Pour en finir avec les ADM

Publié le par Adriana Evangelizt

Encore un article qui date mais vraiment excellent...

Pour en finir avec les ADM

par François-Bernard Huyghe

 
Médiologue, enseigne à HEC, au CELSA, et à l'Ecole de Guerre Economique, il est notamment l'auteur de "La soft-idéologie", "La langue de coton", "Les experts", mais aussi de travaux écrits avec son épouse sur les grands réseaux historiques de transmission (route de la soie...).
Pour en finir avec les Armes de Destruction Massive en Irak, il faudrait qu’il y en ait eu pour commencer. Quand, le 3 Février 2004, G.W. Bush annonce la création d’une commission d’enquête indépendante, il rend un hommage indirect à ce frenchie de La Palice. G.W.B. qui devrait théoriquement être l’homme le mieux informé du monde avoue par là ou bien un mensonge d’État inégalé ou bien un aveuglement inconcevable. Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, le seul enjeu de la formation de commissions d’enquête indépendante – comme il en est maintenant question – sera de savoir si elles concluront à une erreur des services de renseignement ou à des trucages délibérés par l’autorité politique. Pour le dire plus brutalement  : qui portera le chapeau, la « communauté de l’intelligence » ou les néo-conservateurs de la Maison-Blanche ? et dans les deux cas, avant ou après l’élection présidentielle américaine ?

 

 

 

Chacun a entendu au moins une fois la fameuse phrase. «  Comment peut-on être certain à 100% de l’existence de quelque chose et à 0% de son emplacement » demandait Hans Blix ancien chef des inspecteurs de l’O.NU. commentant l’incapacité des Etats-Unis à trouver la moindre A.D.M. en Irak après plusieurs mois d’occupation. C’est la vraie question.

 

 

 

Un an a passé depuis le discours de Colin Powell le 5 Févier 2003 (souvenez-vous : plus de 8500 litres d’anthrax, de 18 laboratoires mobiles, de100 à 500 tonnes d’agents chimiques dont le gaz énervant VX, le programme nucléaire sur le point d’aboutir, les photos satellites, les conversations interceptées…). Or une armée d’occupation de plus de 130.000 hommes ayant un budget de 400 milliards de dollars (sans compter les 87 qui doivent se surajouter pour la reconstruction de l’Irak) est moins efficace à l’usage qu’une poignée de bureaucrates onusiens dont les faucons faisaient des gorges chaudes.

 

 

 

 

 

Ce qui ne laisse que trois conclusions logiques également déplaisantes pour les U.S.A. :
- le danger des ADM a été délibérément exagéré ou falsifié par un groupe d'idéologues
- l'énorme machine de l'intelligence US, qui n'avait pas vu les signaux annonciateurs du 11 septembre, s'est trompée sur ceux de l'armement irakien. Pourquoi la croire sur l'Iran ou sur la Lybie ?
- Saddam Hussein est plus fort que le génie de la lampe. Capable de diriger des centaines d'attentats depuis un trou sans téléphone ni radio, il avait auparavant fabriqué un énorme arsenal puis l'a fait disparaîte ou l'a transmis à des terroristes ou à des Etats Voyous. Cela signifie que la guerre US a produit un résultat inverse de celui qu'elle cherchait. Elle a contribué à la prolifération.   

 

 

 

A  VOEUX ET FORGERIES
 
 

 

Pour nous aider - au cas où nous en aurions besoin- à décider entre les trois thèses nous disposons d'un bon nombre d'éléments récents.
 
