Le temps des doutes

Publié le par Adriana Evangelizt

Le temps des doutes


par Frank Furet

 

L’origine du Hezbollah remonte à l'installation d'un millier de chiites radicaux dans la vallée de la Bekaa, alors sous contrôle Syrien. Premier employeur au Liban, le Hezbollah traite d'affaires sociales par le biais d'hôpitaux, d'écoles, d'une chaîne de télévision et d'orphelinats.etc…Le mouvement a une forte mixité : les femmes sont très nombreuses dans les structures sociales et certaines ont des hommes sous leur direction, même si  les cellules féminines sont actuellement représentées par un homme à la Majlis Choura (assemblée de la consultation - organe directionnel du mouvement - où sont également présents 2 représentants de l'Iran). Dans l'Islam chiite, les femmes ont plus de droits que dans le sunnisme. Financé principalement par l'Iran et la Syrie, ainsi que par des fonds privés, il est considéré comme un mouvement de résistance par la Syrie, l'Iran et une partie du monde arabo-musulman, et comme organisation terroriste par  les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et Israël. L'Union européenne n’a pas inscrit le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, suite à la demande de feu  Rafic Hariri. Certains diplomates européens estiment aussi que l'Union européenne ne souhaitait pas aggraver la situation.

Une organisation terroriste ?

Le Hezbollah est tenu pour responsable de nombreuses prises d'otages d'occidentaux, pour l'essentiel diplomates et journalistes, et de soldats israéliens dans les années 1980 et de l'orchestration d'attentats spectaculaires et meurtriers contre les forces occidentales présentes au Liban à cette époque. Il jouit d'une certaine popularité dans le monde arabo-musulman pour avoir contribué au retrait israélien du Liban Sud en juin 2000,suite auquel il empêcha le massacre des Chrétiens de la région, qui soutenaient pourtant Israël. Depuis l’agression israélienne contre le Liban, la campagne d’intoxication contre le Hezbollah s’est intensifiée : le nom de l’organisation islamique apparaît, sans raison, dans le compte rendu des enquêtes sur le « complot terroriste » découvert en août en Grande-Bretagne et les attentats ferroviaires ratés en Allemagne. Le Hezbollah a aussi été accusé – sans preuve - d’être l’auteur des attentats contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1992 – 29 morts et 200 blessés – et contre l’Association mutualiste israélo-argentine en 1994 qui a fait 85 morts et 300 blessés. En 2005, faute de preuves et après un très long procès, la justice argentine avait blanchi le Hezbollah. Malgré la décision de la justice argentine, les Etats-Unis et Israël ont relancé dernièrement les accusations contre le Hezbollah, s’appuyant notamment sur le témoignage d’un certain Abolghasem Mesbahi, agent secret iranien retourné par la CIA, qui affirmait en 2004 que l’ancien président péroniste argentin Carlos Menen aurait contraint les magistrats argentins à écarter la piste libanaise en échange de dix millions de dollars. L’American Jewish Comittee a aussi lancé une campagne publicitaire sur CNN et Fox News pour convaincre l’opinion publique américaine que l’organisation libanaise pratique le terrorisme international, qu’elle menace les Etats-Unis et que les attentats commis en Argentine le prouvent. Le Hezbollah déclare n'avoir jamais entretenu de liens avec Al-Qaïda étant donné que sur tous les plans, surtout religieux et idéologique, il se distingue de cette organisation, estimant  qu’ Al-Qaïda fait « le jeu de l'administration américaine » et que ses actions «portent préjudice à l'Islam ».

Désarmer

Avant la guerre de cet été, le Hezbollah était très clairement concerné par la résolution 1551 de l’ONU, mais a refusait tout désarmement. Une partie des forces de l'opposition libanaise anti-syrienne favorables à l'exécution pleine et entière de cette résolution (c'est-à-dire un état libanais souverain) proposait un plan de désarmement, que le Hezbollah refusait, estimant l'armée libanaise incapable d’assurer son travail au Sud-Liban. Le Hezbollah demande le retrait israélien du secteur des fermes de Chebaa et le retour des Libanais prisonniers d’ Israël, qui réclame une sécurisation de sa frontière nord contre toute attaque et le retour de ses soldats faits prisonniers par le Hezbollah.

