Wolfowitz doit démissionner
Wolfowitz doit démissionner
La Banque mondiale ne tire pas son véritable pouvoir de ses idées ou de ses ressources financières, mais de sa capacité à montrer la voie du développement dans le monde", souligne le quotidien économique britannique, The Financial Times, dans un éditorial très sévère à l'égard de Paul Wolfowitz, l'actuel président de cette institution.
"Il est important de ne pas tout mélanger dans cette affaire. Ce n'est pas l'impopularité de Wolfowitz qui est en jeu ici, même si son rôle d'architecte de la guerre en Irak [en tant que vice-ministre de la Défense américain de 2001 à 2005] lui a valu une certaine antipathie depuis son arrivée. La question est de savoir si ses manquements à la bonne gouvernance sont assez graves pour affaiblir l'autorité morale de la Banque mondiale. Dans un monde où la lutte contre la corruption et la défense des pratiques de bonne gouvernance sont devenues des éléments essentiels du développement, la première institution mondiale pour le développement se doit d'être au-dessus de tout soupçon.
Quel est le problème au juste ? En accédant à la présidence de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz est également devenu le chef de sa petite amie, Shaha Ali Riza. Pour résoudre cette situation, celle-ci a été mise en disponibilité et détachée au département d'Etat. Jusque-là, rien de grave. Sauf que les conditions – particulièrement généreuses – de la nomination de Riza au sein du département d'Etat sont contraires à plusieurs protocoles de la Banque mondiale.
Que constate-t-on alors ? Une violation manifeste des règles de la Banque mondiale, un favoritisme à la limite du népotisme et une possible tentative d'étouffement de l'affaire. Pour une institution qui prétend défendre la cause de la bonne gouvernance dans les pays en développement, cette erreur est fatale.
La Banque mondiale est passée du statut d'exemple autoproclamé de bonne gouvernance à celui de vaste escroquerie. Tant que Paul Wolfowitz restera à sa tête, cette tâche ne pourra être ni effacée ni oubliée, tant au sein de la Banque qu'à l'extérieur. Dans l'intérêt de l'institution, Wolfowitz doit démissionner. Sinon, le conseil devra le lui demander."
Sources Courrier International
Posté par Adriana Evangelizt