Les  révélations pleuvent qui mettent en cause la bonne foi des autorités américaines. Et toutes n’émanent pas d’antiaméricains krivino-villepino-lepénistes

 

 

 

Petit rappel :

 

 

 

Un récent rapport de la très sérieuse Carnegie Endowment for International Peace , conclut (dans le rapport WMD in Irak, Evidence and Implications, téléchargeable sur leur site)
- que le programme nucléaire irakien avait été abandonné depuis longtemps,
- que les agents chimiques avait sans doute perdu leur efficacité depuis 1991 
- que les futures capacités de l'Irak dans le domaine des armes biologiques étaient pour le moins douteuses
- qu'au pire on pouvait soupçonner Saddam d'avoir pu reprendre son programme dans un délai relativemnet bref et de se doter de vecteurs dans l'avenir.
- et dans tous les cas : "Que l'Irak ait pu détruire, cacher ou sortir du pays des centaines de tonnes d'armes chimiques ou biologiques, des dizaines de SCUD et les autres moyens utilisés dans une production en cours d'armes chimiques et biologiques, dont les officiels affirment l'existence, cela est invraisemblable, du moins pas sans que les Etats-Unis aient détecté un signe de cette activité avant, pendant ou après la période de combat majeure de la guerre".
 

 

Un ancien Secrétaire au Trésor Paul O’Neill qui s’exprime : il avait démissionné fin 2002 en raison de son désaccord avec la politique fiscale du président Bush. Dans un livre de confidences à un journaliste du Wall Street Journal puis dans plusieurs interviews, O’Neill révèle que la guerre contre l’Irak était planifiée bien avant le 11 Septembre. Il ajoute que les rapports de renseignement sur les A.D.M. auxquels il a eu largement accès ne contenaient aucune preuve mais de simples suppositions.

 

 

 

Un rapport de L'institut de recherches stratégiques du Collège de guerre de l'armée américaine critique l’inefficacité de la guerre en Irak dans la lutte contre le terrorisme. C’était une guerre « inutile ».

 

 

 

Kenneth Pollack, un démocrate, auteur  d’un livre en faveur de la guerre affirmant que Saddam était sur le point d’acquérir l’arme nucléaire reconnaît à présent dans The Atlantic Magazine que la communauté de l’intelligence U.S. s’est basée sur des sources douteuses et qu’en tout état de cause, l’administration Bush a déformé leurs conclusions.

 

 

 

La série se poursuit : voici que, le 23 Janvier, David Kay, le chef des inspecteurs U.S. chargés de retrouver les ADM, démissionne. Il contredit le vice-président Dick Cheyney qui soutenait encore que les ADM devaient bien être quelque part. Kay avoue que Saddam Hussein ne possédait pas de stocks d’ADM, qu’il n’y avait donc guère de chances que son équipe de plus de mille personne ait jamais eu la moindre chance les trouver, et moins encore qu’on en découvre un jour.

 

 

 

Le lendemain Powell en est réduit à avouer que ses fracassantes déclarations devant l’ONU le étaient basées «  sur ce que notre communauté de l’intelligence pensait crédible à l’époque. ».

 

 

 

Même une ancienne star de la politique américaine, Robert Mc Namara, se déclare « dégoûté » de la façon dont l’actuelle administration répète les erreurs et les falsifications d’il y a quarante ans. Et pourtant Mc Namara était responsable de la non-information de la Maison Blanche sur la situation réelle au Vietnam, un trucage si éhonté que depuis sa révélation dans les fameux « papiers du Pentagone », 47 volumes de documents publiés dans les années 60, son nom était devenu synonyme de mensonge d’État. C’est un connaisseur.
En Grande-Bretagne, l'ancien Secrétaire aux Affaires Etrangères Robin Cook dit qu'il n'est plus possible de soutenir que la guerre "préemptive" d'Irak était justifiée par un quelconque danger et qu'il faut donc renoncer à cette fiction.
  

 

Cerise sur le gâteau : the Observer du 1 Février rapporte les révélations d’agents de l’intelligence U.S. de haut niveau : dès Mai 2003 les autorités U.S. savaient qu’elles ne trouveraient pas de réserves d’armes chimiques ou biologiques en Irak. Ce qui signifie que, même si l’on admet l’hypothèse qui leur est la plus favorable (à savoir que toute cette affaire résulte d’erreurs des services de renseignement et non d’un mensonge délibéré) les dirigeants U.S. ont organisé une comédie de la recherche des ADM pour des raisons de pure propagande.