Motifs invoqués

Le 12 juillet 2006, le Hezbollah lançait une attaque de mortiers et de roquettes sur une unité israélienne qui effectuait une patrouille de routine. Israël accusait illico le mouvement chiite d'avoir effectué cette opération sur son territoire, le Hezbollah affirmant que les soldats attaqués s'étaient infiltré en territoire libanais. Parmi les soldats du contingent qui composaient cette unité, trois seront tués et deux  faits prisonniers. Une autre unité israélienne, tentant de libérer ces deux soldats verra huit de ses soldats tués. Ce qui sera considéré comme agression. L'armée israélienne commencera alors sa plus importante attaque du Liban depuis l'invasion de 1982. A la fin du conflit le Hezbollah criera victoire, bénéficiant, selon un sondage, « d'un large soutient de la part de la population libanaise » :  87 % de la population soutiendrait la résistance du Hezbollah y compris 80 % des chrétiens et des druzes et 89% des musulmans sunnites.

«Douleurs de l’enfantement»

Au cours d’une intervention le samedi 22 juillet,  devant des membres des Nations Unies, Condoleezza Rice, Secrétaire d’Etat américaine considérait la détresse au Liban comme faisant partie des «douleurs de l’enfantement» d’un «nouveau Moyen-Orient» enjoignant qu’Israël à ignorer les appels au cessez-le-feu : «c’est un Moyen-Orient différent, c’est un nouveau Moyen- Orient. C’est dur, on traverse une période très violente, un cessez- le-feu serait une fausse promesse si cela nous ramène simplement au statu quo».

Pour ajouter  de la souffrance, du suspense et de la peur à cet émouvant miracle de la vie, le 18 juillet 2006 , le Congrès américain (Sénat et Chambre des représentants)  adoptait sa Résolution 921, comprenant 14 points d’importance historique ; elle commence par assurer l’Etat d’Israël de son «soutien inconditionnel ». Ensuite, il y est déclaré que tous les Etats qui soutiennent le Hezbollah et le Hamas sont directement responsables des attaques et qu’ils devront rendre des comptes. Des sources officielles russes voient dans cette résolution une déclaration de guerre de fait à la Syrie et à l’Iran. Ainsi s’est renforcée la thèse qu’il s’agit d’une guerre que les Etats-Unis font mener par leur allié Israël.

Une occasion favorable ?

Pour l’historien israélien Tom Segev,  l’offensive militaire au Liban était préparée depuis longtemps. Le gouvernement n’a fait qu’attendre une occasion favorable. L’enlèvement des deux soldats ne justifiait pas le déclenchement d’une telle crise et ne pouvait contribuer à faire libérer les deux soldats. Pour lui,  Israël s’est empêtré dans une situation dangereuse et lourde de conséquences qui ne correspond pas à ses intérêts. Pour  Uri Avnery,  journaliste, écrivain et militant pacifiste israélien, « l'’objectif réel est de changer le régime au Liban et d’y installer un gouvernement fantoche. C’était l’objectif de l’invasion du Liban par Ariel Sharon en 1982. Ce fut un échec. Mais Sharon et ses disciples à la direction militaire et politique n’y ont en fait jamais renoncé. Comme en 1982, l’opération 2006 a été planifée et  menée en totale coordination avec les Etats-Unis. Comme alors, il ne fait aucun doute qu’elle est coordonnée avec une partie de l’élite libanaise. Tout le reste n’est que bruit et propagande : l’énorme campagne militaire qui était prête depuis des mois a été vendue à l’opinion publique israélienne et internationale comme une opération de secours. » Assez curieusement, exactement la même chose s’était passée deux semaines auparavant dans la bande de Gaza. Le Hamas et ses partenaires avaient capturé un soldat, ce qui a servi d’excuse à une opération massive préparée de longue date et dont le but était de détruire le gouvernement palestinien et de nombreuses infrastructures civiles.

Seymour Hersh dans une longue enquête parue dans l’hebdomadaire The New Yorker, (qui a été le premier à révéler le scandale des sévices infligés par les gardes américains aux prisonniers irakiens dans la prison d’Abou Ghraïb), a le même point de vue. Pour lui, Israël avait ses propres raisons de frapper le Hezbollah, qui s’est nettement renforcé depuis le retrait de Tsahal du sud du Liban en 2000. Mais l’État juif a coordonné avec les néo-conservateurs de la Maison-Blanche, y compris avec le président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney, la meilleure façon de servir la stratégie états-unienne dans la région, contre l’Iran surtout, et la guerre contre le Hezbollah est apparue aux deux alliés comme un excellent test. L’objectif, dit-il, était de détruire le réseau souterrain fortifié où le Hezbollah déploie le nouvel arsenal électronique obtenu de l’Iran, de soulever les sunnites et les chrétiens libanais contre la milice chiite, de déployer une force de l’ONU à la frontière syrienne pour couper les envois iraniens et de permettre aux États-Unis de répéter l’opération, à plus grande échelle, contre l’Iran lui-même. D’où, écrit Hersh, l’insistance de Bush à Blair, au sommet du G8, sur la responsabilité de la Syrie et de l’Iran pour mettre au pas le Hezbollah. D’où aussi, poursuit-il, l’alignement de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie et de l’Égypte sur Washington - dans l’espoir de former, avec l’Europe, une grande coalition pour isoler l’Iran.

