A qui profite l'opium afghan ?
Là aussi, il est grand temps d'arrêter de nous prendre pour des imbéciles. En 2001, la production d'opium était de 185 tonnes, cette année, on atteint le pic de 8200. Comme nous le disions ICI, pour transformer une tonne d'opium brut en héroïne, il faut, selon les experts, 2 à 6 tonnes d'anhydride acétique que l'on nomme aussi précurseur. Comptez combien il en faudra pour 8 200 tonnes. En coupant la poire en deux et en multipliant par 3, cela donne 24 600 tonnes de précurseur. Sachant que ce produit ne se trouve pas en Afghanistan, il est donc sensé venir de l'extérieur en camion. Le transport se faisant par camion de 20 tonnes, il en faudrait donc 1230. Une sacrée caravane qui ne passerait pas inaperçue, c'est certain, même si on la coupe en quatre. Or en se rendant sur le site de l'Organe International de Contrôle des Stupéfiants, chargé de faire la chasse à ce fameux produit, que lit-on au paragraphe 66... à mourir de rire... Le fait que ni l’Afghanistan ni les pays limitrophes ne déclarent de saisies est toutefois un sujet de préoccupation. L’Afghanistan n’a pas de besoin licite d’anhydride acétique et n’en importe pas. Par ailleurs, l’Organe a été informé, par le biais des mécanismes informels créés dans le cadre de l’Opération “Topaz”, de la saisie d’au moins 300 litres de cette substance en 2004 et de 390 litres supplémentaires en 2005 à Kaboul, ce qui laisse supposer que ce produit entre en contrebande dans le pays. Le plus gros producteur d'opium qui aurait besoin de 24 600 tonnes d'anhydridre pour transformer l'opium n'en importerait pas ! Nous en déduisons donc que s'il n'y a pas d'importation du précurseur, l'opium est transformé ailleurs. Et qu'il y aurait donc exportation de l'opium. Et qui franchement peut aller et venir en avion sans subir de controle ? Il y a bien sûr tous les avions et navires de l'OTAN et des armées de la coalition. Il y a aussi un article de Michael C. Ruppert qui nous a interpellé intitulé Bush-Cheney, leur empire de drogue... où il est question d'Halliburton et de sa filiale Brown & Root. Ruppert dit que partout où il y a ces deux sociétés, il y a trafic de drogue. Pour passer 8200 tonnes d'opium, il faut les stocker quelque part. Mais où ? Quelques photos reçues d'un ami qui nous veut du bien, nous ont interpellés. Halliburton est bien équipé. Il y a déjà les avions qui transportent le courrier pour les soldats...



Halliburton se charge aussi de rapatrier tout un tas de matériel vers les USA... dont des pneus...


Mais aussi des centaines de containers... qui sont soit-disant vides...

des containers vides que l'on prend grand soin de répertorier...

et ces containers vides rapatriés aux USA par Halliburton nous intriguent. Voilà.
A qui profite l'opium afghan ?
par Simon Petite
Le paradoxe est de taille. Depuis l'intervention des forces occidentales, l'Afghanistan produit des narcotiques comme aucun Etat ne l'avait fait depuis la Chine au 19ème siècle. Cette année, la récolte de pavot battra tous les records, a annoncé lundi l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). 8200tonnes d'opium seront extraites, pour être ensuite transformées en héroïne pure.
Avant d'être chassés du pouvoir, les talibans avaient presque éradiqué les cultures de pavot. L'insignifiante récolte de l'année 2001 -185 tonnes- était à mettre au crédit d'une fatwa du mollah Omar. Les étudiants en théologie agissaient autant par conviction religieuse que pour obtenir une reconnaissance de leur sinistre régime. Mais les attentats du 11 septembre sont venus balayer leurs espérances.
Désormais dans la rébellion, les talibans s'accommodent fort bien de la fleur rouge. Elle leur fournit une manne inespérée pour financer leur guerre contre les troupes de l'OTAN. La preuve? Les champs se sont surtout multipliés dans le Sud de l'Afghanistan, là où les combats font rage.
«Puisque le trafic de drogue et l'insurrection se nourrissent l'une l'autre, les forces internationales ont un intérêt direct à soutenir des opérations anti-narcotiques», a estimé Antonio Mario Costa, le directeur général de l'ONUDC.
Mais si les soldats de l'OTAN traînent tellement les bottes, c'est que l'argent de la drogue profite tout autant aux peu recommandables seigneurs de guerre, sur lesquels s'appuient les Etats-Unis et leurs alliés européens.
Selon les estimations, la production d'opiacées représente le tiers du produit intérieur brut de l'Afghanistan. Il serait naïf de penser que les héritiers du commandant Massoud ne touchent pas à leur part d'un gâteau si alléchant. La corruption gangrène l'embryon d'Etat. La police est déjà incapable de stopper l'entrée des produits chimiques qui alimentent les labos clandestins. Comment pourrait-elle s'attaquer à des trafiquants au bénéfice de puissantes protections?
De l'aveu même de l'ONUDC, les simples opérations d'éradication des champs de pavot se heurtent à des résistances de plus en plus farouches. Loin, très loin de Kaboul, là où personne n'a vu l'argent de la reconstruction mais où on entend siffler les bombes des avions alliés, les paysans préfèreront encore longtemps planter du pavot plutôt que des légumes. On comprend mieux les hésitations à Washington, Londres ou Bruxelles quant à l'ouverture d'un front anti-drogue. Car les états-majors espèrent toujours «gagner les coeurs» des Afghans. Douce illusion. En l'absence de toute solution politique globale, les forces étrangères ne sortiront pas du dilemme de l'opium afghan. Accepter un narco-Etat ou s'aliéner encore davantage la population afghane.
Sources Le Courrier
Posté par Adriana Evangelizt