 

 

 

 

 

Faut-il continuer la liste ?

 

 

 

Même Condoleeza Rice argumente que Saddam Hussein avait simplement un « programme » pour acquérir des ADM. Bref on glisse vers une version un peu dure du principe de précaution : dans le doute, il fallait éliminer. Ou à un bizarre raisonnement : nous vous avons vendu la guerre pour de fausses raisons, mais les vraies que nous ne vous avions pas dites (la nécessité d’éliminer un régime effroyable) étaient encore meilleures.

 

 

 

Au total, il ne semble plus y avoir que Tony Blair et un député français pour croire à la réalité des A.D.M. Nous ne résistons pas à la tentation de leur opposer le bon sens de Colin Powell : « combien de stocks avait-il (Saddam), à supposer qu’il en ait eu ? et si ces stocks existaient où sont-ils passés ? Et s’ils n’existaient pas, comment se fait-il que nous ne l’ayons pas su avant ? » La réponse est dans la question. Difficile de faire un aveu plus cinglant !

 

 

 

 

 

GUERRE DES ARMES ET GUERRE DU FAUX

 

 

 

 

 

Par ailleurs, non seulement, les preuves négatives s’accumulent (pas un gramme d’arme chimique, pas un laboratoire crédible…) mais les indices positifs d’un trucage délibéré se multiplient :
- affaire de la vieille thèse de l'étudiant recopiée à la faute d'orthographe près
- affaire Kelly, qui est au départ une affaire de déformation d'un rapport des services de renseignement pour y rajouter l'information que les ADM irakiennes pouvaient être déployées en 45 minutes.
- affaire de l'uranium nigérien (Bush déclarant, sans le moindre élément crédible, tout au contraire, que "le gouvernement britannique a découvert que Saddam Hussein cherchait des quantités significatives d'uranium en Afrique").
- affaire dite de la "cabale". Regroupée au sein de l'OSP (Office of Special Planning), une cellule dirigée par Abram Shulsky sous la direction du sous-secrétaire d'Etat Douglas Feith. Elle était formée par une dizaine d'analystes politiquement proches de Paul Wolfowitz. Ils synthétisaient les données émanant de la "communauté de l'intelligence" (CIA, National Security Agency, Defense Information Agency, ...) pour préparer le dossier contre l'Irak. D'après des témoignages, anonymes d'agents de renseignement d'abord, puis celui  à visage découvert du lieutenant-colonel à la retraite Kwiatowki, la cabale ne retenait que les indices et témoignages favorables à sa thèse. Elle transformait les hypothèses en certitude quand cela les arrangeait. Ainsi dans les confessions -datant de 1995- de deux exilés irakiens de haut rang, assassinés depuis par Saddam, les frères Kamel, ils ne retenaient les descriptions terrifiantes de l'arsenal chimique et biologique irakien, mais pas la partie du témoignage où les repentis précisaient que ces armes avaient été détruites, il y a plusieurs années.
  

 

