Qui veut la mort de l'Iran ? 1ère partie
Une excellente analyse qui montre bien les tenants et aboutissants de la guerre contre l'Iran et à qui elle sert... lire aussi de Stephen J. Sniegoski, "La Guerre d'Irak : conçue en Israël ?"... où l'on apprend aussi que le postulant pour être président en Iran serait le fils du Shah...soutenu par les USA et Israël bien entendu...
L'avenir de la guerre globale contre le terrorisme
Prochaine cible : l'Iran
1ère partie
Par STEPHEN J. SNIEGOSKI
Quel sera le prochain front de la guerre contre le terrorisme ? Je ne prétends pas être Nostradamus et je n’ai pas de boule de cristal, mais je peux dire avec assurance que la situation actuelle va vers une guerre plus vaste au Moyen-Orient. Cette conséquence a été recherchée et planifiée par les néoconservateurs américains ; il s’agit de leur allusion à la Quatrième Guerre Mondiale. Tout ceci est de notoriété publique et il n’y a nul besoin de théorie de la conspiration pour s’en rendre compte.
Ce qui est aussi de notoriété publique, mais que l’on a moins remarqué, est que la route vers une 4ème Guerre Mondiale est liée au but que les Likoudniks [N.d.T. : fervents militants du Likoud] israéliens ont depuis toujours de déstabiliser et de diviser les ennemis d’Israël au Moyen-Orient afin de faciliter, en fin de compte, l’élimination du plus grand danger vis à vis de l’état hébreu — sa population palestinienne importante et qui croît inexorablement. (Je ne répèterai pas ici ce que j’ai déjà écrit ailleurs à propos du passé des Néoconservateurs/Likoudniks en faveur de la guerre au Moyen-Orient — comment les néoconservateurs ont été le moteur de la guerre d’Irak et comment la planification de la guerre a été conçue en Israël.) Les néoconservateurs ne contrôlent pas la politique américaine au point de pouvoir conduire le pays directement dans une guerre plus large au Moyen-Orient. D’autres élites américaines, surtout les élites financières, ne veulent pas d’une guerre plus étendue. Pour les contrer, il semble probable que les néoconservateurs vont profiter de l’élan créé par leur invasion et leur occupation de l’Irak pour enfoncer les Etats-Unis dans une guerre plus vaste, et il se pourrait que cela commence par une attaque de l’Iran. Les néoconservateurs se sont focalisés depuis un certain temps sur le danger que représente l’Iran, et il apparaît aujourd’hui que beaucoup de choses qu’ils ont dites à propos de ce pays pourraient s’avérer justes. De nombreux experts rapportent à présent que la République Islamique d’Iran possède un programme nucléaire extensif et intensif et qu’elle pourrait développer ce type d’armes. De plus, l’Iran a développé des capacités substantielles en missiles balistiques et ils sont certainement capables d’atteindre des cibles sur tout le Moyen-Orient, y compris Israël. Cependant, il y a un point intéressant : l’Iran ne semble pas violer les lois internationales et n’importe pas de matériaux pour son programme présumé d’armes nucléaires. Ce programme utilise la même technologie de base que celle d’un programme civil d’énergie nucléaire, et dont l’Iran est autorisé suivant le Traité de Non-Prolifération de 1968[1].
Si l’Iran essaye de développer des armes nucléaires, cela serait dans de sa stratégie déclarée de "défense de dissuasion", et non pas une menace offensive contre Israël ou, bien sûr, contre les Etats-Unis, qui, pense l’Iran, sont plus aptes à attaquer des pays faibles incapables de se défendre. Ainsi que le commentateur sur le Moyen-Orient, Ibrahim Youssef, l’écrit : « Je n’ai pas beaucoup de doutes sur le fait que l’Iran poursuive un système d’armement nucléaire. Ses dirigeants confient en privé que c’est parce qu’ils voient en Israël, avec ses 200 ogives nucléaires, une véritable menace contre eux et toute la région… Les Etats-Unis nient absolument faire deux poids deux mesures, ce qui résonne très fort aux oreilles des Arabes et des Musulmans. En plus de cela, il y a le soupçon que le gouvernement Bush est toujours enclin, ou accro, à d’autres changements de régimes initiés par les Américains. » [2]
L’Iran pense que les Etats-Unis sont enclins à attaquer des pays faibles et qui sont incapables de se défendre
Le commentateur Edward S. Herman observe avec justesse : « L’Iran est la prochaine cible des Etats-Unis et d’Israël et c’est pourquoi les principaux médias américains servent une fois de plus le calendrier américain, en mettant l’accent sur la prétendue menace iranienne mais en refusant d’en expliquer le contexte, ce qui montrerait que cette menace est purement Orwellienne — c’est à dire que, tandis que l’Iran est sérieusement menacé par les Etats-Unis et par son client (qui pratique la purification ethnique d’une manière agressive), l’Iran, de son côté, ne constitue une menace que par la possibilité qu’il aurait de se défendre. » [3]
