DES PRISONNIERS OBLIGES DE S'EVADER POUR SURVIVRE

Des détenus de prisons de La Nouvelle-Orléans, tentant désespérément de fuir la montée des eaux lors des inondations, ont sauté par les fenêtres de leurs cellules, tombant sur des barbelés sur lesquels ils sont restés accrochés en attendant les secours.
D'autres détenus sont morts noyés dans leurs cellules inondées, a raconté à l'AFP Luis Reyes, un shérif-adjoint travaillant dans le système pénitentiaire.
De nombreux prisonniers ont pu s'échapper de leur cellules, précise-t-il, car il n'y avait pas assez de gardiens pour contrôler la prison, le Community Correctional Center de La Nouvelle-Orléans, lorsque le cyclone Katrina s'est abattu lundi sur la ville.
Luis Reyes, 33 ans, ajoute que trois jours ont été nécessaires pour évacuer les prisonniers qui durant tout ce temps sont restés sans boire ni manger.
"Au plus fort de l'inondation, des prisonniers avaient de l'eau jusqu'à la poitrine, il y a encore des morts à l'intérieur de la prison".
Les prisonniers "ont dit qu'ils ne voulaient pas se mutiner, mais qu'il fallait qu'on leur donne de l'eau et des vivres. Nous n'avions rien à leur donner parce tout était sous les eaux", précise le responsable pénitentiaire.
Il indique que, dans une prison voisine, "les détenus ont commencé à se jeter par les fenêtres sur des barbelés où ils sont restés accrochés jusqu'à ce qu'on puisse venir les secourir".
"Pour moi, le plus effrayant était de remonter dans les étages de la prison parce que les prisonniers s'échappaient des cellules et ouvraient des brèches dans les murs", raconte-t-il.
"Ils se sont évadés durant la nuit parce que nous étions à court de personnel. Les gardiens ne sont pas venus travailler. Rien n'a été planifié pour cette situation", relève Luis Reyes.
"Les prisonniers étaient suspendus aux fenêtres et essayaient d'avoir de l'eau. Certains d'entre eux avaient tellement soif qu'ils ont fait des noeuds à leurs tee-shirts pour pouvoir, avec une botte, puiser dans l'eau contaminée où ils avaient fait leurs besoins", poursuit-il.
Près de 5.000 détenus ont finalement été regroupés sur un pont, en attendant d'être évacués hors de l'agglomération.
Ils ont été finalement emmenés dans des camions jeudi avec l'aide de gardiens de prison acheminés d'autres établissements. Mais les officiers pénitentiaires de La Nouvelle-Orléans et leurs familles ont dû rester sur place, précise Luis Reyes.
"On leur a donné des vivres et de l'eau mais ils étaient en colère d'avoir été abandonnés à leur sort. Ils ont passé la nuit sur la rampe d'autoroute en béton avec une centaine d'autres évacués", ajoute le shérif.
Vendredi, les secours sont finalement arrivés. "Cinq hélicoptères se sont approchés vers 10 heures du matin et ont emmené les gens à l'aéroport d'où ils devaient partir en autobus", dit-il. "Juste avant de monter dans le cinquième hélicoptère, je me suis senti mieux, j'ai su qu'en fin de compte je m'en sortirai", conclut Luis Reyes qui a survécu pendant cinq jours grâce à quelques céréales.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt