Le Parti Républicain perd la confiance des Américains

Publié le par Adriana Evangelizt

Le Parti républicain perd la confiance des Américains


par Corine Lesnes
 

Si ce n'est pas la déprime, côté républicain, cela n'en est pas loin. Avant même la défaite annoncée par bien des sondages aux élections législatives du 7 novembre, les conservateurs américains sont en pleine autoflagellation.

Il n'y a guère que George Bush et son conseiller Karl Rove qui fassent encore preuve d'optimisme. "Je fais partie de ceux qui croient que nous allons conserver la Chambre et le Sénat, a déclaré le président américain dans un entretien diffusé, dimanche 22 octobre, par la chaîne de télévision ABC. Si nos candidats expliquent que nous avons un plan pour protéger ce pays contre les terroristes et s'ils parlent de l'économie, tout ira bien."

A quinze jours du scrutin, les sondages ne confirment pas cet optimisme. 55 % des Américains ont envie de changement à la tête du Congrès. Dans le Kansas, Etat "pro-Bush" s'il en est, neuf anciens républicains se présentent sous les couleurs démocrates. Ils craignent que leur base ne les boycotte comme elle l'a fait en 1974, après le scandale du Watergate, quand l'élection avait abouti à un raz-de-marée démocrate.

Les barons du parti incriminent la situation en Irak. Ils sont de plus en plus nombreux à réclamer un changement de stratégie, ou au moins quelques effets d'annonce, sans attendre la remise du rapport de la commission des sages, dirigée par l'ancien secrétaire d'Etat républicain James Baker et le démocrate Lee Hamilton. "Il y a trop de victimes. Si nous avons une meilleure stratégie, il vaudrait mieux l'adopter tout de suite", a déclaré le sénateur républicain modéré Arlen Specter. Même le vénérable sénateur Richard Lugar s'impatiente.

Il est vrai que certains sondeurs placent maintenant le Sénat à portée des démocrates. Si la majorité changeait, M. Lugar et quelques-uns de ses collègues pourraient perdre la présidence de leurs commissions. "Nous passons notre temps à dire au premier ministre (irakien) : remettez vos chiites en ordre, les sunnites, et partagez le pétrole, a déclaré le sénateur. Et (Nouri) Al-Maliki nous dit : il n'y a aucun groupe ici qui veuille entendre parler de ce genre de choses."

Samedi, M. Bush a réuni ses chefs militaires, pour montrer que la réflexion est engagée et qu'elle se situe du côté du Pentagone. Si la stratégie "ne marche pas, a-t-il dit, nos commandants en changent". Une conférence de presse commune de l'ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalilzad, et du commandant des forces, le général George Casey, prévue pour le début de la semaine, a alimenté les spéculations.

Comme à chaque fois que le débat fait rage dans l'administration, les journaux sortent des informations contradictoires. Le New York Times a affirmé que le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, allait être mis en demeure de respecter certaines échéances, notamment pour le désarmement des milices. La Maison Blanche a démenti.

Outre l'Irak, les sujets de déception sont nombreux. Les conservateurs reprochent au Congrès d'avoir dépensé sans compter - la guerre coûte 100 000 dollars chaque minute. Ils craignent de perdre leurs chances d'obtenir la pérennisation des réductions d'impôt si le Congrès passe à l'opposition. Les néoconservateurs sont presque dissous, mais il leur reste Bill Kristol, qui reproche à M. Bush d'être tombé dans les mêmes travers que son prédécesseur démocrate Bill Clinton : "Une combinaison de faiblesse et de voeux pieux."

Les paléorépublicains reprochent aux néoconservateurs leur "insupportable arrogance". "Ce n'est pas tant qu'ils aient eu tort. C'est que personne n'a pu les convaincre qu'ils aient jamais fait la moindre erreur", a déclaré David Keene, de l'American Conservative Union, au New York Times.

Le soutien des évangélistes, qui représentent un tiers des supporters du parti, a diminué de 20 points en deux ans, selon le centre d'analyses du Pew Research Center. 78 % d'entre eux avaient voté pour M. Bush en 2004. Son taux d'approbation est tombé à 57 %. Les groupes chrétiens ne sont plus aussi soudés qu'avant. Après s'être focalisés sur le mariage homosexuel et les nominations de juges à la Cour suprême, ils ont diversifié leurs centres d'intérêt, de l'environnement à la lutte contre la pauvreté ou le trafic des êtres humains.

La Maison Blanche a prévu, mardi 24 octobre, un "sommet" entre les animateurs des talk-shows conservateurs pour remobiliser la base et lui présenter les inconvénients d'une majorité démocrate : augmentation des impôts, et "défaitisme" dans la lutte antiterrorisme.

Sources :
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans L'INCOMPETENCE DE BUSH

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