L’effort même que l’Iran fournit à développer des armes stratégiques amène Israël et les Etats-Unis à faire pression pour une attaque pré-emptive. On peut aussi suggérer, alors que les dirigeants iraniens veulent éviter une attaque destructrice provoquée par les Etats-Unis ou Israël, ils peuvent, simultanément, profiter de l’atmosphère de guerre pour unifier leur pays, qui est à présent divisé entre militants religieux et modérés. Israël est particulièrement concerné — voire même obsédé — par le développement d’armes nucléaires par l’Iran parce qu’il considère que son monopole nucléaire régional est le pilier fondamental de sa sécurité. Il faut se rappeler que les Israéliens ont bombardé le réacteur nucléaire iraquien Osirak, en 1981, alors qu’ils craignaient que l’Irak ne fût en train de développer des armes nucléaires. Bien sûr, en fournissant une aide au Hezbollah au Liban ainsi qu’à un grand nombre de groupes de résistants palestiniens, l’Iran est un ennemi actif d’Israël. Ces deux dernières années, de nombreux officiels israéliens ont émis de sérieux avertissements quant à la menace nucléaire potentielle de l’Iran. Par exemple, dans son exposé devant le Comité aux Affaires Etrangères et à la Défense du parlement israélien, en novembre 2003, le chef du Mossad, Meir Dagan, a mis en garde sur le fait que le programme nucléaire iranien faisait peser "la plus grande menace à l’existence d’Israël, depuis sa création" en 1948. [4] Et lors d’une conférence sur la sécurité nationale, en décembre 2003, Avi Dichter, le chef du Shin Bet — l’agence israélienne de sécurité intérieure — a expliqué que l’Iran finançait le terrorisme et développait des armes non-conventionnelles, ce qui posait "une menace stratégique à Israël". Dichter a déclaré que "L’Iran est la première nation terroriste du monde". [5]
Les dirigeants israéliens avaient insisté sur leur inquiétude concernant l’Iran, avant l’attaque américaine de l’Irak. En janvier 2002, le ministre des affaires étrangères, Shimon Perez, un des principaux membres du Parti Travailliste et ancien Premier ministre, prétendait que l’Iran constituait une menace balistique sérieuse vis à vis d’Israël : « Les Ayatollahs qui dirigent l’Iran menacent aussi de détruire Israël… en causant un génocide par l’utilisation de missiles. »[6] Et dans une interview au New York Post en novembre 2002, le Premier ministre Ariel Sharon a dit que, dès que la question de l’Irak serait traitée, il "pousserait pour que l’Iran soit en tête de liste des choses à faire". Sharon a dit de l’Iran qu’il est "le centre du terrorisme mondial" et a déclaré que "l’Iran fait tous les efforts possibles pour posséder des armes de destruction massive… et des missiles balistiques… Ce qui constitue un danger pour le Moyen-Orient, et un danger pour l’Europe".[7]
Comme d’habitude, les néoconservateurs ont agit en tandem avec Israël. L’homme clé, ici, semble être l’ancien combattant néoconservateur, Michael A. Ledeen. Le 30 avril 2003, dans un exposé intitulé "Time to Focus on Iran — the Mother of Modern Terrorism" [Il est temps de s’occuper de l’Iran — la matrice du terrorisme moderne] lors d’un forum politique au JINSA [Institut Juif aux Affaires de Sécurité Nationale], Ledeen a déclaré : "Le temps de la diplomatie est arrivé à son terme ; le temps est venu pour un Iran libre, une Syrie libre et un Liban libre."[8] Ailleurs, Ledeen a écrit : "Nous sommes désormais engagés dans une lutte régionale au Moyen-Orient, et les tyrans iraniens constituent la pierre angulaire du réseau terroriste. La défaite de la ‘mollahcratie’ et le triomphe de la liberté à Téhéran serait un événement réellement historique et un énorme coup porté aux terroristes, bien plus que ne l’a été le renversement de Saddam Hussein."[9] Selon Ledeen, les Etats-Unis auraient dû d’abord attaquer l’Iran, qu’il décrivait comme étant "la pierre angulaire du réseau terroriste". C’est ce qu’il disait, alors que le gouvernement de Bush était en train de préparer son attaque contre l’Irak. "Je soutiens depuis longtemps qu’il serait plus judicieux de libérer l’Iran avant l’Irak", a-t-il écrit en novembre 2002, "et certains évènements pourraient bientôt nous en donner l’occasion."[10]
Début 2002, Ledeen a fondé la Coalition pour la Démocratie en Iran (CDI), un groupe de pression dont la motivation est le changement de régime en Iran. Son collaborateur principal est Morris Amitay, vice-Président du JINSA et ancien directeur exécutif de l’AIPAC (Comité Américain aux Affaires Publiques d’Israël), le très puissant lobby d’Israël aux Etats-Unis. Des membres d’instituts politiques et de groupes de réflexion néoconservateurs clé font aussi partie du CDI. On y trouve Raymond Tanter du WINEA (Institut de Washington aux affaires du Proche-Orient) — une ramification de l’AIPAC — Frank Gaffney, président du Center for Security Policy [le centre à la politique de sécurité], les spécialistes de l’AEI (American Enterprise Institute), Joshua Muravchik et Danielle Pletka, ainsi que l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey. Cette organisation proclame que la diplomatique avec l’Iran a été un échec total, et que le seul moyen de mettre fin au régime des "maîtres du terrorisme" iraniens est de soutenir activement les opposants au régime dans leurs efforts de renverser le règne des Mollahs.[11]
Malgré leur réputation de défenseurs de la démocratie globale, les néoconservateurs ont proposé de restaurer la monarchie en Iran.