Echec de la logique militaire

Pour Uri Avnery, militant pacifiste Israélien, les gouvernements Israéliens ont officiellement adopté une politique d’assassinat. L’ armée a tué, entres autres, le dirigeant du Hezbollah Abbas Mussawi, le n°2 de l’OLP Abou Jihad, de même que le cheikh Ahmed Yacine et d’autres dirigeants du Hamas. Presque tous les Palestiniens, et pas seulement eux, sont convaincus que Yasser Arafat a également été assassiné. Résultat? La place de Mussawi a été occupée par Nasrallah qui est beaucoup plus capable. Le cheikh Yacine a été remplacé par des dirigeants beaucoup plus radicaux. Au lieu d’Arafat, le Hamas est arrivé au pouvoir. Durant le conflit, toutes les chaînes de télévision Israéliennes, ont vu défiler des chefs militaires en uniforme, pour expliquer les actions militaires en cours, mais aussi commenter et exposer la ligne politique et de propagande. Pour Avnery, certains d’entre eux ne semblent pas particulièrement intelligents, et il est inquiétant de penser que ces gens sont en position de décider qui devait vivre et qui devait mourir.
Certes, estime Avnery, Israël est une démocratie. L’armée est théoriqument totalement soumise au pouvoir civil. Mais, pratiquement, aujourd’hui, c’est le sommet de la hiérarchie militaire qui décide de toutes les questions politiques et militaires. Quand Dan Halutz dit aux ministres que le commandement militaire a décidé de telle ou telle opération, aucun ministre n’ose émettre d’objection. L’armée décide de ce qu’il faut faire et le gouvernement donne son soutien.  Cette guerre était planifiée depuis longtemps. Les correspondants militaires rapportent fièrement que l’armée s’entraînaît pour cette guerre dans tous ses détails depuis plusieurs années. Fin mai , un grand exercice militaire avait d’ailleurs eu lieu pour faire la répétition de l’entrée des forces terrestres au Sud Liban - à un moment où les hommes politiques et les généraux déclaraient qu ‘Israël ne reviendrait jamais dans le bourbier du Liban.
Officiellement, le gouvernement israélien demande que le gouvernement du Liban désarme le Hezbollah et l’éloigne de la région frontalière. Cette exigence est totalement irréalisable sous le régime libanais actuel, un tissu délicat de communautés ethnico-religieuses. Le moindre choc peut démolir toute la structure et jeter l’Etat dans une totale anarchie, surtout depuis que les Américains ont réussi à en chasser l’armée syrienne, seul élément qui a, pendant des années, apporté une sorte de stabilité. Mais en détruisant les infrastructures du Liban et en tuant des civils, les raids d’Israël ont rassemblé les Libanais derrière le Hezbollah, dont la farouche résistance terrestre et les tirs de roquettes ont ralenti Tsahal. Citant les 70 jours de bombardements de l’OTAN dans la guerre du Kosovo, Israël pensait achever le Hezbollah en 35 jours.  Mais "l’échec d’Israël face au Hezbollah doit être un avertissement pour la Maison-Blanche", estime Richard Armitage, ancien secrétaire adjoint de Bush,  "Si une puissance comme Israël ne peut pas pacifier le Liban avec ses quatre millions d’habitants, comment appliquer cette formule à l’Iran avec ses 70 millions d’habitants et sa profondeur stratégique ? ».

