La Turquie sort ses griffes contre le PKK réfugié dans le Kurdistan irakien

Publié le par Adriana Evangelizt

La Turquie sort ses griffes contre le PKK réfugié dans le Kurdistan irakien

La Turquie a sensiblement renforcé ses troupes à la frontière irakienne, procédé à des manœuvres sur la ligne de démarcation et établi des zones de sécurité, autant de signes qui laissent entrevoir une éventuelle incursion en Irak pour neutraliser les camps des rebelles kurdes.

Mercredi, des informations faisant état d’une offensive turque dans le nord de l’Irak ont provoqué l’émoi alors que la Turquie est en campagne électorale à l’approche des législatives prévues le 22 juillet. Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a démenti ces informations. Mais il a insisté sur le fait qu’une intervention turque restait possible si les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) n’étaient pas mis hors d’état de nuire en Irak où ils agissent, selon Ankara, avec le soutien des factions kurdes, alliées des Américains.


« Nous ne voulons plus de promesses, mais des actions », a déclaré pour sa part le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qualifiant le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani de « chef de tribu ». Celui-ci a mis en garde jeudi contre « une invasion turque » qui serait, a-t-il souligné, « une attaque contre la souveraineté irakienne avant d’être une attaque contre les Kurdes ».


Si Ankara continue de faire pression sur les États-Unis et l’Irak pour qu’ils interviennent contre le PKK, menaçant, à défaut, de lancer elle-même des opérations transfrontalières, Washington s’y oppose, disant ne pas vouloir déstabiliser une région relativement épargnée par les violences qui secouent le reste du pays.


Selon Ankara, quelque 3 500 rebelles du PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara et Washington, seraient établis en Irak et 1 500 en Turquie. Dans les années 1990, la Turquie avait lancé des opérations d’envergure en Irak, mais sans réussir à les en déloger.
Actuellement, l’armée turque dispose d’un contingent de 1 500 soldats à quelques kilomètres de profondeur en territoire Irakien pour empêcher les infiltrations du PKK dans une zone escarpée sur une longue frontière poreuse de 384 km.


En dépit d’un cessez-le-feu décrété en octobre 2006, les rebelles ont profité du printemps pour relancer leurs attaques, avec le renfort d’éléments venus de leurs bases irakiennes. Le mois dernier, l’armée a lancé une vaste offensive dans le Sud-Est et déployé des unités supplémentaires à la frontière irakienne. 67 rebelles ont été tués, selon les médias. Mais les rebelles ont également provoqué de lourdes pertes dans les rangs de l’armée et un attentat attribué au PKK qui a fait huit morts en mai à Ankara a intensifié le débat autour d’une incursion turque.


Cinq ans après la levée de l’état d’urgence dans les régions de combat, l’armée a annoncé avoir établi pour trois mois des zones de sécurité et des manœuvres à balles réelles se sont déroulées dans la zone frontière. Et hier, l’état-major a exhorté dans un communiqué les Turcs à se mobiliser « massivement » contre les actions du PKK.


« C’est une démonstration de force, l’une des étapes de la gestion de crise. C’est dire que “si la diplomatie ne marche pas, nous entrerons (en Irak)”. Mais pour l’instant nous n’en sommes pas encore là », commente Ercan Citlioglu, un analyste en terrorisme. Cet expert du PKK pense que « le fondement légal d’une incursion en Irak n’a pas été constitué », en référence à la nécessité d’un feu vert du Parlement turc pour que le gouvernement puisse envoyer des dizaines de milliers de troupes en Irak. M. Citlioglu croit néanmoins savoir que des unités limitées en nombre effectuent régulièrement des incursions éclairs en Irak pour pourchasser les rebelles.

Sources Lorient le Jour

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Kurdes

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