Cette manœuvre à propos de l’Iran a fédéré un vaste soutien parmi les néoconservateurs. Le 6 mai 2003, l’AEI a accueilli une conférence, qui a duré toute une journée, intitulée "Le Futur de l’Iran : Mollahcratie, Démocratie, et la Guerre contre le Terrorisme". Parmi les intervenants on y trouvait Ledeen, Amitay et Uri Lubrani, du ministère de la défense israélien. L’organisatrice, Meyrav Wormser, spécialiste du Moyen-Orient à l’Hudson Institute (et dont le mari, David, était son alter-ego à l’AEI, avant de rejoindre l’administration Bush), a donné le ton. "Notre combat contre l’Irak n’a été qu’une bataille dans une longue guerre", a-t-elle dit. "Ce serait une erreur de croire que nous pouvons nous contenter d’occuper l’Irak… Nous devons aller de l’avant, et plus vite".[12] Ainsi que Marc Perelman le fit remarquer dans le journal juif Forward en mai 2002, "Une coalition en formation, constituée de faucons néoconservateurs, d’organisations juives et de monarchistes iraniens, est en train de faire pression sur la Maison Blanche pour intensifier les efforts américains en vue de conduire à un changement de régime en Iran.[13]
Il est intéressant de noter qu’en dépit de leur réputation de s’être faits les avocats de la démocratie globale, les néoconservateurs ont proposé de restaurer la monarchie en Iran, en la personne de Reza Pahlavi, le fils en exil de l’ancien shah. Perelman a écrit : "La coalition émergente est une réminiscence de l’invasion de l’Irak, avec Pahlavi qui pourrait assumer le même rôle que le chef de l’opposition irakienne en exil, Ahmed Chalabi, un des préférés des néoconservateurs. De même que Chalabi, Pahlavi entretient de bonnes relations avec plusieurs groupes juifs. Il s’est adressé au conseil d’administration belliciste du JINSA et a délivré un discours public au Musée de la Tolérance du Centre Simon Wiesenthal de Los Angeles. Il a aussi rencontré des chefs de la communauté juive".[14]
Un lien puissant avec Israël était visible. Selon Perelman, Pahlavi a eu des contacts directs avec les dirigeants israéliens : "Ces deux dernières années… [Pahlavi] a régulièrement rencontré le Premier ministre Sharon ainsi que l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahou, et aussi le président d’Israël, natif d’Iran, Moshe Katsav".[15]
Un autre auteur, Iraj Pakravan, a maintenu que le soutien néoconservateur, et surtout sioniste, à Pahlavi devait être réciproque, et donc soutenir Israël, si jamais il était amené à prendre le pouvoir. Pahlavi et ses supporters doivent "donner des garanties sur le fait qu’ils conduiront une politique soutenant la position d’Israël contre les Palestiniens, et respectant les besoins en énergie des Etats-Unis. Plus important encore, ce groupe d’opposition doit accepter qu’Israël soit l’état leader dans la hiérarchie du système régional, une position convoitée par de nombreux états du Moyen-Orient".[16]
Ce qui démontre sérieusement la manœuvre américaine pour déstabiliser l’Iran est que des préparations ont été entreprises par le Bureau des Plans Spéciaux (OSP – Office of Special Plans) du Ministère de la Défense, et qui jouèrent un rôle si important dans l’attaque contre l’Irak. Perelman a écrit en mai 2003 : "Le spécialiste de l’Iran, Michael Rubin, travaille à présent pour le bureau des ‘plans spéciaux’ du Pentagone, une petite unité créée pour collecter des renseignements sur l’Irak, mais qui travaille apparemment aussi sur l’Iran. Auparavant chercheur au WINEP (Washington Institute for Near East Policy), Rubin a défendu haut et fort un changement de régime à Téhéran".[17]