Depuis la relative déroute Israélienne au Liban, il y a, même dans le chef des conservateurs Américains, un adoucissement  du discours concernant son droit à enrichir l’uranium; le  Washington Post a aussi révélé qu un rapport préparé par la commission du Renseignement de la Chambre des représentants concluait que les Etats-Unis n'ont pas «la capacité d'obtenir», sur le programme nucléaire iranien, «les informations essentielles nécessaires pour se faire un jugement»,  donc pour justifier une intervention militaire contre Téhéran : les services de renseignements américains seraient loin d'en savoir assez pour éclairer les décideurs politiques. Quant à leurs informations sur d'éventuelles armes chimiques et biologiques, poursuit le rapport, «elles ne sont ni volumineuses, ni probantes». Ces informations pourront-elles endiguer les gargantuesques appétits de l’industrie Américaine de l’armement, extrêmement influente dans les processus décisionnels de l’équipe Bush, qui, concernant une intervention en Iran, envisage déjà se passer de l’accord de l’ONU?

Pendant ce temps en Palestine…

L’armée Israélienne a maintenu cet été deux fronts simultanés: le Liban et la bande de Gaza. a transformée en une nasse dont il est impossible de sortir et où chacun est devenu une cible potentielle. Avant l’invasion du Liban, le gouvernement israélien y avait lancé une opération de grande envergure  en bombardant des infrastructures électriques de transport et d'approvisionement.  En juin 2006, le président palestinien Abbas avait décidé la mise en place d'un référendum sur la reconnaissance de l'État d'Israël ainsi que sur la fin des attentats. Le Hamas, au pouvoir, avait fini par accepter. Le 8 juin 2006, les Israéliens liquidaient néanmoins le chef de la sécurité du gouvernement palestinien, un navire israélien bombardant aussi une plage de Gaza et tuant des civils le lendemain. La veille de la conclusion de l’accord interpalestinien, un soldat israélien était enlevé un échange de prisonniers était réclamé, le chef du Hamas en exil à Damas, Khlaed Mechaal, étant accusé par les Israéliens d'avoir monté l'opération pour empêcher l’accord. Israël ne se gênait dès lors plus et emprisonnait 1000 palestiniens, arrêtant un tiers des membres du Parlement palestinien et quelques membres du gouvernement…

Terrorisme d’état et désespoir de masse

Israël a commis, à l’encontre des Palestiniens, beaucoup d’exactions constitutives de crimes de guerre: démolitions massives de maisons, encerclement de villes assiégées des semaines d’affilée, détentions «préventives» pour des durées indéterminées, confiscations massives de terres, destruction de milliers d’hectares d’oliveraies et de terres agricoles palestiniennes, tortures physiques et mentales systématiquement infligées aux prisonniers, assassinats extrajudiciaires, bombardements aériens de zones civiles, représailles collectives de toutes natures violant les Conventions de Genève,   l’humiliation générale et ruine de la population palestinienne soumise à son contrôle militaire…
Pour nombre de Palestiniens, depuis 1948, les Israéliens poursuivent toujours le même plan pour se débarrasser d’eux: ils appellent ce plan « transfert ». Une fois c’est à tel endroit qu’ils terrorisent et massacrent, une fois à tel autre. C’est un crime qui s’appelle « épuration ethnique ». Leur but est de faire partir les populations Palestiniennes pour s’emparer de leurs terres sous prétexte de créer des « zones de sécurité ». Comme il n’y a pas de protestations dignes de ce nom, les soldats d’Israël ont les mains libres pour continuer indéfiniment. Ce n’est que le degré de brutalité qui varie. Les droits de l’homme sont violés par l’État d’Israël au vu et au su du monde entier, avec l’appui des Etats-Unis ; les Européens se taisent ou mettent une sourdine. Chaque fois que le Conseil de sécurité met au vote une résolution qui critique les agissements d’Israël, les États-Unis mettent immédiatement leur veto et empêchent qu’Israël soit condamné.

Vers une catastrophe sanitaire ?

A Gaza, des avions de guerre israéliens ont bombardé à plusieurs reprises l’unique centrale électrique de la bande de Gaza, la détruisant entièrement. Il faudra 6 mois pour le remettre en état de marche. Désormais, ce sont environ 700 000 habitants de la bande de Gaza – sur un total de 1,3 million de personnes – qui n’ont plus d’électricité. Pas de radio, pas de télévision, pas de téléphone portable, pas d’ordinateurs portables (pour les rares à en disposer). Tandis que la nourriture se détériore dans les réfrigérateurs arrêtés, les céréales et les féculents sont les seuls comestibles restants. La nappe phréatique de Gaza étant déjà polluée par les infiltrations d’eau de mer et d’eaux usées, en raison d’un pompage excessif (pour partie, par les colonies israéliennes aujourd’hui abandonnées) et d’un réseau d’égouts foncièrement inadéquat, l’eau tirée des forages, pour être potable doit être purifée au moyen d’appareils fonctionnant à l’électricité. La consommation d’eau impure, cela signifie des maladies et épidémies, alors que les hôpitaux et les cliniques ne fonctionnent pas, vu l’absence d’électricité.

