 policiers, alors que des bateaux et des hélicoptères croisaient en mer et dans le ciel.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Poutine Bush

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