Selon les fuites d’une enquête du FBI, à la fin de l’été 2004, il apparaît qu’Israël a pu avoir des contacts directs avec des membres de l’OSP à propos de la question iranienne. Cela signifie que non seulement des particuliers qui étaient impliqués dans cette affaire étaient pro-israéliens mais que certain d’entre eux pourraient être des conspirateurs dans une opération clandestine lancée par le Parti du Likoud de Sharon. Robert Dreyfuss, dans un article qu’il a écrit pour The Nation, les a appelés "des agents d’influence" à la solde d’un gouvernement étranger. Dreyfuss rapporte que "le point important de l’enquête du FBI, à en croire les sources, n’était pas d’enquêter sur les pressions pour faire la guerre mais plutôt d’établir si Sharon a recruté ou a aidé à mettre en place des gens qui, délibérément et secrètement, ont travaillé avec lui pour affecter la direction de la politique américaine au Moyen-Orient". Tom Barry de In These Times a écrit que, à l’insu de la CIA ou du Ministère des Affaires Etrangères, le bureau de Douglas Feith (ministre adjoint à la défense, en charge de la politique) s’est engagé dans "des opérations contournant la voie officielle" et qu’il a participé, ces trois dernières années, à des réunions clandestines à Washington, à Rome et à Paris "pour discuter des changements de régime en Irak, en Iran et en Syrie." Selon Barry, assistaient à ces meetings "entre autres, des fonctionnaires et des consultants du Bureau de Politique [Office of Politicy]… [Lawrence] Franklin, Harold Rhode et Michael Ledeen…, un marchand d’armes iranien expatrié (Manichour Ghorbanifar), des lobbyistes de l’AIPAC, Ahmed Chalabi ainsi que des officiers des renseignements italiens et israéliens." Le lien direct avec le gouvernement de Sharon dans la planification d’un changement de régime en Iran était plus qu’évident. Ce que Barry dit : cela impliquerait très probablement "une combinaison d’attaques militaires pré-emptives (soit par les Etats-Unis, soit par Israël) et le soutien à une coalition de dissidents iraniens".[18]
Bush a insisté sur le fait que l’Iran "doit abandonner ses ambitions nucléaires"
Ce ne sont pas seulement les néoconservateurs de l’administration Bush qui s’apprêtaient à attaquer l’Iran : le Président George W. Bush, lui-même, a identifié l’Iran, lors de son premier discours sur l’état de l’Union en janvier 2002, comme faisant partie de "l’Axe du Mal". Et la conseillère nationale à la sécurité, Condoleeza Rice, a rendu cet aspect de la politique américaine très clair lors de son apparition sur NBC dans l’émission "Meet the press" : « Nous ne pouvons tolérer que les Iraniens développent une arme nucléaire. " [19] Le lendemain, alors qu’il faisait campagne pour sa ré-élection, Bush a affirmé que l’Iran "devait abandonner ses ambitions nucléaires", et il a juré de soutenir les alliés des Etats-Unis pour faire pression sur Téhéran pour s’y conformer.[20] Ce qui ne présage rien de bon, c’est que le 6 mai 2004 une résolution américaine émanant de la Chambre des Députés a autorisé "tous les moyens appropriés" pour mettre fin au développement d’armes nucléaires en Iran ; le gouvernement pourrait alors utiliser cette résolution comme justification légale pour lancer une attaque [21] Il y a des rumeurs persistantes selon lesquelles les Israéliens prévoient d’attaquer les installations nucléaires iraniennes, de la même manière qu’ils ont attaqué le réacteur iraquien en 1981. "Pour Israël, il est assez clair que nous n’allons pas attendre qu’une menace se concrétise", dit Ephraïm Inbar, le chef du Centre Jaffee aux Etudes Stratégiques de l’Université de Tel-Aviv. "Pour assurer notre self-défense, nous devons agir sur le mode préemptif."[22] Mais quelques autorités israéliennes pensent que détruire les capacités nucléaires iraniennes serait une mission bien plus difficile que celle de l’attaque de 1981. "Je ne crois pas qu’il y ait une option pour une action préemptive parce que nous parlons ici d’une sorte complètement différente de programme nucléaire," a maintenu Shmuel Bar, un membre de l’Institut pour la Politique et la Stratégie au Centre Interdisciplinaire d’Herzlia, en Israël. "Une attaque éclair préemptive ne peut garantir un grand succès".[23] Cependant, fin septembre 2004, Israël a annoncé qu’il achèterait aux Etats-Unis 500 bombes "anti-bunker" (financées par l’aide militaire américaine) — des armes qui peuvent détruire les entrepôts et les laboratoires nucléaires souterrains iraniens.[24] Sources : Questions critiques Posté par Adriana Evangelizt