En fait, nous commençons à comprendre le mécanisme. Le dossier d’accusation a mêlé au moins sept niveaux de réalité :
- Les ADM dont l'Irak avait reconnu l'existence avant le départ des inspecteurs de l'Onu en 98 et qui auraient été détruites
- Celles dont ces inspecteurs pensaient qu'elles leur avaient été dissimulées avant 98 (p.e. des camions laboratoires dont l'existence relève d'une simple hypothèse de travail ou les armes qu'énumérait une thèse d'étudiant de 1991 recopiée fautes d'orthographe comprises par un rapport britannique de Février 2003)
- Des spéculations, ceomme celle d'un rapport de l'Interantonal Institute for Strategic Studies à l'automne 2002 sur les armes que les Irakiens auraient pu conserver voire développer depuis 1998, au vu de leurs capacités technologiques supposées
- Des considérations sur les erreurs ou contradictions dans les nouvelles déclarations de l'Irak à l'Onu juste avant la guerre, quand Saddam voulait démontrer qu'il avait éliminé toute ADM
- Des éléments d'intelligence américaine, comme les photos satellites et enregistrement présentés par Powell aux Nations Unies et interprétées comme des preuves del a duplicité irakienne. Ce fut le cas des tubes d'aluminium dont l'épaisseur laissait penser à Powell qu'ils auraient pu servir dans les centrifugeuses atomiques et qui continuent à diviser les experts
- Divers "tuyaux" vendus aux service de sécurité et plus ou moins vérifiés comme des faux documents sur l'achat d'uranium
- De pures et simples inventions comme les "45 minutes" ou la légende des drones irakiens qui pouvaient atteindre la côte Est des Etats-Unis
- La conviction générale queles Irakiens avaient un programme d'ADM voire la conviction exprimée par GW Bush lui-même qu'il n'y avait pas vraiment de différence de fonds entre a) avoir réalisé un programme d'ADM, b) envisager de le faire et c) pouvoir éventuellement le faire un jour. 

 

 

 

  

 

Un peu compliqué n’est-ce pas ? C’est justement là-dessus que tout repose : en jouant sur les dates et les sources, en mêlant le possible et l’avéré, en multipliant les références convergentes, mais surtout en jouant sur le fait que personne ne croirait à l’énormité de leur mensonge, une poignée d’hommes ont pu manipuler à leur guise la plus formidable machine de surveillance qui ait jamais existé.

 

 

 

 

 

DE LA GUERRE PRÉEMPTIVE À LA PRÉCAUTION RÉTROACTIVE

 

 

 

 

 

De fait, les faucons en sont maintenant amenés à employer rétrospectivement deux arguments ensemble ou séparément. Ils ne valent guère mieux que celui des ADM :
- 1) Saddam avait un programme d'ADM qu'il n'aurait pas manqué de réaliser rapidement ; nous n'avons fait que prévenir.
- 2) Le vrai motif de la guerre est qu'il fallait d'urgence mettre hors d'état de nuire un régime dictatorial. Songez que Saddam gazait son propre peuple !
  

 

Or :

 

 

 

L’argument 1 est  inapplicable : on concédera que, dans leurs rêves les plus fous,  tous les dirigeants autoritaires du monde arabe, voire tous ceux du Sud, souhaiteraient se doter d’armes nucléaires comme Israël ou d’ADM qui rendraient leur défense de « faibles » dissuasive à l’égard d’un « fort » comme les U.S.A. Mais il n’y a que dans le roman d’Orwell 1984 ou dans le film de Speilberg  Minority Report que l’on punit les crimes dès que la tentation en est née dans l’esprit du coupable. Ce ne sont pas  exactement des modèles pour une démocratie qui prétend lutter contre l’Axe du mal, et les gens qui « haïssent la liberté ». De plus, à supposer même que l’intention du crime  (ou l’intention de se doter de l’arme du crime ) doive être réprimée comme l’exécution même, l’Irak sous embargo, sous surveillance constante de la plus grande machine panoptique de l’Histoire, et n’ayant pas la maîtrise de son espace aérien était-il le candidat le plus urgent à une telle démonstration logico-judiciaire ?

 

 

 

L’argument 2 se justifie soit sur un plan moral, soit sur un plan pratique, soit par les deux.

 

 

 

S’il se justifie en morale, pourquoi ne pas l’avoir employé pour rallier la communauté des nations à cette juste guerre et pourquoi avoir menti  sur les finalités du conflit ? Il est vrai que cette morale-là n’est peut-être pas si désintéressée : elle confère à un État puissant le droit de supprimer tout régime tyrannique ou il veut et quand il veut (donc à contrario de ne pas le supprimer chez ses alliés, quand cela lui est utile ou quand ce n’est pas opportun). Ainsi formulée, cette quête  éthique ressemble furieusement à la poursuite d’intérêts de puissance.