Gentils démocrates contre méchants terroristes…

 L’Article  35 des  règles fondamentales de la convention de Genève du 12 août 1949, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux décrète l’interdiction d’employer des armes, des projectiles et des matières ainsi que des méthodes de guerre de nature à causer des maux superflus.
L’armée israélienne a pourtant utilisé au cours de ces dernières attaques des nouveaux types d’armements non conventionnels. Le Dr Al Sakka s’est d’ailleurs plaint qu’aucun institut médical étranger n’ait été intéressé par l’utilisation de ces nouvelles armes et leurs effets sur le corps humain.
Au  Liban l’affaire des munitions à l’uranium appauvri qui auraient été utilisées par Israël prend également de l’ampleur. Beyrouth n’a pas encore exhibé des preuves, mais est persuadé que le Liban a été un terrain d’expérimentation pour des obus à uranium appauvri; le Liban envisage déjà de revoir à la hausse les dédommagements qu’il réclame à l’Etat hébreu.
Des médecins libanais ont aussi eu l’occasion d’observer les effets du phosphore blanc sur leurs patients. Le phosphore blanc est une arme interdite par le Protocole sur les armes incendiaires (1980), qui  interdit l’emploi de telles armes contre des objectifs militaires situés dans des zones où sont concentrés des civils. Mais Israël, comme les Etats- Unis, ne l’ont pas signé. Il est fort probable que ces armes sont testées dans des conditions réelles de guerre pour être perfectionnées.Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a d’ailleurs condamné, le 11 août, les graves violations des droits de l’homme par Israël au Liban.

La théorie du chaos constructeur en marche?

Pour beaucoup, Israël n’a pas été soutenu par les Etats-Unis, il a exécuté une stratégie décidée à Washington. Pour les théoriciens du «chaos constructeur», il est nécessaire de faire couler le sang dans une région riche en hydrocarbures pour y imposer un ordre nouveau. L’offensive Israélienne, vue sous cet angle,  aurait donc été planifée de longue date, et supervisée depuis le département de la Défense des Etats-Unis. C’est à la mise en pratique de la théorie longuement murie du «chaos constructeur» que nous assisterions. Selon les adeptes du philosophe Leo Strauss, dont la branche médiatique est connue sous la dénomination de «néo-conservateurs», le vrai pouvoir ne s’exerce pas dans l’immobilisme, mais au contraire par la destruction de toute forme de résistance. C’est en plongeant les masses dans le chaos que les élites peuvent aspirer à la stabilité de leur position. Un vaste projet de colonisation du Proche-Orient rédigé en 1996 sous le titre: « Une rupture propre: une nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume d’Israël. » prévoyait:
• l’annulation des accords de paix d’Oslo
• l’élimination de Yasser Arafat
• l’annexion des territoires palestiniens
• le renversement de Saddam Hussein en Irak pour déstabiliser en chaîne la Syrie et le Liban,
• le démantèlement de l’Irak avec création d’un Etat palestinien sur son territoire


Il s’agit de substituer aux Etats hérités de l’effondrement de l’Empire ottoman des entités plus petites à caractère mono-ethniques, et de neutraliser ces mini-Etats en les dressant en permanence les uns contre les autres. Mais pour définir de nouveaux Etats, encore faut-il détruire ceux qui existent. Suivant le scénario du chaos constructeur,  c’est ce à quoi s’emploierait l’administration Bush et ses alliés depuis cinq ans: la Palestine occupée a été rognée de 7% de son territoire; la Bande de Gaza et la Cisjordanie ont été séparées physiquement par un mur; l’Autorité palestinienne a été ruinée. L’Irak est prêt à la fragmentation en trois entités distinctes. L’Afghanistan est déjà divisée entre seigneurs de la guerre et les combats se généralisent : le pseudo-émirat taliban y a laissé place à une pseudo-démocratie où sévit toujours l’interprétation la plus obscurantiste de la charia. Sans parler des menaces contre le Hezbollah et la revendication d’annexion de Jérusalem-Est.  A Washington, les disciples de Leo Strauss, seraient de plus en plus impatients d’étendre le chaos au Soudan, à la Syrie et à l’Iran…

Sources Banc Public

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans IRAN ISRAEL

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