Les Usa copient sur les Romains

Publié le par Adriana Evangelizt

L'hyperpuissance sans complexe

Empire

par Cyril Capdevielle

Ses articles

L’empire états-unien s’assume désormais sans complexe, il est même théorisé par les élites d’un pays qui assume de plus en plus sa distance avec les idéaux démocratiques. Ainsi la Fondation Heritage a organisé une conférence sur les leçons de l’empire romain pour l’Amérique d’aujourd’hui (The Lessons of the Roman Empire for America Today). A l’instar de Rome, les États-Unis sont invités à jouer pleinement leur rôle d’hyperpuissance, notamment par la guerre et la prédation. L’impérialisme états-unien n’est pas une construction mentale de gauchistes ou autres altermondialistes, il s’agit bel et bien d’une réalité revendiquée.

La très conservative Heritage Foundation, a organisé fin décembre 2005 dans ses locaux à Washington une conférence sur les leçons à tirer de l’empire Romain pour l’Amérique d’aujourd’hui (The Lessons of the Roman Empire for America Today), démontrant ainsi que l’impérialisme états-unien n’est pas une construction mentale des « gauchistes » ou des altermondialistes. Bien au contraire les élites proches du pouvoir semblent assumer sans complexe les prétentions impériales du pays.

L’universitaire J. Rufus Fears s’emploie à établir un parallèle entre l’empire romain et les États-Unis, notamment pour ce qui est de l’aventure coloniale irakienne en puisant dans l’histoire des États-Unis et celle de l’empire Romain lors de sa phase d’expansion moyen-orientale. Les deux empires seraient les deux seules superpuissances absolues ayant jamais existé de par leur domination militaire, politique, économique et culturelle.

Après avoir brièvement passé en revue les magnifiques réalisations des romains en matière culturelle, architecturale, et leur supposée économie de marché rendant possible la mobilité sociale, viennent les raisons de la décadence et la chute de l’empire qui trouverait son explication dans sa politique en Europe orientale et au Moyen-Orient.

Les Romains ont commencé leur phase d’expansion moyen-orientale au 2ème siècle avant JC, pour « rétablir l’ordre et la stabilité dans la région », puis se sont retrouvés impliqués politiquement dans la région pour ensuite établir à partir du premier siècle avant JC des États vassaux jouissant d’une vaste autonomie. Enfin ils durent se résoudre à l’occupation militaire et à l’administration directe de la quasi-totalité de la région à partir du 2ème siècle après Jésus-Christ.

La Perse que Jules César envisageait d’envahir demeura à l’ écart des visées romaines car considérée comme difficile à « absorber ». Elle conserva sa sphère d’influence reconnue par ces derniers. Cependant le Moyen-Orient devint rapidement un bourbier avec notamment le guerre civile en Judée et des troubles en Égypte, ce qui montra rapidement les limites de leur armée tout en grevant les finances de l’empire. Les conséquences ne se firent pas attendre avec d’une part les tribus germaniques qui formèrent des fédérations et autres coalitions pour défier l’empire sur le flanc Ouest, et simultanément l’expansionnisme de la Perse qui grignota les frontières de l’empire à l’Est..

En définitive pour replacer ces évènements dans le contexte d’aujourd’hui et pour tirer les leçons du passé, les États-Unis seraient bien avisés de se méfier de l’Iran, et des blocs régionaux comme l’Union Européenne ! L’empire se doit d’être global et aucun front ne doit être négligé.

J. Rufus Fears, en tire cinq grands enseignements. Le premier étant que les démocraties libérales s’accommodent difficilement de leurs voisins, ainsi les pays riverains de la Méditerranée ont longtemps vécu dans un état de guerre permanent entre nations. La paix et la prospérité n’ont été possibles que sous la domination de l’empire. Deuxièmement, les institutions de la liberté sont difficiles à exporter, les Romains ont fini par comprendre que la liberté n’était pas une valeur universelle et que les peuples privilégient la sécurité ce qu’il a réussi à apporter. Troisièmement, une empire ne peut être régi par une constitution faite pour une ville-État comme l’était Rome lors de sa fondation. Les Romains se sont donc résignés à accepter une dictature militaire pour demeurer une superpuissance. Quatrièmement, une superpuissance ne peut faire machine arrière, car elle engendre trop de haine. La cinquième et dernière leçon à tirer de l’empire romain étant que ce qui compte, c’est le legs ou bilan que l’on laisse pour la postérité.

L’empire états-uniens est donc désormais théorisé et assumé par les élites d’un pays qui s’éloigne de plus en plus de la démocratie pour assumer et revendiquer son rôle de superpuissance par la guerre et la prédation des ressources.

Ci dessous lien vers la transcription

- The Lessons of the Roman Empire for America Today
The Heritage Foundation (PDF Pdf (GIF) 288 Ko)

- Lien vers la retransmission video de la conférence ( Real audio)

Sources : RESEAU VOLTAIRE

Posté par Adriana Evangelizt

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