 

 

 

S’il se justifie en pratique, il faut démontrer que la guerre préemptive incite concrètement les tyrans à renoncer à leurs sombres desseins, qu’elle fait reculer le terrorisme, et qu’elle  encourage les mouvements démocratiques. La comparaison des résultats en Irak même et des conséquences politiques qu’en ont tiré Pyong yang et Tripoli ne sont pas des preuves aveuglantes de cette logique.

 

Certains pays peuvent envisager de se doter de technologies de destruction au plus vite puisqu’ils risquent une attaque en tout état de cause. D’autres au contraire négocient contre des avantages politiques et diplomatiques un renoncement à des armes qu’ils ne possèdent pas ou à peine. La dissuasion dite du fort au fou risque d’être remplacée par la dissuasion du flou au tricheur
Que les USA aient attaqué l'Irak où l'on ne trouve pas d'ADM et négocie avec la Corée qui les étale au grand jour est absurde. Comme sont absurdes les résultats bien connus des deux guerres de libération récentes : désormais l'Afghanistan démocratique exporte de l'opium et l'Irak libre importe de l'essence.  

 

 

 

 

 

Tout nous ramène au même point : l’idée, au cœur de la nouvelle doctrine stratégique, à savoir que les U.S.A soient en droit de prendre des mesures de contre-prolifération pro-actives comme on dit dans le jargon du Pentagone. En clair : attaquer un pays pour détruire ou saisir ses ADM qu’il serait sur le point d’utiliser ou de fournir à des terroristes. Cette doctrine militaire confond l’intention hostile, le mal politique (la « haine de la liberté » prêtée aux régimes que l’on s’apprête à renverser) et la détention d’un certain type d’armes. Il faudrait d’ailleurs questionner la notion même d’A.D.M. qui mêle a) armes atomiques se prêtant à un usage militaire stratégique, b) les armes chimiques efficaces sur des zones territoriales restreintes mais dépendant entièrement de vecteurs high tech et c) armes dont personne n’a prouvé qu’il contrôlait vraiment la portée

 

 

 

Cela ne pose pas seulement des problèmes moraux (justification de la frappe sur simple soupçon, risque que d’autres pays n’imitent l’exemple U.S, risque qu’une poignée d’hommes acquièrent ainsi le droit d’attaquer une nation qu’ils estiment dangereuse)…

 

 

 

Il en découle surtout des problèmes de fait : si le prétexte matériel de la frappe est erroné ou falsifié ou impossible à prouver, le système perd toute crédibilité. La frappe préemptive n’est efficace que si les alliés -qui sont censés s’engager contre un péril pressant menaçant- tous les hommes libres en sont persuadés Et que si l’opinion mondiale est majoritairement convaincue que la guerre n’a pas été menée pour des motifs intéressés. Sinon elle aboutit à multiplier ses ennemis et à décourager ses amis. Quand la guerre se veut judiciaire, son argumentaire doit être exemplaire.

 

 

 

 

 

AU CŒUR DE L’ILLUSION STRATÉGIQUE

 

 

 

 

 

Le fait que les A.D.M. aient servi de « prétexte » - quoi que l’on pense du « vrai motif », renverser le régime baasiste, par exemple ou contrôler le pétrole – n’est pas secondaire. Il est impossible de s’en débarrasser sous le prétexte que les guerres ont toujours été déclenchées pour des motifs hypocrites ou fabriqués.

 

 

 

L’erreur des ADM a des conséquences à long terme.

 

 

 

Faute d’arme du crime à présenter, la guerre préemptive ne remplit ni sa fonction directe (mettre fin au danger), ni sa fonction indirecte de dissuasion. Le message qu’elle est censée envoyer, à travers l’élimination de l’armement, était le suivant : « Dictateurs et terroristes, voyez ce qui arrive &agra
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Publié dans NUCLEAIRE

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