Kosovo: Bush refuse de dialoguer sans fin et menace d'agir sans accord russe

Publié le par Adriana Evangelizt

Kosovo: Bush refuse de dialoguer sans fin et menace d'agir sans accord russe

Le président américain George W. Bush a refusé dimanche un "dialogue sans fin" sur le Kosovo et, en pleine crise des relations avec la Russie, a menacé de passer outre à l'opposition de celle-ci pour établir l'indépendance de la province serbe à majorité albanaise.

Si Américains et Européens, favorables à l'indépendance du Kosovo, ne parviennent pas rapidement à un accord avec les Russes et les Serbes, qui y sont hostiles, "vous devez dire: ça suffit, le Kosovo est indépendant", a déclaré M. Bush, au cours d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre albanais Sali Berisha à Tirana.

S'il apparaît qu'un terrain d'entente ne peut être trouvé "dans un délai relativement rapide (...) nous devons déposer (au Conseil de sécurité de l'ONU) la résolution" conduisant le Kosovo à une quasi-indépendance, "c'est ce que date-butoir veut dire", a affirmé le président américain.

M. Bush a attendu la première visite d'un président américain en exercice en Albanie, voisine du Kosovo, pour prononcer ses propos les plus tranchés à ce jour sur la question.

Ils risquent de nuire encore davantage aux relations avec la Russie, déjà crispées à cause du projet antimissile américain en Europe.

"La question est de savoir si on aura un dialogue sans fin sur un sujet sur lequel nous avons déjà pris une décision. Nous pensons que le Kosovo doit être indépendant", a dit M. Bush, tout en exprimant son inquiétude sur l'impatience des Albanais du Kosovo et en pressant son hôte de veiller à ce qu'ils restent "calmes".

La province du Kosovo, peuplée à plus de 90% d'Albanais, est administrée par l'ONU depuis 1999 après des bombardements de l'OTAN pour faire cesser la répression des forces serbes contre les séparatistes albanais, qui réclament leur indépendance.

Les Européens et les Américains soutiennent un plan octroyant une quasi-indépendance à la province.

Les Serbes et leurs traditionnels alliés russes s'y opposent.

Le Conseil de sécurité, qui doit décider du statut de la province et où la Russie a un droit de veto, travaille à une résolution.

M. Bush n'a pas seulement réaffirmé son soutien à la cause kosovare, mais aussi à une intégration de l'Albanie à l'Otan, pour peu que ce pays continue à oeuvrer à satisfaire les critères. Pour les Etats-Unis, il s'agit de récompenser la contribution albanaise aux efforts militaires en Irak et en Afghanistan.

Le soutien de M. Bush lui a valu l'accueil chaleureux de milliers d'Albanais alors que, la veille encore, il était conspué par des dizaines de milliers de personnes à Rome.

"Nous avons parmi nous l'hôte le plus important et le plus distingué que nous ayons jamais eu, le président des Etats-Unis d'Amérique, le pays numéro un dans le monde libre", a dit le Premier ministre albanais devant M. Bush, qui n'était plus habitué à un tel éloge.

Mais les propos de M. Bush sur le Kosovo risquent de déplaire considérablement à son "ami" russe Vladimir Poutine.

Une explication en marge du sommet des pays industrialisés jeudi a fait baisser le ton, qui avait réveillé des échos de guerre froide récemment entre Moscou et Washington.

Mais M. Bush avait dû entendre M. Poutine lui demander de revoir complètement le projet des Etats-Unis d'étendre à l'Europe leur bouclier antimissile. La Russie offre en contrepartie de coopérer à un projet qui, actuellement, s'apparente, selon elle, à une relance de la course aux armements.

M. Bush a persisté dimanche à saluer la proposition russe comme un "geste très positif", à ne pas engager la réponse américaine et à préconiser que des experts des deux pays examinent ensemble les options.

Il a répété que l'actuel projet n'était pas dirigé contre la Russie.

M. Bush devait se rendre dans l'après-midi en Bulgarie, d'où il devait repartir lundi pour Washington après une tournée d'une semaine.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans Poutine Bush

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article